Quand le rêve devient une illusion
La confusion créée ou entretenue par l’alliance politique au pouvoir autour des sorties médiatiques des leaders de l’opposition est l’une des preuves que la mouvance au pouvoir est en train de se fourvoyer. Plusieurs raisons justifient cette politique de fuite en avant de la majorité présidentielle. D’abord, son incapacité à mener des débats d’idées en réponse aux accusations de l’opposition, ensuite la qualité des interventions de ceux qui ont été recrutés à grands frais pour dédouaner le gouvernement. En remplissant leur contrat, les laudateurs du pouvoir en place confondent raisonnement et propagande en se laissant vexer dans des injures. Ce faisant, ils mettent davantage en doute la réélection de leur maître à la Magistrature suprême. Ainsi, des recrues politiques qui ont une rhétorique approximative viennent saborder les intentions de leur leader de briguer un second mandat présidentiel. Au lieu de corriger le tir lors de ses apparitions, le prince non plus, ne trouve pas la volubilité adéquate pour accrocher le peuple. Son sport favori demeure naturellement les méthodes fascistes d’intimidation, les règlements de compte et la chasse aux sorcières. Dans ce cas, le peuple peut-il avoir confiance en son guide qui au lieu de se mettre au dessus de la mêlée pour gérer avec sérénité certaines situations, se laisse dominer par des sautes d’humeur ? La réponse est sans ambages. Non. Malheureusement, les différents états-majors des formations politiques qui soutiennent les actions du régime en place étalent tous, leur ignorance ou font semblant de n’être pas informés de la situation. Mieux, ils font des fiches tronquées à leur chef dans le seul but de ne pas le contrarier afin de rester dans ses bonnes grâces jusqu’à la fin du quinquennat. Outre la gestion hypocrite des affaires publiques sur fond de détournement de plusieurs milliards de nos francs, aucun autre fait n’a défrayé la chronique, n’a soulevé des passions, n’a choqué comme l’a fait le ‘’Cen-Sad gate’’. Le peuple a eu là, la énième preuve que l’administration se trouve dans les mains des hommes et des femmes qui œuvrent a-t-on dit pour le Changement mais qui, visiblement n’y comprennent rien du tout. Sans mâcher les mots, l’opinion a dit ouvertement et à haute voix son indignation en constatant que le chef de l’Etat n’est jamais au courant de quoi que ce soit. Pendant ce temps, les thuriféraires du régime, comme des adolescents, viennent au devant de la scène politique pour vitupérer ceux qui ont le courage de taper du poing sur la table en faisant bien-sûr des propositions alternatives pour changer la donne. Celui qui a qualifié la situation de délinquance du système béninois des valeurs n’a-t-il pas raison. La politique est à la fois une science et un art. Dans un cas comme dans l’autre, elle n’a qu’un seul et unique but : celui d’aider les hommes du pouvoir à comprendre et à maîtriser mieux la gouvernance de leur société en fonction des attentes et des aspirations de celle-ci. La politique est donc, de ce fait, d’abord et avant tout, un service, le plus noble de tous, dirait Cicéron. De ce fait aussi, elle ne peut être animée que par des hommes et des femmes qui, indique le même Cicéron, surpassent les autres en connaissances, en expérience et en vertu. Mais, quand on constate que ceux qui ont été appelés pour jouer ce rôle ne sont pas à la hauteur, on ne peut que plaindre le cas de leur maître dont le rêve devient de plus en plus une illusion.Journal 24 HEURES AU BENIN 26/08/09
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