Moralisation de la vie publique: Les Cauris veulent étouffer le dossier des micro-crédits (Ils prennent Yayi comme parapluie)

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

Face au flou qui avait caractérisé le dossier des micro-crédits aux plus pauvres, la Représentation nationale avait mis sur pied une commission d’enquête parlementaire afin de faire la lumière sur cet épineux dossier. A ce jour, les membres de cette commission peinent à évoluer dans leurs investigations à cause du refus de collaboration de certaines personnes et pas des moindres qui sont proches du Chef de l’Etat.
Deux ans après le lancement du programme de micro crédits aux plus pauvres, initié par le régime Yayi, des coins d’ombre existent autour du projet. Une belle initiative dont l’objectif principal était l’amélioration des conditions de vie des populations à la base. Mais, contre toute attente, la gestion faite de ce projet n’est pas orthodoxe. On se souvient que la somme de 6 milliards de francs Cfa initialement prévue pour ce projet est subitement passée à 10 milliards, puis à 20 milliards francs Cfa, à la veille des dernières élections communales, municipales et locales au motif que la demande devenait de plus en plus forte au point que l’urgence de revoir le montant des fonds à allouer à la hausse est apparue. En son temps, les députés de l’opposition avaient tiré la sonnette d’alarme en montrant le caractère partisan du système d’octroi des fonds aux femmes. Selon les députés Sacca Fikara, Eric Houndété et autres, seules les militantes de l’alliance Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) auraient droit prioritairement aux micro crédits de l’Etat.

De graves obstructions
Face à la gravité des faits les députés se sont préoccupés de la question en adressant une série de questions au gouvernement. La Représentation nationale a souhaité que l’Exécutif dise avec précision le montant engagé dans le programme et celui effectivement mis à la disposition des populations, le point des montants engagés par département, commune, arrondissement et village ; le nombre exact des personnes bénéficiaires. C’est dans ce contexte que la commission Lodjou a été mise en place. Mais contre toute attente, certaines personnes refusent de collaborer. Après huit mois de travail assidu caractérisé par les déplacements dans les communes, il est aisé de constater que les Cauris n’ont pas rendus la tâche facile aux membres de la commission. Ainsi, certains responsables ayant géré ce dossier au haut niveau sont incapables de dire le nombre de personnes qui ont pu bénéficier de ce crédit dans les quartiers ou villages, arrondissements, communes et départements. La stratégie développée par les mises en cause consiste à faire du dilatoire avec la commission. Le plus souvent si ce n’est pas tel responsable qui est en mission, c’est tel autre qui serait malade etc. De sources crédibles, un ministre aurait même évoqué la raison d’Etat pour dégager sa responsabilité dans ce dossier.

De troublantes révélations.
Un cadre du ministère de la Micro-finance limogé dans des conditions confuses avait fait de troublantes révélations qu’on s’abstient de publier tant que la commission d’enquête parlementaire n’a pas déposé son rapport. C’est le moment ici de saluer certains compatriotes qui de part leur patriotisme ont permis à la commission d’accéder aux documents confidentiels et compromettants. En attendant le rapport officiel de la commission parlementaire, il faut dire que des intermédiaires Fcbe ont largement profité de la misère des populations pour s’en mettre plein les poches. On compte sur la commission Lodjou pour situer les responsabilités car selon les recoupements le dossier des micro-finances est un scandale financier à nul autre pareil.

Judicaël ZOHOUN
Journal 24 HEURES AU BENIN 05/08/09
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Publié dans Politique nationale

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