''Comme je le pense'' Un pouvoir solo
On a finalement compris, mais tardivement que le Changement n’était qu’une vision dont l’application dépend de l’humeur de son unique géniteur, Boni Yayi. Les contextes politique et économique de notre pays qui sont des plus critiques actuellement et qui n’augurent d’un bon présage ne sont-ils pas les conséquences du style de gestion du président de la République ?En effet, quand le hasard a renversé le damier politique et propulsé au Palais de la Marina Boni Yayi, ce dernier a vite succombé à l’ivresse du pouvoir. Ce qui fait qu’il a été incapable d’étaler les indices susceptibles de faire étalage aussi bien sur les plans économique et politique, sa capacité d’évaluation et de gestion.
Partant de l’actuelle crise économique, on a la preuve que le chantre du Changement n’a apporté aucun soutien convenable pour sortir le peuple de sa misère et de sa précarité. Pourtant, le peuple qui espérait tout au moins " bouillir la marmite " a davantage été englué dans la paupérisation.
Même sous l’aile protectrice des agrégats macro-économiques, l’ivresse du pouvoir a fragilisé le technocrate, le financier développeur. L’enthousiasme des Béninois autour du projet d’avenir de Boni Yayi pour une Nation émergente a cédé à l’incrédulité. La raison, c’est que son projet est solitaire et ne stimule qu’aucun déterminisme. Conséquence le Changement n’a été qu’une entreprise de retour en arrière.
L’ivresse du pouvoir faisant, le chef de l’Etat sur le plan politique, a su trouver et s’agripper à un vivier. Ce dernier lui a permis de recruter des démocrates impotents et des fuyards déroutés par la complexité des réalités démocratiques. Ce qui fait qu’en trois ans, il n’a pas pu conserver les mutations démocratiques et institutionnelles de notre pays.
Boni Yayi a cru que le jeu démocratique doit s’exercer sur la route de l’adversité. Ce qui fait que ce processus en cours depuis le renouveau démocratique de 1990 pour lequel il devait oeuvrer pour une plus grande vitalité de notre démocratie s’ébranle.
En définitive, l’esprit et le visage du pouvoir n’étaient pas en phase avrc la Nation. Durant trois ans, le président Yayi a joué en solo au gré de ses humeurs alors qu’il devait gérer en faisant recours à la République. C’est ce qui fait qu’on est d’avis avec le président Amoussou qui pense que le pouvoir devrait être confié non à un homme solitaire mais à une équipe et un programme porté par un groupe qui en garantit la pérennité. On ne l’avait pas compris.
Titus FOLLY
Journal LE GRAND JOURNAL 12/08/09
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