Echec de la destitution du maire de Dangbo : Fikara remporte le duel face à Yayi
Le processus de la destitution du maire Gnonlonfoun de Dangbo a échoué. Les opposants du maire ont mordu la poussière hier à Dangbo. Dans l’incapacité d’obtenir les deux tiers, ils ont boycotté la session de vote de défiance prévue. De loin, c’est la victoire du premier questeur de l’Assemblée sur le président de la république Boni Yayi dans cette guerre politique occulte.La destitution programmée du maire Clément Dona Gnonlonfoun de Dangbo n’a plus eu lieu. Le camp Fcbe-Utd renforcé par deux conseillers communaux dont un Prd et un indépendant, M. Tikara qui n’est autre que le frère ennemi politique du député Fikara, a brillé hier par son absence à l’ouverture de la session extraordinaire de vote de défiance. C’est un échec cuisant pour les partisans du chef de l’Etat. Et pour cause, le maire Gnonlonfoun et six conseillers communaux de Dangbo dont le premier adjoint Emmanuel Voglozin, le deuxième adjoint Salomon Satingo Soton, les Chefs d’arrondissements de Dangbo, de Hozin, de Zounguè et de Gbèko ont attendu en vain pendant une heure de temps d’horloge les autres activistes de la destitution. C’est à 16 heures que le maire Gnonlonfoun a décidé de prendre son destin en main en constatant l’absence de ses contradicteurs. « Puisque la mission de la commission de réconciliation de la préfecture a échoué le mercredi 18 dernier suite à l’intransigeance de nos amis d’aller au vote de défiant, nous avons, en respect des lois de la décentralisation, convoqué la présente session dans les normes pour remettre notre fauteuil en jeu. Mais nous constatons que nous sommes 7 sur les 17 conseillers de la mandature. Sur ce, nous levons la séance », a décidé le maire Gnonlonfoun. En effet, le boycott de la session de défiance par les partisans du chef de l’Etat est l’expression de leur incapacité politique à conduire jusqu’au bout leur projet de destitution. Ils n’ont pas eu la majorité qualifiée pour gommer le maire Gnonlonfoun. Au contraire, ils ont perdu des alliés lors de la traversée. Au finish, ils ont opté pour la politique de la chaise vide. Certaines sources indiquent qu’ils ne reconnaissent pas l’authenticité de la signature du maire apposée sur la convocation de la session. D’autres sources plus proches de leur état major affirment que les antagonistes considèrent la signature que porte la convocation comme étant opposée à celle du maire déposée à la perception. Ce n’est pas une version officielle, mais beaucoup de sources proches des activistes soutiennent l’argument. Le maire Gnonlonfoun balaie du revers de la main cette nouvelle accusation et pour confondre, il sort l’état de paiement des primes de session payées le 27 juillet dernier portant la même signature que celle de la convocation. « Pourquoi, ils n’ont pas refusé de prendre leur prime quand il s’agissait de cette même signature qu’ils ne reconnaissent pas ? », s’est interrogé le maire. « D’ailleurs, je ne sais pas pourquoi pour une affaire que j’ai porté à la connaissance du conseil depuis novembre 2008, et dont j’ai la quittance du reversement des sous par la mise en cause dans les caisses de la commune, c’est maintenant, qu’ils jugent opportun de jouer à la destitution. Est-ce parce que j’ai osé m’attaquer au dossier du recasement ? », s’est inquiété le maire. De toutes les façons, les Fcbe et leurs alliées ne peuvent plus déboulonner le maire Gnonlonfoun dans les conditions actuelles. Le maire a la couleur G13. C’est un poulain du député Fikara. Les dessous politiques de cette destitution manquée sont un sacre pour le G13. Mais cette victoire commune contre Yayi a été possible grâce à certains Prd qui ont refusé de faire le jeu des partisans du chef de l’Etat. On souffle que les Fcbe n’ont pas encore dit leur dernier mot. Elles voudraient pousser le ministre ou le gouvernement à prendre une sanction de suspension à l’endroit du maire de Dangbo à défaut de réussir à le déposer de son fauteuil. C’est du moins la dernière option qu’envisagent les partisans du chef de l’Etat dans la commune de Dangbo.
Tobie P. Ahlonsou (Coll)
Journal LA PRESSE DU JOUR 26/08/09
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