Réquisition de grévistes au MTFP : Aguiar marche sur la loi n°2001
Par une note en date du 17 août 2009, le ministre du Travail et de la fonction publique a réquisitionné 22 agents de son département en grèves depuis des mois. Or, son ministère n’est pas considéré comme un service essentiel selon la loi portant exercice du droit de grève en République du Bénin.« Les fonctionnaires et les agents des établissements publics, semi-publics ou privés à caractère essentiel dont la cessation de travail porterait de graves préjudices à la sécurité et à la santé de la population sont tenus d’assurer un service minimum obligatoire.
Sont considérés comme services essentiels ceux relevant de la santé, de la sécurité, de l’énergie, de l’eau, des transports aériens et des télécommunications, exception faite des radios et des télévisions privées ».
Telles sont les dispositions de la loi n°2001-09 du 21 juin 2002, portant exercice du droit de grève en République du Bénin, aux articles 13 et 14, du titre 4 traitant de la réquisition. A l’analyse de l’article 14 de ce texte, les services essentiels ont été clairement cités. Nulle part dans cette liste, les services du ministère du Travail et de la fonction publique n’ont été cités. Mais on ne sait sur la base de quel texte, le ministre Kint Aguiar s’est fondé pour procéder à la réquisition des agents de son département qui sont en grève.
Cet acte du ministre pose deux problèmes fondamentaux. Soit ni ce dernier ni ces collaborateurs directs ne connaissent pas les textes qui régissent leur pays. Soit, il fait montre d’une volonté manifeste de violer ces textes. Dans l’un ou l’autre cas, les agents du MTFP ne doivent pas être réquisitionnés. Cela donne raison à l’opinion publique qui lit déjà des actes d’intimidation dans les manœuvres de Aguiar. Ce dernier, au lieu de s’entendre avec ses travailleurs, a choisi la voie de la turpitude.
Avec cette décision de réquisition, les ordres de syndicats maison sont entrain de réfléchir pour s’engager sur un chemin de non retour afin que justice soit faite. D’ailleurs, si tant est que les autorités au sommet de l’Etat béninois reconnaissent qu’ils sont dans un pays de droit, ce problème n’allait pas se poser. Car, les décisions du premier magistrat du pays devaient être respectées par ses ministres.
En effet, le problème de la délocalisation du ministère qui oppose les travailleurs à l’autorité avait été tranché depuis plus de 16 mois au cours d’un conseil des ministres qui a demandé que les anciens bâtiments du ministère des Affaires étrangères, de l’intégration africaine, de la francophonie et des Béninois de l’extérieur soient aménagés pour le relogement des services du MTFP.
Mais parce que le pouvoir en place sombre dans l’arbitraire et dans le non respect des textes républicains, cette décision qui devait soulager les travailleurs de ce ministère qui souffrent énormément des maladies qu’occasionne la cimenterie qui fait corps avec leur institution, n’est pas appliquée jusqu’à ce jour. Dans ce cas, les travailleurs n’ont-ils pas raison d’amener le gouvernement et son ministre en occurrence à respecter son engagement ? Maintenant que la prochaine rentrée scolaire est à l’horizon avec les menaces des agents occasionnels qui devaient être reversés depuis et qui ne l’ont pas été, le ministre Aguiar se précipite pour réquisitionner des agents grévistes, tout en piétinant les textes de la République.
C’est vraiment dommage qu’un ministre agisse ainsi. Ce qui est sûr, les populations sont informées de toutes ces erreurs graves et compromettantes qui coûteront à coup sûr la peau à Boni Yayi en 2011.
HH
Journal LE GRAND JOURNAL 20/08/09
Publicité