Création d’une structure d’achats groupés au sommet de l’Etat: Le ministre Koupaki repositionne autrement la corruption
La lutte contre la corruption semble s’enliser au jour le jour dans des décisions qui inspirent inquiétude et amertume. La dernière décision en date, est la fameuse création d’une centrale d’achats groupés au sommet de l’Etat. Cette décision qui n’est rien d’autre que l’œuvre du ministre d’Etat Pascal Irénée Koupaki sonne le glas du peu d’espoir que nourrissait un peuple qui croupit sous le poids de la misère et la précarité ambiante.C’est plus qu’une évidence. La vision du Chef de l’Etat, le Dr Thomas Boni Yayi de faire du Bénin, un pays émergent à économie prospère est en passe de devenir une illusion au regard des dernières réformes envisagées par le ministre d’Etat, Pascal Irénée Koupaki. Des réformes qui viendront sans doute remettre en cause les efforts d’assainissement des finances publiques et de l’amélioration du climat des affaires depuis l’avènement du Changement en 2006. Pire, ce sera un recul, voire un précédant dangereux pour un pays qui se veut émergent avec une croissance à deux chiffres d’ici 2011. Si non, comment comprendre la volonté manifeste du ministre d’Etat, Irénée Pascal Koupaki qui, en violation même de la Constitution qui préconise le libéralisme économique, projette la création d’une structure d’achats groupés pour tous les ministères. Un machin tout trouvé et qui ne répond à aucune norme de libéralisme économique. « C’est un danger et donc, il faut l’arrêter immédiatement », estime un opérateur économique qui voit en cette nouvelle trouvaille du ministre Koupaki un terrain favorable à la corruption morale.
En réalité, la création d’une centrale d’achats groupés ne répond à aucune innovation économique et même scientifique et pose le véritable problème de gouvernance institutionnelle au sommet de l’Etat. C’est en fait du capitalisme débridé qui vise à promouvoir les riches et noyer les pauvres, d’autant plus qu’il viendra annihiler les valeurs de la solidarité. Une vision contraire à celle du Chef de l’Etat qui, lui préconise la prospérité partagée.
En clair, la création d’une centrale d’achats est un suicide pour les petites et moyennes entreprises (Pme) et les petites et moyennes industries (Pmi) qui jusque-là ne bénéficient pas encore d’un véritable accompagnement de l’Etat. Même, la fiscalité de développement dont le ministre réformateur a tout le temps parlé tarde à se concrétiser à un moment où le secteur privé est sous le poids de l’impôt. Et au lieu d’engager des réformes qui promeuvent le secteur privé, le ministre d’Etat n’a mieux trouvé que de noyer les opérateurs économiques dans leur farouche volonté à accompagner l’émergence économique du Bénin.
Des ministères de contre-performance
S’il y a des réformes improductives et de contre performance, c’est bien la création des portefeuilles ministériels qui rendent difficile la gouvernance économique. Du coup, la quête d’une administration de développement par le chef de l’Etat reste et demeure un vain mot. On en veut pour preuve le saucissonnage du ministère des Travaux publics et des transports qui a donné naissance au ministère de l’Economie maritime dont les Béninois n’arrivent pas encore à cerner les attributions, si ce n’est que des coups bas et des élucubrations qui rendent ingérable le Port autonome de Cotonou. C’est un secret de polichinelle que le Port autonome de Cotonou, poumon de l’économie béninoise est un monstre à deux têtes. Autre incohérence, c’est le saucissonnage du ministère de l’Industrie et du commerce qui visiblement ne fait qu’alourdir l’administration. Et le président de la République, le Dr Thomas Boni Yayi a l’opportunité de corriger toutes ces maldonnes au prochain remaniement ministériel. Un remaniement très éminent.
Odi I. AÏTCHEDJI
Journal 24 HEURES AU BENIN 20/08/09
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