'' Comme je le pense'' Avant 2011 : L 'acquis pour dérouter

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

18 mois déjà qu’ils sont ensemble alors qu’on leur prédisait une implosion. Mais dans un contexte de méfiance et de déviance du Changement, les leaders de l’opposition resserrent davantage les cloisons contre l’adversaire.
A l’occasion du congrès du Parti social démocrate de Bruno Amoussou samedi dernier, ils ont démontré une nouvelle fois à l’opinion nationale qu’ils sont ensemble jusqu’à l’objectif final, en occurrence la défaite de Boni Yayi en 2011. En attendant leur victoire, l’acquis pour dérouter l’adversaire marche t-il ?

En effet, à l’heure où l’égarement quinquennal du régime actuel est criard, l’acquis pour dérouter est devenu pour les leaders de l’opposition, un mode opératoire qui rassure les Béninois. L’acquis pour dérouter passe par les fulgurances, la possibilité d’émettre des opinions sur la marche des affaires publiques, la symbolique dans les actions d’éclat et l’unité d’action.

Abordant ce dernier aspect, on a vu les leaders de l’opposition plus d’une fois ensemble. Le dernier cas en date remonte à samedi dernier où à l’occasion du congrès du Parti social démocrate, les figures emblématiques de l’opposition sont entrées triomphalement au Palais des congrès de Cotonou. Ce qui met en confiance la grande majorité des Béninois quant à leurs motivations par rapport à l’objectif visé : être ensemble pour réaliser l’alternance en 2011. Et bien avant le congrès de PSD, il y a eu Bohicon, le Palais des sports de Kouhounou et leur marche contre la paralysie du système de santé. En somme, de mars 2008 à ce jour, cela fait 18 mois que l’unité d’action dure malgré toutes les perspectives d’implosion annoncées par les sbires du régime actuel.

Quant à la possibilité d’apprécier la marche des affaires publiques du gouvernement de Boni Yayi, l’évaluation politique faite par ces principaux acteurs a été pertinente. Elle a d’abord permis aux Béninois de comprendre que le gouvernement mis en place pour assainir la gestion du pays, nous précipite au contraire dans le gouffre économique. Aussi leur expertise a-t-elle fait savoir au peuple que l’édifice, de paix et d’harmonie que constitue le Bénin est depuis fort longtemps sous les rotules de Boni Yayi. Sans oublier que la gouvernance politique est calamiteuse du fait de l’instrumentalisation des institutions de contre-pouvoir.

En tenant compte des fulgurances opposées au régime du Changement, le peuple a compris qu’il urge en 2011 de revaloriser la fonction politique. En effet, en fonction de l’expérience dans la gestion de la chose publique, le décalage est grand avec le président Yayi. Avec des partis comme le PRD (19 ans de savoir-faire) ; le PSD (18 ans) ; la RB (15 ans) le Madep (12 ans)… le schéma apolitique en cours qui a fasciné et continue de fasciner quelques Béninois en dépit de la trahison de Boni Yayi ne peut plus fonder un Etat émergent.

Au regard du décryptage de l’acquis pour dérouter, les leaders de l’opposition tiennent leur projet par le bon bout car, n’ayant commis jusque là aucune erreur de jeunesse. Il ne leur reste qu’à boucler la perspective de la candidature unique afin de rayer des tablettes, cette figure parfaite comme le cercle que Boni Yayi a glissée parmi les lignes géométriques qui lui servent à gouverner de manière maladroite ce pays.

Journal LE GRAND JOURNAL 10/08/09
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Publié dans Politique nationale

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