Lutte contre la corruption : Les bonnes initiatives échappent à Boni Yayi

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

Le président de la République, Boni Yayi, est en train de passer à côté de la plaque dans la lutte contre la corruption. Les bonnes initiatives lui échappent.
Le gouvernement du président Boni Yayi mène une lutte apparente contre la corruption. On crie sur tous les toits contre le phénomène, alors qu’on refuse de faire le nécessaire pour contenir le mal. Si vraiment le combat contre le mal était le souci des autorités actuelles du pays, on aurait pu prendre les dispositions adéquates. Il y a une loi contre la corruption qui est sur la table des députés depuis 2006. Elle prévoit la répression, les condamnations, la saisine des biens et autres mesures en cas de corruption avérée. Pourquoi ne pas faire voter ce projet de loi anti-corruption ?
Les organisations de la société civile réclament à cor et à cri son adoption par l’Assemblée nationale, afin que la lutte contre ce phénomène démarre réellement. Aux dernières élections législatives, le chef de l’Etat, en campagne pour les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), demandait au peuple béninois de lui accorder une majorité parlementaire pour combattre les corrompus de la cité. Son argument lui a permis d’avoir 35 députés ajoutés à ceux de l’Union pour la relève (Upr) et d’autres formations politiques. Au début de la législature, le gouvernement avait une majorité de 48 députés sur 83 à l’Assemblée nationale.
Dès lors, le président Boni Yayi pouvait déjà sortir cette loi des tiroirs pour la faire passer. Ce n’est pas son homme de main, Mathurin Nago, qui prendra le risque de s’opposer à lui. D’ailleurs, à plusieurs reprises, ce dernier lui a rendu ces genres de service, quand il s’agit de donner des coups à l’opposition. Ce n’est pas sûr que les parlementaires de l’opposition refusent de le soutenir dans ce sens. Tout le monde sait que Me Adrien Houngbédji, Bruno Amoussou, Rosine Soglo, Kolawolé Idji, Lazare Sèhouéto, Sacca Fikara et consorts sont déterminés à mener une lutte implacable contre la corruption. C’est dire que la balle est dans le camp du président Boni Yayi et de la majorité présidentielle.
C’est grâce à ces dispositions qu’il y aura des réformes administratives et institutionnelles concrètes pour réduire le phénomène de la corruption. Malheureusement, le peuple béninois assiste à des discours creux à la place des actions concrètes contre le phénomène. Pour preuve, la verte marche organisée par le président de la République n’a rien apporté de nouveau. Au contraire, le mal prend de l’ampleur. Le clientélisme, la gabegie, la corruption, le népotisme et autres dictent leur loi dans l’administration avec leur fardeau d’injustice à une ère dite de Changement. Aujourd’hui, les ardents défenseurs de la lutte contre la corruption sont tombés dans le scepticisme.
L’ancienne présidente de la Cellule de moralisation de la vie publique, Anne Cica Adjaï, a déclaré dans un quotidien de la place : « Je ne crois plus à la lutte contre la corruption ». Ce faisant, elle a rejoint l’évangéliste Paul Gonsalvès qui a déclaré ceci sur une chaîne de télévision de la place : « On ne peut plus me parler de la lutte contre la corruption au Bénin ».
Lentement mais sûrement, le régime en place est en train d’échouer lamentablement dans ce domaine. Apparemment, il n’y a plus d’espoir. Seul le peuple aura les yeux pour pleurer.

Prince Gbèmènou
Journal LE GRAND JOURNAL 21/08/09
Publicité

Publié dans Politique nationale

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article