REMARQUES DU CHEF DE L'ETAT SUR LA VIE DES SYNDICATS: Vives réactions des leaders syndicaux
Certains responsables syndicaux ont exprimé, hier mardi, leur désapprobation suite au pavé jeté dans leur mare par le chef de l’Etat, Boni Yayi, au cours de l’interview télévisée qu’il a accordée lors de la célébration de la fête de l’indépendance. L’exhortation du chef de l’Etat à plus de démocratie et une bonne gouvernance au sein des syndicats est manifestement vécue comme une immixtion inacceptable dans la vie des syndicats et leurs centrales.Apparemment, le chef de l’Etat voulait mettre en exergue la longévité de certains leaders syndicaux à la tête de leur organisation. En effet, certains leaders syndicaux en activité, sont critiqués, pour être restés en place alors qu’ils devraient faire valoir leur droit à la retraite et ne devraient donc plus diriger leur organisation. L’on murmure aussi que la gestion interne de certaines organisations syndicales ne respecte pas toujours leurs statuts et règlement intérieur. Le chef de l’Etat a saisi l’occasion de la question qui lui a été posée sur la violation des libertés syndicales dont on accuse son gouvernement pour mettre sur la place publique ces griefs qui sont faits à certaines organisations syndicales. Aussi les a-t-il invités à ne pas tomber dans les travers qu’ils reprochent eux-mêmes aux pouvoirs publics, notamment en donnant l’exemple de la bonne gouvernance intérieure.
Interrogés par Canal 3, après la diffusion de l’interview télévisée, Laurent Mètognon de la Fédération des syndicats des finances, Gaston Azoua de la Cstb, Dieudonné Lokossou de la Sca Bénin et Pascal Todjinou de la Cgtb ont trouvé les observations du chef de l’Etat inopportunes. Pour Pascal Todjinou, il s’agit d’une immixtion dans les affaires internes des organisations syndicales. Seuls les militants ont le droit de se prononcer sur la vie de leur syndicat, a-t-il dit. Il estime également que cette prise de position publique « ne participe pas à la décrispation de la tension sociale.» Lokossou Dieudonné de la Csa Béninn, en ce qui le concerne, trouve dans les observations de Boni Yayi un prétexte pour susciter un nouveau conflit contre son régime. Pour sa part, Gaston Azoua va même plus loin en exigeant des excuses publiques du chef de l’Etat. En somme, la sortie du chef de l’Etat est perçue comme une atteinte à la légitimité des responsables syndicaux ou un appel à leur base pour les contester. A la limite les remarques faites par le chef de l’Etat , dans son débat télévisé, sont vécues comme une critique ou réprobation publique à la marche de protestation qu’ils ont faites jeudi dernier malgré son appel à la retenue.
Apollinaire KOUTON
Journal L'AUTRE QUOTIDIEN 05/08/09
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