Appel à la décrispation politique : Et si Boni Yayi disciplinait d'abord ses troupes
Le 49e anniversaire de l’accession de notre pays à la souveraineté internationale a été une opportunité pour le président de la République de se pencher sur des questions qui préoccupent ses compatriotes. Entre autres sujets, Boni Yayi a abordé élections de 2011. A bien le suivre, on constate qu’ au lieu de rappeler à l’ordre ses militants, le chef de l’Etat s’est limité à donner des leçons de ’’comportement responsable’’ à ses concurrents et ceci dans une tonalité peu rassurante." Je note une grande effervescence de la classe politique ", " Nous ne devons pas oublier les actions présentes… J’invite la classe politique à moins de passion pour éviter des comportements susceptibles de compromettre l’unité nationale ".
Ces citations du président de la République sont louables et prises isolément, elles touchent favorablement l’auditeur. Mais ramener dans le contexte politique actuel et analyser de près, on se rend compte que ces propos entretiennent la confusion.
Pour le mode opératoire adopté par cet important orateur, son appel aurait fait l’unanimité s’il avait dans un premier temps relevé et critiqué dans son camp des agissements frustrant et dégradant de la démocratie ; s’il avait reproché à son gouvernement les violations répétées des libertés démocratiques et l’entretien de discours ethnocentriques par des ministres qu’il a nommés.
En effet, dans un réquisitoire à l’encontre de ses opposants, le président de la République stigmatise que "nous devons cesser de poser des actes qui sèment la panique ". Il poursuit en disant que les gens dénigrent le pays en disant que " rien ne va " ; "la démocratie est par terre ".
Curieusement, ceux qui sèment la panique sont des partisans de Boni Yayi. On se rappelle que de Calavi à Avrankou via Sèmè Podji, alors que l’installation des conseils communaux fraichement sortis des urnes était prévue, les FCBE ont investi les routes et assiégé les bâtiments des communes concernées. Ils étaient armés d’armes blanches et de branchages pour terroriser les paisibles citoyens. En son temps, le gouvernement sous prétexte de préserver la sécurité publique a refusé de faire appliquer la loi confortant ainsi les contestataires illégaux et renforçant les frustrations.
De même, c’est le gouvernement du changement qui a autorisé l’augmentation des prix de l’électricité et de l’eau alors que les populations croulaient déjà sous le poids d’une misère galopante corolaire de la gabegie gouvernementale .
Sur un autre plan, ce même régime a récemment interdit la marche pacifique des centrales syndicales et tenté de démobiliser les travailleurs à suivre le mot d’ordre de leur syndicat. Avec tout cela ; veut-on nous faire croire que ceux qui posent des actes antidémocratiques susceptibles de semer la panique sont dans un autre camp que le sien ?
Par contre, ce qui est réjouissant, c’est que le premier des Béninois reconnaît que nous sommes à 18 mois d’élections majeures et que nous ne devons pas oublier les actions présentes . Alors si vraiment ses ministres et autres cadres " caurisés " ; les militants FCBE, UMPP et autres mouvements présidentiels peuvent capter ce message et arrêter leur pagaille lassante, ce serait service rendu au patron qui apparemment a besoin de calme.
Ainsi, osons-nous espérer que les weekend prochains, on épargnera de nous polluer l’ouïe et la vue avec des meeting ’’Yayi 10 ans’’ ; ’’Yayi premier tour KO’’
Romain L. KIK
Journal LE GRAND JOURNAL 04/08/09
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