Transhumance politique: Les transfuges du Prd dans l’enfer du Changement
Les transfuges du Parti du renouveau démocratique (Prd) continuent de se chercher dans la mouvance. Depuis 2006, ils sont abandonnés par leurs nouveaux alliés. Ils rasent les mûrs pour trouver leurs comptes. De la joie au regret, ils ne savent plus à quel saint se vouer.Au Bénin, on parle de transhumance, lorsqu’un homme politique abandonne son parti originel pour aller vers un autre bord afin d’atteindre son objectif. Autrement dit, il y va pour bénéficier des avantages du pouvoir. C’est ce que certains militants du Parti du renouveau démocratique (Prd) de Me Adrien Houngbédji ont fait en son temps pour rejoindre le camp présidentiel, pensant se retrouver au paradis. Erreur ! Les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) les ont abandonnés sur le carreau. Privés de tous les avantages du pouvoir, les transfuges du Prd regrettent amèrement leurs actes. Ils ont même plus de difficulté de subsistance, alors qu’ils se disent proches du régime du Changement. Comme des garçons de course, ce sont eux qui s’occupent des installations des bâches pour abriter les meetings-Fcbe. C’est peut-être aussi une chance pour eux d’avoir un tel travail. Or, au Prd, ils étaient au devant de la scène et jouissent de toutes les considérations. Leur liste est très longue. Mais, il y a quelques exemples frappants et touchants.
Députés en galère
Parmi ceux qui se cherchent dans les arcanes du régime du Changement, il y a les députés démissionnaires du Prd vers la fin de la quatrième législature. Michel Missikpodé d’Avrankou, Joseph Hounkanrin de Missérété, Loukman Minakpodé d’Adjarra, Timothée Zannou de Dangbo, Tadjou Akadiri de Pobè et André Kikoui de Sèmé-Podji sont aujourd’hui noyés dans le marigot-Fcbe. On n’entend même plus parler d’eux. Croyant qu’ils pouvaient faire mal au Prd aux dernières élections législatives, ils ont mordu la poussière, lorsque les Tchoco-tchoco, partis sur de nouvelles bases, ont crée la surprise avec dix députés. Pendant ce temps, on ne vendait pas chère la peau du Prd, car c’était à un moment où le régime du Changement était encore très populaire. Ces députés, dans les coulisses, traitent le Chef de l’Etat et son gouvernement de tous les noms, car tous leurs efforts pour trouver quelques morceaux de viande dans la marmite-Fcbe sont vains jusqu’à l’heure actuelle. Que faire ? Cette question leur donne des maux de tête. Ils pensent sérieusement à 2011, car leur souffrance politique dure déjà trop pour eux.
Autres déperditions
En dehors de ces députés, d’autres transfuges du Prd ou de l’opposition sont actuellement en déperdition politique. Qu’est devenu l’ancien député Patrick Djivo ? C’est la question que beaucoup de Béninois se posent aujourd’hui. Très populaire et aimé de tout le monde dans la zone d’Akpakpa à Cotonou, M. Djivo est actuellement l’ombre de lui-même. Il est tombé dans l’anonymat total. Personne ne pense à lui. Comme lui, Robert Cakpo, Isidore Gnonlonfoun, et beaucoup d’autres transhumants attendent que les gâteaux du Changement tombent du ciel. Les transfuges du Prd se mordent le doigt. Ils ont perdu la boussole. Un adage ne dit-il pas « quand on ne sait pas où on va, on sait d’où on vient » ? C’est à eux de choisir.
Cécile Agossa
Journal 24 HEURES AU BENIN 28/08/09
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