Assemblée nationale :Menaces sur le 4ème rapport Nago

Publié le par MJPAC-ABT

Conformément au Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, la seconde session ordinaire de l’année 2009 annoncée pour la deuxième quinzaine du mois d’octobre se prépare au moment où, la majorité vient de changer de camp. Avec la situation actuelle, les tractations d’un nouveau rejet du rapport d’activités et de gestion du président Mathurin Nago vont bon train. Une situation fortement aggravée par une fronde syndicale qui pointe à l’horizon. Le quatrième rapport d’activité du président Mathurin Nago est en préparation.
Et les conditions semblent déjà entièrement réunies au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo et dans certains états-majors politiques pour atteindre cet objectif. Et le fait que la Renaissance du Bénin a déjà pactisé avec les forces politiques hostiles jusque-là à la gestion au perchoir constitue une situation aggravante qui concourt à cette fin. Mais au-delà de toutes ces considérations, on apprend que ce sont les dernières missions parlementaires d’information et de compte rendu aux populations qui auraient permis la cristallisation des positions. Avec un appui de certains députés de la mouvance présidentielle qui n’ont pas du tout apprécié la part faite à l’ensemble des élus du peuple lors de cette première sortie politique de la présente législature. En réalité, c’est d’abord et avant tout les primes à eux accordées pour cette mission qui ont provoqué le mécontentement général. En effet, à la lecture du budget de la tournée, c’est un peu moins de 500 000 f cfa qui sont revenus à chaque député. Pendant ce temps, les députés ont loué leur véhicule à 40 000 f cfa par jour quand des prestataires extérieurs de service ont perçu 110 000 f Cfa par jour pour des véhicules loués. Sans oublier que l’Assemblée nationale a prévu des forfaits pour amortir ces véhicules. ’’De mémoire d’homme, c’est la toute première fois que nous apprenons que des véhicules loués bénéficient des fonds d’amortissement’’ a déclaré hier, un député Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). Et selon d’autres indiscrétions, les députés s’opposent follement à la mauvaise gouvernance au Parlement depuis l’avènement du président Mathurin Nago au perchoir. ’’Le bon sens nous oblige à rejeter une fois encore le rapport d’activités et de gestion du président de l’Assemblée nationale en octobre prochain » a laissé entendre hier un député proche de l’intergroupe G et F à la presse parlementaire. Pour lui, tant que qu’une plénière ne se sera pas convoquée pour se prononcer sur le rapport de la Commission de Tidjani Serpos, tous autres rapports doivent être rejetés. Parce qu’en l’absence du quitus de la Représentation nationale depuis la fin des travaux de cette commission, « le président Nago serait en train de gérer le Parlement dans l’illégalité ». Et, toutes tendances confondues, les députés n’hésitent pas à reconnaître que la cinquième législature est spéciale pour plusieurs raisons. Les prestations laissent à désirer, plusieurs dossiers sont sans suite et les mandants commencent par ne plus se retrouver dans leurs élus.    Une forte fronde syndicale aussi   A toutes ces difficultés doit s’ajouter le mécontentement des fonctionnaires parlementaires réunis au sein du Syndicat national de l’administration. La situation est telle que le président Mathurin Nago a dû rencontrer la semaine passée un groupe de fonctionnaires très fâchés qui lui auraient craché la vérité. Pêle-mêle, les Sieurs Affis, Akakpo, Yayi, Kenneth ont désapprouvé la manière dont les carrières sont désormais gérées au Parlement. Avec certaines primes suspendues sous la présente législature. Les fonctionnaires en question déplorent la mauvaise communication de l’Assemblée nationale depuis le début de la législature. Le dossier du chauffeur de Séfou Fagbohoun est revenu sur le tapis et, à l’unisson, ce groupe de travailleurs qui étaient face à leur président ont démontré, preuves à l’appui, que le président du Mouvement africain pour la démocratie et le progrès (Madep) a bel et bien adressé une correspondance à l’Assemblée nationale et c’est au niveau de la direction de la questure que ce courrier a été caché. Pour les autres sujets qui fâchent, on cite entre autres, le non redéploiement du personnel depuis un certain temps, l’amputation des primes, des nominations sur fond régionaliste et ethnique, la remise en cause de certains droits acquis et le recul des libertés syndicales. Face à cette situation, les fonctionnaires parlementaires du Synapa, s’organisent déjà pour empêcher le bon déroulement des travaux de la session extraordinaire en préparation pour le 22 septembre 2009. A l’ordre du jour, l’examen et le vote du budget exercice 2010 du Parlement. Et tant qu’une solution ne serait pas envisagée par rapport aux préoccupations des travailleurs, ils menacent de perturber ensuite la session d’octobre prochain, dit-on, dans les couloirs de l’Assemblée nationale. Sur les 03 rapports précédents seul le premier a été accepté. 

 Jean-Christophe Houngbo (Br.Ouémé-Plateau)  
Journal LE MATINAL 11/09/09
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Publié dans Politique nationale

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