Rencontre entre le chef de l’Etat et son prédécesseur: Le piège de Yayi à Kérékou
La rencontre entre le président de la République, Boni Yayi et son prédécesseur Mathieu Kérékou, au Palais de la marina le mercredi 09 septembre dernier, doit être prise au sérieux. Il y a anguille sous roche dans ces tentatives de réconciliation avec le général. Ce dernier risque d’être piégé, s’il ne prend pas garde.En cherchant à tout prix à se réconcilier avec son prédécesseur, le président Boni Yayi a son plan. On n’a pas besoin d’aller loin pour comprendre les raisons pour lesquelles il recherche le soutien du Général Mathieu Kérékou. Le souci de mieux affronter les élections de 2011 en est pour quelque chose, surtout qu’il est actuellement acculé dans tous les sens par la classe politique nationale de l’opposition non déclarée. Véritable espiègle, l’ancien président de la Banque ouest-africaine de développement (Boad) est prêt à toutes les concessions pour obtenir ce qu’il cherche en donnant l’impression d’un homme de confiance. Une fois l’objectif atteint, il tourne dos à tous et fait selon son bon vouloir. Si avec le soutien de Kérékou, le président Boni Yayi gagnait les élections en 2011, quel sort lui réserverait-il après ? Rien certainement, surtout qu’il ne sera plus dans la course en 2016. Et, c’est là où se trouve le piège que l’actuel locataire du Palais de la Marina tend certainement au père de la révolutionnaire marxiste léniniste du Bénin. D’ailleurs, les faits par le passé le prouvent. Avant les élections de 2006, le candidat Yayi avait présenté le visage d’enfant docile aux autorités du pays. Arrivé au pouvoir, il a frappé dur dans le camp Kérékou. Le convoyage des véhicules d’occasion a été arraché à la société Défis emplois jeunes Escorte du Bénin de Wilfrid Kérékou. Quelques semaines après, on fait dire au peuple que le bilan de l’ancien régime est catastrophique. Pendant plus de deux ans, les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) ont fait croire aux Béninois que le président Kérékou n’a rien fait de bon. Dans la foulée, l’actuel ministre des micro-finances, Reckyath Madougou, a sorti un ouvrage pour crucifier le Général. En conséquence, les anciens ministres ont commencé par réagir. Kamarou Fassassi, Pierre Osho, Gaston Zossou, Lazare Sèhouéto et consorts ont déclaré la guerre au régime du Changement. Au vu de tout cela, le président Kérékou doit veiller au grain pour ne pas creuser sa tombe à la retraite.
Genèse des G et F
Pourquoi aujourd’hui le G4, le G13 et Force-clé luttent ensemble ? Ces forces politiques qui ont rejoint le président Boni Yayi au second tour de l’élection présidentielle de 2006, ont été dupées par la suite, parce que l’allié n’a plus respecté les engagements qu’il a pris avec eux. On rappelle que les candidats Bruno Amoussou avec 16%, Léhady Soglo avec 8%, Kolawolé Idji avec 03% et d’autres grosses cylindrées de la classe politique nationale ont appelé à voter pour Boni Yayi au second tour contre Me Adrien Houngbédji. Mais après, c’est la désolation. Toutes les promesses de l’apôtre du Changement sont jetées à la poubelle. Par conséquent, la crise politique s’est intensifiée. A cela s’ajoutent les menacent sur la démocratie, l’intensification de la corruption dans l’administration publique, le régionalisme, le clientélisme, les violations répétées de la Constitution du 11 décembre 1990. Le peuple béninois est déçu du Changement. Le président Kérékou sait qu’il ne doit pas enterrer la démocratie qu’il a toujours soutenue dans ce pays. Les Fcbe doivent savoir que l’arrivée au Palais de la présidence du Général n’est pas encore une victoire pour le pouvoir en place.
Cécile Agossa
Journal 24 HEURES AU BENIN 11/09/09
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