Processus de réalisation de la Lépi : Les députés de l'opposition suspendent leur participation la CPS: La gestion de Epiphane Quenum contestée
La Liste électorale permanente informatisée (Lépi) tant souhaitée par tout le peuple béninois est en difficulté. Mis en place il y a quelques semaines seulement, la Commission politique de supervision (CPS), organe faîtière dans la réalisation de la Lépi vit une crise qui risque de plomber la concrétisation de cet outil nécessaire pour les élections prochaines.Les députés de l’opposition ont décidé de suspendre leurs travaux au sein de la CPS. Au nombre de quatre, les honorables Basile Ahossi, Thimoté Gbèdiga, Nassirou Arifari Bako, et Gabriel Tchocodo ont exprimé leur désaccord face à ce qu’ils qualifient de gestion clanique et partiale faite du processus par le superviseur général, Epiphane Quenum. Ils accusent ce dernier de gestion opaque, de non exécution des décisions prises en plénière. Aussi dénoncent-ils la manière " peu orthodoxe " dont les dossiers à candidature ont été réceptionnés.
Pour ces députés, la Lépi est une chose très importante qui, en raison de son caractère sensible ne doit en aucun cas souffrir d’une légèreté quelle qu’elle soit. Ces honorables députés s’indignent que malgré leurs démarches en direction du superviseur général de la CPS, ce dernier n’ait pas corrigé le tir. C’est donc pour " ne pas cautionner la réalisation d’une Lépi truquée avec tous les risques de déstabilisation que cela comporte" qu’ils ont décidé de suspendre leur participation aux travaux de la Lépi.
Romain L. KIKI
Journal LE GRAND JOURNAL 14/09/09
Lire leur correspondance aux présidents de l’Assemblée nationale et de la Cour constitutionnelle
Cotonou, le 10 septembre 2009
A Messieurs - Le Président de l’Assemblée Nationale à Porto-Novo Le Président de la Cour Constitutionnelle à Cotonou
Objet : Suspension de nos activités au sein de la Commission Politique de Supervision pour le Recensement Electoral National Approfondi (Rena) et l’établissement de la Liste électorale permanente informatisée (Lepi)
Messieurs les Présidents,
Nous avons l’honneur de : venir par la présente, partager avec vous nos inquiétudes par rapport au déroulement des travaux à la Commission Politique de Supervision (Cps). En effet, installés le 24 juin 2009 par la Cour Constitutionnelle, nous avons démarré nos activités le même jour. Mais, au fur et à mesure que le temps avance, nous nous rendons compte qu’une véritable supercherie se prépare et ne voulant pas en être complices, nous tenons à nous en démarquer. Nous nous limiterons à vous citer quelques faits, qui, corroborent notre sentiment et nos appréciations.
1°) - A propos de la tenue régulière des séances plénières.
Le règlement intérieur de la Cps adopté en séance plénière stipule en son article 14 que « Le Superviseur General dirige les réunions de la Cps, en coordonne les activités et le représente ; il est assisté du Secrétaire Général qui le remplace en cas d’absence ou d’empêchement... Or, depuis, plusieurs séances plénières ont été purement et simplement ajournées au seul motif de l’absence du Superviseur Général. Les séances convoquées pour une heure donnée, vont de report en report pour nous conduire finalement au lendemain. A titre d’exemple, une réunion a été convoquée pour 15 heures, reportée à 19 heures et c’est vers 22 heures qu’on nous a fait comprendre qu’elle est reportée au lendemain, parce que le Superviseur Général serait en réunion avec les partenaires. C’est la version qui nous est régulièrement servie, mais nous n’avons jamais été informés des objets de ces multiples rencontres. Ce cas de figure a fini par exaspérer tous les membres de la Cps le mardi 1er septembre 2009.
Alors que le Superviseur Général nous avait convoqués pour une séance plénière en début d’après-midi. Vers 19 heures, alors que nous l’attendions pour commencer et que le quorum était atteint, il téléphone à la Secrétaire Générale pour ordonner le report de la séance. Nous avons dû forcer au bénéfice de l’article 14 du règlement intérieur pour ouvrir la séance et travailler. Mais lorsqu’il nous a rejoint vers 22 heures, il s’est mis en colère et a perturbé sérieusement les travaux. Il a fallu la patience et la pondération des uns et des autres pour avoir raison de lui et achever la séance. Nous devrions reprendre nos travaux le mercredi 02 septembre 2009 à 10 heures. Alors que nous étions arrivés et attendions dans la cour de la Cena, il nous a été dit par téléphone que la séance, sur instruction du Superviseur Général, était reportée sine die. Chacun a alors repris sa route. II est à noter que nous n’avons pas de bureau et que nous trainons dans la cour tout le temps des attentes et des incertitudes.
