Noudégbèssi « innocenté » : Drôle de manifestations à Avrankou

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

La troisième commission dite « neutre » installée par le chef de l’Etat et dirigée par Stanislas Kpognon dans le cadre de l’affaire Cen-sad a déposé lundi dernier son rapport. L’une des décisions rendues par cette commission a été d’« innocenter » le ministre de l’Urbanisme, François Noudégbèssi dont le nom a été abondamment cité dans ce dossier. Cette décision a suscité de façon maladroite, des réjouissances dans la localité d’Avrankou, commune d’origine du ministre indexé. A quoi rime toutes ces manifestations quand on sait que la décision rendue n’est qu’administrative ? La justice qui se saisira sous peu du dossier a-t-elle déjà dit le droit ?
Le ministre de l’Urbanisme, François Noudégbèssi abondamment cité dans le fameux dossier de la Cen-sad a été « innocenté » par la commission dite « neutre » dirigée par Stanislas Kpognon et installée par le chef de l’Etat.
C’était lundi denier à la faveur du compte-rendu du conseil des ministres extraordinaire qui fait suite au dépôt du rapport de ladite commission. A la ressemblance d’un acte prémédité, la réaction des partisans et sympathisants ne s’est pas fait attendre. Il y a eu de grandes réjouissances meublées par des marcheurs, des déclarations teintées de crainte et de doute et une foule comme contrainte à s’exécuter parce que c’est le « ministre d’Avrankou » qui vient de sortir subitement de la neige alors que ce n’est qu’une Illusion.
Lors de cette rencontre des fêtards, l’arène a semblé contenir les mêmes marcheurs qui ont boudé le chef de l’Etat quand il avait décidé de « garer » provisoirement le ministre de l’Urbanisme. Contrairement à la réaction du présumé inculpé qui la dernière fois est monté au créneau pour refuser la solidarité de ses frères qui ont vitupéré le chef de l’Etat, cette fois-ci c’est une communauté de destin qui a fait jour.
Sa sortie d’entre temps pour se désolidariser de ses frères était-elle alors de la comédie ? En analysant les récentes réjouissances des fidèles « caurisés » du grand prêtre François Noudégbèssi dans Avrankou, 20ème circonscription électorale, on se rend toute de suite à l’évidence que l’ignorance du contenu du dossier Cen-Sad dans ces moindres détails et méandres a certainement conduit à ce qu’on peut appeler drôle de folklore d’extases.

Les villas et la justice
En effet, le rapport de la commission Stanislas Kpognon dite « neutre » ne s’est prononcé que sur un aspect de ce lourd dossier et la conclusion de ce rapport ne porte que le sceau administratif. Il a été question pour cette commission d’investir sur les travaux de réfection effectués sur le Centre international des conférences (CIC) et le Palais des congrès de Cotonou. Cette commission qui devrait repasser sur ce qui a été déjà fait par les deux autres précédentes commissions a passé environ 30 jours pour des travaux qui a postériori n’a accouché que du déjà entendu. Ce feuilleton cache assez de supercheries quand on observe l’environnement dans lequel les décisions ont été rendues et les séries de réactions. En définitive, tout cela sent du mensonge et de la fanfaronnade.
D’ailleurs, le rapport de la commission n’a fait qu’ « innocenter » et ce dans une certaine mesure, le ministre de l’Urbanisme, François Noudégbèssi. S’il y a une chose que les disciples du ministre ont oublié, c’est que l’autre volet du dossier qui concerne les fameuses villas présidentielles n’est pas encore vidé. Il est certain que dans les prochains jours, l’opinion publique demandera que l’on nous vide ce dossier pour voir si le ministre est aussi blanc que ces fidèles « caurisés » le chantent.
Pour la petite histoire, on se souvient des grands déballages des syndicalistes sur ce dossier et a priorité, beaucoup de milliards sont aussi partis comme emportés par des mains invisibles. Si on fait croit que dans les juteuses réfections des joyaux de l’Etat, le ministre Noudégbèssi est exempt de reproches alors que ses collaborateurs sont sur le carreau, pourra-t-on certifier de son innocence dans le sulfureux volet des villas présidentielles ?
Le conseil extraordinaire des ministres qui a rendu public la décision a instruit le garde des Sceaux, ministre de la Justice afin que les juridictions compétentes soient saisies pour des sanctions pénales. La justice qui seule a les qualités et les compétences de disculper ou d’innocenter des présumés coupables doit vite se mettre au travail pour nous éclairer. On espère aussi que de ce côté-là, le droit sera dit car, on à beau cacher les rayons du soleil qu’ils apparaissent toujours. La vérité aussi têtue qu’elle soit, finit toujours par faire ombrage à la duperie.

LA
Journal LE GRAND JOURNAL 14/08/09
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Publié dans Politique nationale

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