Timothée Gbèdiga sur « Cartes sur table » :« Le Médiateur de la République est dans l’illégalité »

Publié le par MJPAC-ABT

L’honorable Timothée Gbèdiga reçu ce dimanche 30 août 2009 sur la Radio Océan Fm par Abdel Madjid Adélakoun, a décrit l’enlisement du gouvernement du Changement dans la violation des textes de la République. Dans un style direct, le député Prd a dénoncé la position du gouvernement dans la promulgation de la loi sur le Médiateur de la République et l’installation des membres de la Miréna.
« Le chef de l’Etat s’est placé dans une position d’illégalité en promulguant la loi sur le Médiateur de la République alors que le texte, en son article 7 est rejeté par la Cour constitutionnelle. Ce faisant, il se met au-devant de la violation des textes de la République. Et c’est extrêmement grave ». Tels sont les termes choisis ce dimanche par l’honorable Timothée Gbèdiga pour exprimer son point de vue sur ces deux dossiers de l’actualité. Le 11 août dernier, le chef de l’Etat avait en effet, pris le décret de promulgation du texte de loi portant institutionnalisation du Médiateur de la République au Bénin. Pour l’honorable Timothée Gbèdiga, c’est un acte regrettable que le pouvoir en place vient ainsi de poser. Car, même s’il dit ne pas remettre en cause les qualités intrinsèques de la personnalité de Albert Tévoédjrè, appelé à diriger la Médiature, le député Prd affirme regretter que l’institutionnalisation de cette importante structure se fasse sur fond de violation de la loi et de la précipitation. « Normalement, après l’avis défavorable de la Cour constitutionnelle notamment sur l’article 7 de ladite loi, le dossier doit revenir sur la table de l’Assemblée nationale pour sa mise en conformité. Mais on s’est précipité pour promulguer le texte et installer le Médiateur », a-t-il déploré avant d’ajouter par la même occasion, ne pas comprendre le mutisme de la Cour face à une telle violation de ses décisions. Ce silence d’une institution de la République, l’honorable Timothée Gbèdiga l’a également dénoncé au cours des échanges, face à l’installation par la Cour constitutionnelle samedi dernier, des membres de la Miréna, alors même que les recours contre notamment le représentant de la société civile ne sont pas vidés. Et d’ailleurs, pour lui, même si la Cour dit ne pas être tenue par un quelconque délai dans l’examen de ce dossier, Timothée Gbèdiga déclare qu’elle devrait aller vite afin d’assurer une bonne représentativité politique dans ces organes chargés de conduire la réalisation de la Lépi. Cela y va, selon lui, de la crédibilité des prochaines élections en 2011. Invité à se prononcer sur les excuses du chef de l’Etat aux dirigants de la Rb suite aux accusations portées contre eux par les services de la Marina, l’invité déclare qu’elles ne sont pas de bonne foi car le chef de l’Etat peut difficilement faire accepter à l’opinion qu’il n’était pas faites en amont de cette situation. Ajouté aux dernières déclarations des « Jeunes patriotes » pour qui le communiqué de la présidence en question serait piraté, cette situation est tout simplement l’illustration selon l’honorable, de la cacophonie qui caractérise la gestion du pouvoir en place. Sur les dernières accusations de Rachidi Gbadamassi pour qui les multiples démissions du président Adrien Houngbédji ces dernières années sont liées à son incompétence à diriger, le député Prd qualifie ces arguments de réchauffé provenant de gens éclaboussés de toute part par des scandales financiers. Concernant la menace de destitution qui pèse sur le maire de Dangbo, l’invité explique que relève des manœuvres d’un pouvoir qui fait payer à ces populations l’appartenance de l’un de leurs fils, en l’occurrence Sacca Fikara à l’opposition.

« L’Ige gagnerait à ne pas être manipulée »
La descente de l’Inspection générale d’Etat notamment dans la maison des Syndicats a provoqué la colère des responsables des travailleurs ces derniers jours. Ces derniers l’interprétant comme une représaille du pouvoir en place face à leurs actions de dénonciation des mauvaises pratiques du gouvernement en place. Pour Timothée Gbèdiga, les craintes nourries par les travailleurs sont fondées car si le travail de l’Ige est par nature salutaire, « la manière » dont ses descentes sont décidées posent vraiment problème. Et cela fait peser de forts soupçons de manipulation sur cette institution, a affirmé l’invité. Interrogé sur l’idée d’une prochaine descente des Syndicats sur le terrain pour expliquer aux populations l’intérêt de leur lutte, il déclare que cela entre parfaitement dans leurs prérogatives. Concernant la possibilité d’une candidature unique du G4 dans la perspective de 2011, le député membre du Prd affirme être confiant que cela se fera dans le cadre d’un consensus entre les responsables de ces formations politiques.

Calixte Adiyéton
Journal LE MATINAL 31/08/09
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Publié dans Politique nationale

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