Une question de routine
On pourrait le croire selon les derniers développements de l’actualité nationale. La résignation du pouvoir par rapport à sa farouche volonté d’auditer les responsables syndicaux dans le cadre de la gestion de la subvention de l’Etat aux centrales syndicales ne surprend guère. Loin s’en faut. S’était d’ailleurs prévisible. Au lendemain du 6 avril 2006 en effet, le pouvoir en place a toujours donné l’impression d’être orienté dans ses choix de gouvernance par la rue. Il prend des décisions sans aucune étude préalable et capitule sous la pression populaire. Avant le dossier des syndicats qui semble être une campagne d’intimidation et de chantage, plusieurs autres situations dont entre autres, la décision d’un ministre du gouvernement d’interdire la vente des produits pétroliers de la contrebande du fait des énormes manques à gagner qu’elle cause à l’Etat béninois et les nombreuses victimes de la mauvaise manipulation de l’essence ‘’kpayo’’. Celui-ci a regretté le jour où il a eu l’idée de lutter contre l’essence frelatée. Il s’est vu rabattre le caquet par son patron. Il a estimé qu’une telle décision ne devrait pas être prise. Tout petit dans son soulier, le ministre en charge du dossier a dû se rétracter. L’idée d’aller vérifier la gestion de l’aide de l’Etat aux centrales syndicales n’était pas la meilleure. Encore que la décision a été prise dans le cadre du bras de fer entre le gouvernement et les syndicats. Un régime en exercice se met au dessus de la mêlée et analyse les situations avec sang froid. Les appréhensions du peuple selon lesquelles, le gouvernement a mis l’Inspection générale de l’Etat aux trousses des responsables syndicaux est un règlement de compte, se sont précisées avec la volte-face du pouvoir. On est d’accord que les ressources de l’Etat doivent être gérées selon l’orthodoxie financière en la matière, mais on est contre la chasse aux sorcières. Ce n’est pas parce que des actes anti démocratiques ont été dénoncés qu’il faut à tout prix chercher des poux sur des crânes rasés. C’est ce que le pouvoir en place semble ne pas maîtriser en persécutant tous ceux qui ont l’outrecuidance de critiquer sa gestion. Au-delà de tout on retient que le dossier Cen-Sad a été monté de toute pièce. Sinon comment expliquer cet acharnement contre les responsables syndicaux parce qu’ils ont eu le courage de condamner les malversations financières enregistrées dans ce dossier. Sous pressions syndicales, on capitule après avoir fait croire que les syndicalistes sont aussi des voleurs de deniers publics. Ceci, tout simplement parce qu’on manque d’arguments pour justifier le bien-fondé de cette enquête. C’est une question de routine.Journal 24 HEURES AU BENIN 01/09/09
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