Gestion du Bénin : Que contrôle finalement Yayi ?
A l’occasion du 49ème anniversaire de l’indépendance du Bénin, le chef de l’Etat, Boni Yayi s’est entretenu avec deux journalistes de l’ORTB TV et de Golfe TV. Loin de satisfaire les attentes des Béninoises et des Béninois en les rassurant d’un avenir meilleur, cette sortie du président de la République diffusée samedi dernier a étalé au grand jour que la République du Bénin est mal gouverné et que le premier magistrat n’a pas le contrôle des dossiers majeurs du pays.Alors qu’il était annoncée une sortie médiatique mémorable, celle effectuée par le chef de l’Etat samedi dernier loin d’être historique et éloquente est simplement décevante. La prestation médiatique du chef du gouvernement de la République du Bénin a été une occasion pour ses concitoyens de constater qu’il ne maîtrise pas grand-chose des affaires de l’Etat.
Si cette tactique de Boni Yayi est destinée à dégager sa responsabilité des scandales qui caractérisent sa gouvernance, c’est clair que dans un cas ou dans l’autre, cela donne du Bénin, l’image d’un pays sans gouvernail.
Sur le « Cen-Sad gate » qui éclabousse le régime du Changement, le chef de l’Etat a déclaré la main sur le cœur ne pas être au courant. Il suppliait même les citoyens abusés de le croire. Mieux, c’est que le chef du gouvernement a affirmé au cours de cet entretien qu’il n’assiste pas à tous les conseils des ministres et que c’est Pascal Koupaki nommé chargé de la Coordination de l’action gouvernementale en juin 2009 qui préside le conseil des ministres en ses lieux et place.
Et pour ces raisons, Yayi dit ignoré si le dossier de la réfection du CIC et du Palais des congrès est passé en conseil des ministres. Après le rapport de l’IGE et selon ses propos, il a demandé au secrétaire général par intérim du gouvernement, de vérifier si cette communication est étudiée en conseil.
Ce dernier a prouvé que ce dossier est bel et bien passé en conseil des ministres mais introduit par le comité d’organisation du sommet de la Cen-Sad présidé par le conseiller diplomatique du chef de l’Etat, Aladji Boni Diallo. Tout cela démontre à plus d’un titre que c’est un désordre bien organisé qui règne au sommet de l’Etat.
Par ailleurs le chef de l’Etat a reconnu avoir investi des milliards de francs dans l’agriculture et que les résultats n’ont pas suivi. Il a également avoué avoir effectué des dépenses extrabudgétaires en violation de la loi des finances sans oublier le renflouement des comptes de la Société béninoise d’énergie électrique de 70 milliards CFA et ce sans aucun résultat.
Dans ces conditions, c’est inacceptable que le chef de l’Etat avoue n’être au courant de rien alors qu’il dépense maladroitement des milliards sans aucun gain. Cependant, qu’il vienne « donner un message d’assurance » au peuple, Boni Yayi a tord.
Aujourd’hui il est établi au regard des multiples échecs enregistrés par son régime qui noircit l’histoire du Bénin que, l’espoir et l’assurance ne sont point pour demain tant que le pays sera gouverné ainsi. D’ailleurs sa phrase « on avait pris un chemin d’espoir » est à plus d’un titre une preuve d’échec et de culpabilité.
Romain L. KIKI
Journal LE GRAND JOURNAL 04/08/09
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