Vote de la loi sur la corruption : Une procédure d'urgence s'impose
Trois ans après l’élaboration et la transmission au Parlement du projet de loi sur la corruption par le régime précédent, c’est le silence qui s’observe autour de son adoption du côté du Palais des gouverneurs à Porto-Novo. On se demande pourquoi la loi sur le médiateur de la République a été votée en procédure d’urgence et pas celle sur la corruption. Cela est-il fait à dessein ?La préoccupation autour du projet de loi sur la corruption se fait de plus en plus persistante ces derniers jours. Elles sont nombreuses les différentes couches de la société qui se sont appropriées cette cause. Par des démarches convenables, elles ont et continuent d’exiger que le chef de l’Etat fasse quelque chose pour qu’à l’instar d’autre loi déjà votée en procédure d’urgence, la loi sur la corruption le soit également en raison son importance pour le développement et l’image de notre pays. Malgré les différents plaidoyers, on note toujours une absence de réaction de la part des autorités les plus concernées que sont le président de la République et le président de l’Assemblée nationale.
Sur une télévision privée de la place la semaine dernière, Jean-Baptiste Elias porte-parole du Fonac et président de l’OLC a réitéré ses inquiétudes sur ce comportement ambiguë des responsables du régime qui, s’ils devraient être en harmonie avec leurs discours encourager le vote de cette loi. Se fondant sur le vote de la loi sur le médiateur de la République en procédure d’urgence, il a dit ne vraiment pas comprendre pourquoi la loi sur la corruption se trouve-t- elle sacrifiée sur l’autel des calculs partisans et des intérêts futurs ?
Le développement tant rêvé et chanté par le gouvernement du Changement béninois passe aussi par un assainissement sérieux de notre administration et le Changement de mentalité. Les différentes lois votées en procédure d’urgence, participent certes à donner une certaine visibilité à notre démocratie et dans cet optique, il est important de souligner qu’elles sont toutes complémentaires et ne sauraient souffrir d’une certaine discrimination dans leur adoption.
Qu’attendent les députés et le gouvernement pour passer à l’acte ? Il ne serait pas indiqué que pour cette question, la rue soit encore obligée de parler car pour ceux qui évoque ce moyen de pression, c’est le seul langage que le régime du Changement comprend facilement et la société civile devra agir comme dans le cas de la Lépi, marchant sur le Parlement.
Landry HOUETON
Journal LE GRAND JOURNAL 01/09/09
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