Regard sur la politique au Bénin: L’amalgame a atteint son paroxysme
J’ai pris l’habitude malgré moi, de ne point réagir aux déclarations et aux analysesdes dirigeants politiques béninois pour deux raisons fondamentales. D’abord ces derniers ne se préoccupent souvent pas des réactions des simples citoyens, seuls leurs intérêts et leurs adversaires constituent leur cible privilégiée. Ensuite le débat reste le plus souvent stérile et caractérisé par la passion donc la subjectivité. Les sorties de l’honorable Rachidi Gbadamassi sont des exemples qui me renforcent dans ma position. Dans un passé récent, il s’était illustré comme défenseur de la démocratie car il traitait le chef de l’Etat de dictateur qui violait régulièrement la constitution en faisant allusion à sa détention dans l’affaire Coovi et le refus du régime du changement de le rétablir dans sa fonction de maire après l’invalidation de sa destitution. Il parlait aussi de l’indiscipline budgétaire, de la main mise sur l’escorte de véhicule d’occasion par le chef de l’Etat. Mais qu’est-ce qui a motivé l’honorable à changer brusquement de veste, tant ses revendications étaient légitimes ? Sinon comment comprendre que lui hier défenseur de la démocratie sans satisfaction a rejoint ceux qu’il dénonçait ? A peine rejoint-il l’autre camp quand nous lui avons trouvé raison par rapport à la mauvaise gestion surtout celle des fonds alloués à la tenue de la Cen-sad. Il a entrepris une tournée d’explication qui fait de lui l’une des personnes les plus médiatisée. Dans cette tournée, il étale son immaturité politique parce qu’il affirme qu’il a été manipulé. Bien malin, qui pouvait voir venir ce loup vêtu de peau d’agneau angélique. A en croire ce dernier le pouvoir est réservé à une partie du pays et que les politiciens s’évertuent à opposer les deux candidats du Nord pour s’en accaparer. Que nous soyons du Nord ou du Sud, de l’Est ou de l’Ouest, nous sommes tous fils du Bénin et notre provenance ne pourrait constituer un frein où un atout pour un citoyen capable de diriger le pays. Méfions-nous des appétits voraces des mercenaires politiques et des vacarmes médiatiques qu’ils animent pour leur survie pendant que des leaders politiques tels que le président Emile Derlin Zinsou, le président Soglo, le président Amoussou Bruno … s’échinent à l’unicité des fils de notre pays pour son développement. Lors de la dernière sortie, l’honorable Gbadamassi a brandi des papiers en menaçant de les faire diffuser si les opposants ne se calment pas. Je ne connais pas ce guerrier gentil qui avertirait ses adversaires avant de les mettre nus s’il détient vraiment des preuves de leurs malversations de quelque nature. Je ne voudrais pas dire que l’intellectualisme tourne en dérision l’honorable Gbadamassi. Nous voudrions désormais des actes concrets de la part de nos dirigeants qui contribueront au développement de notre pays et non des sorties pour régler des comptes ou pour assurer leurs arrière-gardes. Et, l’éthique et l’éducation où nous les mettons ? Je voudrais bien finir sur cette note d’espoir qui avait clôturé le discours du sacre de Nicolas Sarkozy comme candidat de l’Ump : « Si nous pouvons fondre nos différends en un produit commun et unique, nous pourrons réaliser des miracles, car ensemble, tout est possible ! ».Marcel KPATOU
Journal 24 HEURES AU BENIN 25/08/09
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