''Comme je le pense'' Brave devant le chef, lâche devant les syndicats
Agité comme un épouvantail, l’Inspection générale d’Etat va pour la première fois quitter la queue entre les jambes un front sur lequel elle a été positionnée, celui de la bourse du travail.C’est suite à la pression trop forte des syndicats. Si avant, le gouvernement ne tenait compte que de la rue qui était son baromètre et qui exerçait sur lui une indéniable fascination, c’est pour la première fois de l’avis de l’observateur averti que depuis son avènement le 6 avril 2006, Boni Yayi tient compte des rapports de forces en sa défaveur pour demander à l’IGE de replier. C’est sûrement un tournant dans la vie de cette inspection.
Brave devant Boni Yayi depuis trois ans, l’Inspection générale d’Etat a été envoyée sur nombre de chantiers avec les résultats que l’on sait. Mais une étrange idée comme une opinion neuve et hardie dans les annales de notre processus démocratique depuis 1990 a été vue. L’IGE a été dépêchée dans les arcanes des centrales syndicales. Cette décision a vicié l’atmosphère socio politique car, le gouvernement qui s’honore d’être le bras de la providence a cru devoir surfer sur les vagues de la provocation.
En effet, depuis son avènement en avril 2006, à part les faits de société avérés sur les cas de mal gouvernance dans les sociétés et offices d’Etat, tout en ayant le regard de l’interprète charmant, le gouvernement n’a jamais eu un éclair de lucidité par rapport aux contestations dues à l’instrumentalisation de l’IGE. Maintenant, le rubicond a été franchi une première fois avec en prime l’instrumentalisation de cet organe de contrôle.
Au-delà des subtiles nuances sur cette provocation, ce recours à l’Inspection générale d’Etat débité avec certitude avait pour but de faire croire que c’est une opération de contrôle alors que c’était une nouvelle étape du radicalisme. Mais cette fois-ci, l’apothéose s’est rapidement transformée en supplice. Il ne pouvait en être autrement.
En effet, dans un cas comme celui-ci, même si on doit faire les investigations, le rapport de forces doit être un concept à raffiner afin de voir s’il faut engager les hostilités. Cela passe par un plan d’exécution, les moyens dont-on dispose pour atteindre l’objectif et l’onde de choc. Les contrôles faits dans l’adversité doivent tenir compte de cette trilogie.
Sur le premier principe, alors qu’on attendait de la force et du relief dans le plan d’attaque, c’est à une piteuse campagne de presse avec de la lave et de la boue que l’on a eue droit. Les moyens pour abattre l’adversaire se résumaient à une IGE instrumentalisée et qui fait tout avec l’effet de bâton. Quant à l’onde de choc, la sympathie des coquins pour titiller des syndicalistes qui ne réclamaient qu’une meilleure gouvernance ne peut entraîner les travailleurs à lyncher leurs leaders pour de nouvelles noces avec le gouvernement Yayi.
Avec ce recul sur une opération de stupidités, il n’y a plus de grandes œuvres pour l’IGE. Maintenant que le masque est tombé, que pourrait-il se passer ? A partir de la reculade qui fera date la cible pourrait développer une forme féconde d’obstruction avec de la grâce sous les yeux et le tout est joué. Le chef de l’Etat vient de comprendre que tous les contrôles des deniers publics ne rentrent pas dans la même légende que la vente des boules de sons.
Titus FOLLY
Journal LE GRAND JOURNAL 01/09/09
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