Présidentielles de 2011:G4 et Force Clé scellent un mariage de raison
Bon an mal an, les membres de l’opposition au régime Yayi tentent d’aller en rangs serrés contre le chef de la mouvance présidentielle lors des échéances à venir dans 18 mois. Après avoir difficilement résisté aux appels de pied du pouvoir, ils viennent de conclure une union forcée qui, à défaut de préciser le profil du candidat unique en question, les contraint à une union forcée. Un protocole en 12 actes, c’est le nouveau code de conduite que les formations politiques membres du G4 et de Force Clé se sont donnés depuis ce mardi 1er septembre 2009.Objectif, préserver la mobilisation des signataires de cet accord contre les risques de vulnérabilité et de débauchage au profit de la mouvance présidentielle. C’est un engagement qui a le mérite de sauvegarder la cohésion et la mobilisation au sein du groupe. Ce, d’autant qu’il y a seulement quelques jours, des informations sur un éventuel basculement du président du Madep, Séfou Fagbohoun avaient été ébruitées. Le rapprochement entre le leader politique du Plateau et le président Yayi Boni n’était même qu’une question d’heure, s’étaient aventurés certains canards. Même si on doit se garder de prêter des intentions à ceux sur qui pèsent ces soupçons, il faut admettre que ce contexte crée un climat d’instabilité et de fébrilité qui n’est pas de nature à préserver la mobilisation. Cet accord fait alors office de garde-fou que les ténors du G4 et de Force Clé entendent poser pour anticiper sur les éventuelles défections agitées ces derniers jours au sein du groupe. Et à vrai dire, certains avaient plus d’intérêt dans cette nouvelle situation que d’autres. D’ailleurs selon des indiscrétions, ce protocole d’union serait le résultat d’une campagne de pression exercée par le leader du Prd, Adrien Houngbédji sur le reste du groupe à l’effet d’aller au plus vite à l’union. Et la raison qui sous-tend cette action coule de source : Maître Adrien Houngbédji tient pour ces dernières présidentielles, sa dernière carte quant à son ambition de conquérir le pouvoir d’Etat. Cet accord doit lui permettre de préserver le noyau électoral que cristallise l’ensemble de ces formations politiques. C’est cette véritable course contre la montre qui a contraint ces derniers mois, le leader des « Tchoco-Tchoco », à multiplier les actions de séduction afin de rallier à sa cause, les acteurs les plus influents de l’opposition. Seulement, cet accord politique est loin de contenter tout le monde.
Le G13 d’office marginalisé
La première partie de mécontents se trouve dans le camp du G13. Les membres de ce groupe politique, à travers la voix de leur coordonnateur national, Arifari Bako, a ainsi exprimé sur la Radio Océan Fm au lendemain de la publication de cet accord, les regrets de tous les membres du regroupement dont l’avis n’a pas été requis. Hormis donc les difficultés que peut poser le respect de cet engagement politique, il braque au surplus contre les signataires, les membres du G13 dans la lutte déjà difficile contre le régime en place. Pour beaucoup, le contrat de confiance qui existait entre G4, Force Clé et G13 vient de prendre un coup. Et même l’ouverture et la possibilité d’adhésion laissée par le point 12 dudit protocole ne peut suffire pour colmater cette importante brèche. Autant dire que la stratégie gagnerait à être plus affinée. Car le contexte politique a fortement évolué. Et la majorité électorale que l’addition mécanique des pourcentages que le Prd, le Psd, la Rb, le Madep et Force Clé ont obtenu en 2006, a sérieusement été grignotée par le G13. La 2nde catégorie de mécontents que cette union peut générer est celle de ceux qui, au sein du même groupe, nourrissent l’ambition de participer à ces élections en tant que candidat de leur formation politique. D’ailleurs selon des indiscrétions, les inconditionnels militants de la Rb, favorables à la candidature du 1er adjoint au maire de Cotonou, Léhady Soglo n’auraient pas été très enchantés par la tournure que prennent les évènements qui semblent contraindre le dauphin de Nicéphore Soglo à abandonner ses ambitions présidentielles. Encore que le président de Force clé Lazare Sèhouéto qui est très actif dans son fief ainsi que Emmanuel Golou du Psd et Antoine Kolawolé Idji du Madep n’ont pas vraiment rengainé. Ce sont là quelques contradictions que doit gérer ce nouveau bloc politique dans sa quête du pouvoir en 2011.
Calixte Adiyéton
Journal LE MATINAL 04/09/09
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