2°) - Désignation des Collaborateurs extérieurs
Au cours d’une séance plénière, nous avons convenu de la méthode pour organiser le recrutement des membres de la structure technique charge de la réalisation du Réna et de la Lépi. Ainsi donc, pour le recrutement des membres de la Mirena, la plénière a décidé de : recruter trois (03) agents pour réceptionner les dossiers ; limiter la durée de leur recrutement à 08 jours ; fixer leur rémunération signer un contrat de travail avec eux. Cela a été apparemment fait, en tout cas, aucun compte-rendu n’a été fait en séance plénière. Mais il se trouve que pour recruter le personnel d’appui pour jouer le même rôle dans le cadre de la collecte des dossiers de candidature pour le recrutement des agents cartographes et superviseurs, les choses se sont passées totalement autrement. En effet, deux faits ont marqué notre attention à cette occasion :
1°/ Le choix des lieux de dépôt Ces lieux ont été déterminés à notre insu ; seul le Superviseur Général et quelques uns choisis selon son bon vouloir, ont décidé à la place de la plénière.
2°/ Le choix des collaborateurs extérieurs
Contrairement à ce qui a été fait pour les dossiers des membres de la Mirena, c’est le Superviseur Général et quelques membres de la Cps qui ont choisi en catimini ces collaborateurs extérieurs. Pour preuve, c’est madame Kéké Aholou qui a recrute le personnel de l’Ouémé/Plateau et une partie du Littoral. Aucun de nous n’a pu savoir comment même les agents de nos départements de provenance ont été choisis. Nous n’avons à aucun moment été associés à cette opération. Dans Le Mono/Couffo, le Superviseur Général a avoué avoir sollicité le Ministre Davo Bernard qui n’était pas disponible, mais reconnaît également n’avoir cherché à contacter ni Tchocodo Gabriel, ni Ahossi Comlan, originaires de la même région que le Ministre Davo Bernard. Mieux, n’aurait-il pas été plus pratique d’installer les Commissions Communales de Supervision qui sont les relais de la Cps à l’échelon inferieur pour encadrer ce travail délicat comme l’ont suggéré certains membres de la Cps ? La Mirena a été déjà installée par la Cour Constitutionnelle. Pourquoi refuse-t-on habilement de la faire entrer dans ses attributions, même si pour gagner du temps, la Cps pourrait l’accompagner ? Même situation dans le Nord ou Monsieur Bako Arifari Nassirou n’a pas été associé.
3°) Du traitement des dossiers recueillis
Le 03 août 2009 à 18 heures, la réception des dossiers devrait être terminée sur tout le territoire. Mais il se trouve qu’à ce jour, les dossiers ne sont pas encore arrivés au siège provisoire de la Cps. II est en effet curieux qu’alors que les dossiers du Nord du Pays sont partiellement arrivés, ceux de l’Ouémé n’ont pas encore atteint Cotonou. Aux dernières nouvelles, ils seraient en souffrance dans le bureau de Madame Kèkè Aholou à l’Assemblée Nationale. Malgré nos protestations et celles de certains autres membres de la Cps, rien n’y fit. II semblerait même que des dossiers continuent d’être récupérés par ces circuits parallèles installés par le Superviseur Général ses complices. Notre demande de proroger le délai de réception des dossiers pour 48 heures afin de permettre a ceux qui ont été pénalisés de se rattraper, n’a reçu qu’un écho partiel de leur part. Somme toute, tout se passe dans une opacité et un aparté qui sèment le doute sur la qualité du travail et renforce la thèse de manque de transparence largement répandue dans l’opinion en ce moment.
Messieurs les présidents,
Ayant d’une part été désignés par l’Assemblée Nationale pour représenter les députés au sein de la Commission, et d’autre part prêté serment devant votre haute juridiction, et ne pouvant continuer d’observer une certaine passivité face à ce qui se révèle chaque jour comme une machination visant à compromettre la réalisation d’une Lépi transparente, consensuelle et crédible, les signataires de la présente lettre viennent vous informer de leur décision de suspendre leur participation aux travaux de la Cps. L’esprit de la loi dévoyé et les comportements du Superviseur Général et de ses complices nous obligent à prendre cette décision. Nous saisissons l’opportunité de cette correspondance pour vous réitérer notre attachement indéfectible à la réalisation d’une Liste Electorale Permanente Informatisée transparente et crédible, gage d’élections pacifiques et sincères dans notre Pays. Nous espérons avoir été assez clairs pour ne laisser subsister aucun doute dans vos esprits respectifs.
Recevez, Messieurs Les Présidents, l’expression de nos salutations distinguées
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