Crise à l’Undp: Le pouvoir du Changement montré du doigt
L’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp) de l’ancien président de la République Emile Derlin Zinsou traverse depuis quelques semaines une crise qui risque de la fragiliser. Deux courants s’affrontent, et certains observateurs y voient la main du pouvoir en place.Depuis l’avènement du régime du Changement, nombre de tentatives ont été mises en branle pour fragiliser des partis et alliances de partis politiques. Des récupérations politiques, des nominations biaisées, des débauchages suicidaires, des achats de politiciens bref, les manœuvres sont légions. Les responsables à la cime de l’Etat n’ont pas cessé de s’évertuer dans cette tâche qui n’est pas de nature à faire la promotion du multipartisme et de la démocratie chèrement acquise au Bénin. Presque tous les partis politiques et alliances de partis ont déjà été victimes, d’une manière ou d’une autre, de ce complot du régime de Boni Yayi contre la démocratie. Celui-ci l’a montré à travers ses agissements envers la Renaissance du Bénin, le Madep, le Prd, le Psd et plusieurs autres formations politiques. Le cas le plus frappant est la transhumance de Rachidi Gbadamassi du G13 à la mouvance présidentielle. Aujourd’hui, le gouvernement s’est tourné vers l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp). Il a récupéré M. Jean Claude Codjia et Mme Anne Adjaï Cica, respectivement président et secrétaire générale du parti du président Emile Derlin Zinsou. En effet, ceux-ci avaient signé, à l’insu du bureau exécutif de l’Undp, des documents d’appartenance du parti à l’Union pour la majorité présidentielle plurielle (Umpp). Or, les textes qui régissent cette formation politique disent qu’avant que le parti ne se rallie à une autre formation politique, il faut qu’un congrès en décide, à défaut du Conseil national. Mais, sans ces préalables, M. Codjia et Mme Anne Adjaï Cica sont allés commettre leur besogne. Ce qui n’a naturellement pas obtenu l’approbation des autres responsables et militants du parti. Si pour certains, les signataires des documents de l’Umpp ont d’autres intentions politiques et cherchent des postes ministériels, d’autres rendent le gouvernement responsable de la crise que traverse leur parti. Lorsqu’on sait que le blason de l’actuel locataire du Palais de la Marina est tellement terni et qu’il est désavoué par les populations qui menacent de le sanctionner au cours des prochaines joutes de 2011, cette dernière thèse gagne l’adhésion de nombre de Béninoises et de Béninois. Boni Yayi n’a plus autre solution que de fragiliser les partis ou de les gagner à sa cause. Mais pour le cas de l’Undp, il n’a pas encore réussi. Car, pas plus que le samedi 5 septembre 2009 dernier, l’honorable Basile Ahossi et plusieurs cadres du parti sont montés au créneau pour dénoncer le fait. Ils se sont dits être prêts à aller devant la Justice pour faire triompher le respect des textes de l’Undp sur les intérêts et manœuvres politiques.
Isabelle AHOUNOU
Journal 24 HEURES AU BENIN 08/09/09
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