Gouvernance publique : « Yayi est un président fantôme » dixit Adrien Houngbédji

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

Dans son rôle de véritable opposant au régime du changement, le président du parti du renouveau démocratique, maître Adrien Houngbédji s’est entretenu au Palais d’Adjina à Porto-Novo avec Maurice Tchabi et Brice Houssou sur des sujets buûlants qui agitent l’opinion publique. Dans sa déception de la gouvernance actuelle, le leader des Tchoco-tchoco, ne s’est pas écarté de son franc-parler. Il a qualifié de fantôme son challenger au second tour de la présidentielle de mars 2006 qu’il a appelé et félicité publiquement avant même la proclamation des résultats par la Cour constitutionnelle. Qu’est-ce qui peut amener aujourd’hui Houngbédji a avoir de celui dont il n’a pas contesté l’élection, une image de fantôme ?
Une personne qui n’existe que dans l’imagination ou qui existe mais qui ne joue pas son rôle s’appelle fantôme selon le dictionnaire Larousse Maxipoche 2008. Ce même ouvrage nous renseigne que le mot fantôme a pour synonyme, fantoche c’est-à-dire un individu sans consistance, qui ne mérite pas d’être pris au sérieux ; qui n’a que l’apparence de quelque chose, qui n’est pas représentative.
S’ils se font aujourd’hui rares les partisans sérieux du chef de l’Etat capables d’aller le défendre publiquement, c’est bien parce qu’ils manquent d’arguments plausibles. Le pays est en crise, la réalité est là tangible et têtue.
Sous tous les cieux, lorsqu’un pays se porte mal, c’est bien le pouvoir exécutif ou particulièrement son chef qui est désigné comme le premier comptable.

Boni Yayi complice et coupable
Au Bénin, la gouvernance publique souffre. La précipitation ; la navigation à vue ; la corruption à haut débit et l’impunité ; le régionalisme ; la politisation sans limite de l’administration ; l’intimidation et la banalisation de la fonction présidentielle caractérisent le régime du changement. Le comptable de cette situation déplorable est le chef du gouvernement, le président Boni Yayi et la constitution béninoise est claire à ce sujet.
En effet le texte fondamental du 11 décembre 1990 en son article 54 précise que« Le président de la République est le détenteur du pouvoir exécutif. Il est le chef du gouvernement, et à ce titre il détermine et conduit la politique de la nation. Il exerce le pouvoir règlementaire. Il dispose de l’administration et de la Force Armée... ».
Toujours selon le même document, « Le président de la République préside le Conseil des Ministres. Le Conseil des Ministres délibère obligatoirement sur : - les décisions déterminant la politique générale de l’Etat ; les projets de loi ;- les ordonnances et les décrets réglementaires… » article 55.
Devant des dispositions aussi limpides, le président de la République peut-il noyer sa culpabilité ? Boni Yayi est bien « complice et coupable » dans le Cen-Sad gate. Tel il doit être auréolé si c’est beau, il ne doit pas chercher de se disculper quand c’est répréhensible et immorale.
Plus grave et selon ses propos, le chef du gouvernement n’assiste au conseil des ministres qu’à sa volonté alors que la constitution le lui exige. Les conséquences de son absentéisme sont que des dossiers de grande corruption sont avalisés par cette instance.
Même si on concède que le chef du gouvernement en violation de la constitution n’assiste pas aux conseils des ministres, nous dira-t-on que l’ordonnance mettant en application le collectif budgétaire de 200 milliards comprenant les deniers publics détournés dans le cadre la Cen-SAD, est prise par un ministre. Qu’on arrête de nous amuser, Boni Yayi est au courant de tout et le fait qu’il rejette sa culpabilité le positionne comme un président fantôme c’est-à-dire « quelqu’un qui existe mais qui ne joue pas son rôle », qui manque de charisme et est inefficace.

Romain L. KIKI
Journal LE GRAND JOURNAL 07/08/09
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Publié dans Politique nationale

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