Ingérence dans le monde syndical: Boni Yayi veut se mettre encore une corde au cou

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

De quoi se mêle encore le chef de l’Etat ? C’est la question que les Béninois se posent, quand il tente de s’ingérer dans les affaires du monde syndical. N’est-il pas mal placé pour dénoncer le non renouvellement des dirigeants de certaines centrales syndicales ?
Le gouvernement selon les textes du pays, n’a aucun droit de se mêler de la vie interne des structures de la Société civile et des structures syndicales. Chaque centrale syndicale fonctionne sur des textes qu’elle a élaborés en son propre sein. C’est à ces membres de savoir pourquoi un secrétaire général est au poste depuis des années. Avant l’arrivée au pouvoir des adeptes du Changement, leur système n’a pas varié. On n’a pas besoin de réfléchir pour savoir les dessous de l’intention du chef de l’Etat de se mêler à la gestion des centrales syndicales. C’est tout simplement parce que ces responsables syndicaux actuels perturbent le sommeil du gouvernement. Ces dernières semaines, ils ont démontré leur courage et leur détermination à combattre l’imposture. Pour les diviser ou les intimider, le pouvoir en place fait recours à ses vieilles manœuvres politiciennes. Dans les jours à venir, il est possible que certains responsables syndicaux proches du pouvoir se soulèvent pour organiser des pseudos assemblées générales pour destituer les responsables syndicaux. Pour preuve, le gouvernement a réussi à évincer une partie de la Société civile béninoise, lors de la désignation de son représentant à la commission politique de supervision de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi). Orden Alladatin, désigné par les organisations apolitiques, a été mis de côté au profit d’un militant-Fcbe. Le chef de l’Etat risque de se mordre le doigt s’il tente de se lancer sur ce terrain. Les dirigeants de ce pays, pendant la période révolutionnaire, sous les présidents Nicéphore Soglo et Mathieu Kérékou, à l’ère du renouveau démocratique, en savent quelque chose. Comme on est à l’ère dite de Changement, il peut toutefois tenter cela. Les expériences éduquent mieux que les conseils.

Wilfrid Babatoundé
Journal 24 HEURES AU BENIN 04/08/09
Publicité

Publié dans Politique nationale

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article