Présidentielle de 2011: Boni Yayi perd deux alliés de poids

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

Au regard des récents développements de l’actualité nationale, on peut affirmer sans se tromper que le chef de l’Etat, Boni Yayi vient de perdre ses principaux alliés dans la perspective de 2011. Il s’agit des anciens chefs d’Etat Nicéphore Dieudonné Soglo et Mathieu Kérékou. Les deux leaders politiques ont de bonnes raisons d’en vouloir à la Haute Autorité.
Le discours du président Nicéphore Dieudonné Soglo au cours du meeting de la Renaissance du Bénin à Abomey le lundi dernier est sans équivoque. Le leader des Houézèhoué ne soutiendra pas Boni Yayi en 2011. « J’ai proposé d’autres personnes au gouvernement et Boni Yayi a pris mon fils contre ma volonté, afin de nous opposer entre nous. Ce ne sera jamais de mon vivant. Je ne laisserai personne détruire ce pays, encore moins la cité des Houégbadjavi », a-t-il déclaré au cours de son long réquisitoire contre le régime du Changement. Si un ancien président de la République en arrive à de telle déclaration, c’est que son interlocuteur a franchi la ligne rouge : il a divisé la famille Soglo. Dans ce même registre, la famille Kérékou n’est pas aussi épargnée. Depuis un long moment, des rumeurs font état de l’entrée probable au gouvernement d’un fils Kérékou. Le Chef de l’Etat les a reçus en audience il y a quelques semaines. Sentant venir le danger, le général Mathieu Kérékou a opposé un non catégorique à cette initiative. Il a renvoyé tous les émissaires à lui envoyé par le leader du Changement. Une attitude qui confirme le mécontentement du vieux.

De graves antécédents
Il est inutile de rappeler ici quelques antécédents qui ont fâché l’homme du 26 octobre et le leader des Cauris. Outre le matraquage médiatique de dénigrement très acerbe qu’entretiennent régulièrement les hommes du Changement contre le régime Kérékou, il faut ajouter le fameux dossier Aïkpé qu’on a voulu sortir à travers certains médias pour discréditer le général, puis les médisances contre le vieux contenues dans le livre "Mon combat pour la parole" du ministre Rékyath Madougou. Autant donc de provocations et d’humiliations qu’aucun individu ne peut accepter.

Un dénominateur commun
S’il y a une chose sur lequel Mathieu Kérékou et Nicéphore Soglo sont unanimes, c’est la menace de dislocation de leur famille sous le régime du Changement. Quel intérêt Boni Yayi a-t-il donc à vouloir faire nommer coûte que coûte dans son gouvernement le fils des anciens Chefs d’Etat sans la bénédiction de leur géniteur ? Cette démarche de la Haute Autorité le met non seulement mal à l’aise, mais fait du tort au plan spirituel aux heureux élus compte tenu de la sacralité du droit paternel dans les sociétés béninoises. Ne dit-on pas dans la Sainte Bible que « tu honoreras ton père et ta mère et tu seras béni ? » Dans ces conditions à quoi bon de faire chaque fois recours à Dieu si l’on ne veut pas respecter ses enseignements ?

Judicaël ZOHOUN
Journal 24 HEURES AU BENIN 21/08/09
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Publié dans Politique nationale

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