Privatisation des sociétés d’Etat: La politique à tout brader de Yayi en marche
Le gouvernement du président Boni Yayi veut tout vendre. Par sa politique de privatisations tous azimuts, le port autonome de Cotonou et plusieurs sociétés d’Etat seront bradés d’ici peu.Après les violations de la Constitution et des textes élémentaires du pays, la mauvaise gouvernance, le régionalisme au sommet de l’Etat, les menaces sur la démocratie et autres, le gouvernement du président Boni Yayi a opté pour la privatisation tous azimuts des entreprises d’Etat. Lors de son dernier conseil des ministres, le pouvoir en place a adopté la mise en concession du quai du port de Cotonou au groupe français Bolloré. Ce domaine constitue le principal outil des activités portuaires, car c’est là où se fait la navigation portuaire. C’est dire que le président de la République a vendu aux Français le poumon de l’économie nationale et l’administration ne fera que la collection des taxes et impôts. Cette situation risque de créer d’énormes ennuis à l’économie nationale, même si l’on explique que c’est une exigence du Millénium challenge account.
En dehors du port autonome de Cotonou, le régime en place a déjà mis sur la sellette d’autres unités de production à brader. C’est le cas par exemple de la société Bénin Télécom qui continue de faire des vagues dans l’opinion publique. Ce problème oppose les travailleurs au ministre de la Communication, Désiré Adadja. La Société nationale de promotion agricole (Sonapra), la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee), et plusieurs autres entreprises d’Etat sont dans l’œil de cyclone du gouvernement du président Boni Yayi. Apparemment, le chef de l’Etat a opté pour une liquidation sans retenue des secteurs vitaux de l’économe nationale.
Par ce système, le régime du Changement a montré ses limites dans la gestion efficace des sociétés d’Etat. Il préfère recourir aux solutions faciles pour se dédouaner, celles des privatisations tous azimuts. En 2006, les Béninois, en portant le président Boni Yayi au pouvoir, pensaient qu’il y aurait un changement qualitatif en matière de gouvernance dans les entreprises publiques. Leur espoir s’est très tôt transformé en désillusion totale. La transparence a cédé place aux détournements, aux malversations financières et au clientélisme. A la Sonapra, on continue de parler de 50 milliards de francs Cfa de perte. Au lieu de réfléchir pour trouver un mécanisme pour sauver la face, le pouvoir en place a opté pour une dangereuse politique de privatisation contre les intérêts du peuple et des travailleurs béninois. Comme quoi, les erreurs du Changement se multiplient au jour le jour.
Wilfrid Babatoundé
Journal 24 HEURES AU BENIN 12/08/09
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