''Comme je le pense'' : La dernière main à une œuvre inutile
Le format de la direction de l’Union pour la majorité présidentielle plurielle est désormais connu. Dans un contexte de tension socio politique et de précarité déconcertante, l’instance faîtière de l’UMPP a été dévoilée samedi dernier à Porto-Novo. Cet événement démontre à plus d’un titre, que les proches de Boni Yayi sont toujours dans leur logique de sympathie des coquins. Que peut faire un pouvoir en déclin avec une idée vieille comme la rue ?Confronté à une crise à triple dimensions, le président de la République cherche vainement du soutien. Ce qu’il n’arrive pas à trouver au-delà de sa famille politique en proie à une cacophonie des ambitions. Depuis deux ans, c’est les Forces cauris pour un Bénin émergent, comme un machin des gens d’esprit qui ont tenté une grande séduction. Cependant, cela n’a rien changé par rapport à la maîtrise du pouvoir et à la résolution des problèmes auxquels sont confrontés les Béninois.
Alors que tous les observateurs reconnaissent que la naissance de la FCBE est une œuvre inintelligente et qu’il fallait s’en débarrasser, le président Boni Yayi est passé à la vitesse supérieure avec l’UMPP. Malheureusement, cette dernière comme dans un puits artésien, ne fait que monter plus haut pour la forme. Pour le peuple, ce n’est pas le plus essentiel surtout à une époque où la souffrance a davantage creusé le cœur des Béninois. Et c’est d’ailleurs pour cela que l’officialisation du bureau de cette alliance est perçue comme une idée vielle comme la rue. Il ne peut d’ailleurs en être autrement.
En dévoilant l’emballage de l’UMPP, on a compris que le credo consiste à finir le quinquennat en beauté et à rempiler. Mais il se fait aussi bien à l’endroit qu’à l’envers, c’est comme un pourpoint de cuir.
On peut le prendre dans les deux sens. Aussi bien la fin du mandat déjà chaotique (pour laquelle on travaille pour renverser la tendance) et la réélection de Boni Yayi en 2011 sont deux missions quasi impossibles.
En effet, à l’allure où vont les choses, la fin du mandat a déjà échappé au pouvoir actuel qui est confronté à la fronde syndicale et qui est chassé en meute par l’opposition. Quant à 2011, la mouvance qui n’arrive pas à nouer des accords politiques en dehors de ses entrailles n’a aucune chance. Le reste n’est que de l’ordre du fantasme pour ceux qui en jouissent car, on ne perçoit nulle trace des moyens à utiliser pour parvenir à ses fins c’est-à-dire sauver les meubles puis gagner.
L’UMPP avec sa trame de fer de lance n’est qu’une œuvre que Boni Yayi va admirer longuement alors qu’elle est inutile et ne servira à rien face à la pression trop forte des Béninois. L’UMPP n’est pas du réalisme politique. Sous tous les cieux où rien ne marche, quand on est confronté aux instincts refoulés même si certains s’attellent à ce qu’on qualifie en temps de crise de : " Fléau des gens occupés on évalue les forces en présence pour éviter les erreurs". En dépit de l’activisme de l’UMPP, Boni Yayi et les Béninois ne regardent plus dans la même direction.
Titus FOLLY
Journal LE GRAND JOURNAL 31/08/09
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