Mathieu Kérékou et Nicéphore Soglo au Palais : Boni Yayi n‘est pas au bout de ses peines
Deux anciens présidents étaient à la présidence de la République à diverses occasions mercredi dernier. Mathieu Kérékou a été reçu pour aplanir ses divergences avec Boni Yayi tandis que Nicéphore Soglo y était pour accueillir la présidente du Libéria. La présence de ces deux anciens présidents au Palais a suscité une grande euphorie chez les proches du pouvoir alors que Boni Yayi est loin d’avoir vu le bout du tunnel.La présence de deux ex chefs de l’Etat suffit-il pour que l’actuel locataire de la Marina sorte de l’impasse sociopolitique et économique dans laquelle il est plongé ? Tout porte à croire que ces visites ne sont que des épiphénomènes, même si l’audience de Kérékou permet à Boni Yayi de desserrer un peu l’étau dans lequel il se trouve.
Une semaine après la signature du protocole d’accord entre le G4 et Force Clé, une signature qui a consolidé l’action unitaire au niveau de l’opposition et ébranlé le landerneau politique des mouvancuers, recevoir les anciens présidents ne permet pas d’équilibrer les cristaux. En effet, les Béninois attendent que le président Boni Yayi leur donne des gages par rapport à certaines déviances du fait de sa gouvernance politique et économique qui entravent la marche du Bénin vers l’essentiel.
La quête pour le renouveau du Changement passe par exemple sur le plan économique par la fin des choix incohérents opérés pour le développement économique dans un climat d’improvisation et de précipitation. Aussi les Béninois déplorent-ils l’absence de réformes structurelles pour impulser une nouvelle dynamique à tous les leviers financiers de notre pays davantage gangrenés par la corruption. En effet, depuis la prise de pouvoir de Yayi, la corruption est là, corruption à laquelle on oppose des incantations proclamées comme solutions.
A ces reproches s’ajoutent ceux déjà très récurrents sur le plan politique. Il y a la propension à l’ethnocentrisme, au régionalisme, aux violations répétées de la Constitution du 11 décembre 1990 et des lois de la République par le régime actuel. Aussi doit-on condamner le non respect du principe sacro saint de la séparation des pouvoirs créant des situations de tension nuisibles entre les différentes institutions de l’Etat, notamment entre l’exécutif et le législatif. Voilà les chantiers principaux sur lesquels les Béninois attendent de juger leur président pour le reste de son mandat du fait de la trop grande déception qui sera à coup sûr unique.
Malheureusement, il continue de délaisser les chantiers principaux d’une vraie réconciliation avec le peuple pour s’occuper de son obsession à rempiler à tout prix en 2011.
Titus FOLLY
Journal LE GRAND JOURNAL 11/09/09
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