Le ministre de la Justice sur ‘’Zone franche’’ de Canal3: Topanou n’a pas convaincu
Le ministre de la Justice et porte parole du gouvernement Victor Topanou était hier l’invité de l’émission ‘’Zone franche’’ de la télévision Canal3. Il a abordé plusieurs questions d’actualité. Sur toute la ligne, il n’a pas convaincu. Il est passé simplement à côté de la plaque.La sortie ce dimanche du ministre de la Justice et porte parole du gouvernement, Victor Topanou, n’a rien apporté de concret à l’opinion publique nationale. De l’avis des observateurs, elle est une sortie médiatique de plus. Le ministre Topanou a apporté des réponses non convaincantes aux questions que les journalistes lui ont posées. Parlant des sorties intempestives du chef de l’Etat, il a estimé que c’est un mode de gestion en totale rupture avec les méthodes de ses prédécesseurs. Pour lui, le président Boni Yayi a démystifié le pouvoir d’Etat en le plaçant au cœur du peuple. Or, l’expérience a montré que c’est la stratégie d’un chef de l’Etat en perpétuelle campagne électorale. A cet effet, le gouvernement ne rate aucune occasion pour politiser toutes les actions qu’il pose sur le terrain au nom de l’Etat béninois. Le ministre a défendu cette attitude du Premier Magistrat de la République comme si les Béninois sont dupes. Le comble ici est que M. Topanou a déclaré que c’est le camp présidentiel qui travaille sans penser pour l’heure aux élections de 2011. Il est allé plus loin en accusant l’opposition de vouloir aller trop vite en besogne en faisant des déclarations contre le pouvoir en place. Dans ces conditions, que dit-il des marches de soutien tous azimuts en faveur du chef de l’Etat ? Que répond t-il des descentes cycliques de la Haute Autorité à l’intérieur du pays ? Comment justifie t-il le ralliement de certains députés de l’opposition à l’Assemblée nationale à la cause du président de la République ? A-t-il suivi la dernière déclaration du ministre chargé des relations avec les Institutions qui a affirmé que le Chef de l’Etat est en perpétuelle campagne afin de désavouer l’opposition ? Pourquoi l’Office de radiodiffusion et télévision du Bénin est pratiquement sous les bottes du régime du Changement ? Malgré les descentes régulières du chef de l’Etat sur le terrain, son bilan n’est-il pas catastrophique ? Dès lors, par rapport à ce volet, le ministre Topanou aurait dû chercher d’autres éléments au lieu de vouloir à tout prix trouver des poux sur un crâne rasé. Concernant le protocole d‘accord du G4 et Force-clé, le porte du gouvernement est allé tout simplement du coq à l’âne. « C’est de bonne guerre. Cela démontre la vitalité de notre démocratie », a-t-il déclaré, avant de banaliser l’acte posé par ces ténors de la classe politique nationale. Il a indiqué que la signature d’un accord est plus simple que sa mise en œuvre. Dans le même temps, il montre que les multiples signatures d’accord au sein de la mouvance ne souffrent d’aucune ambigüité. Dans ces conditions, pour lui, ce qui est vertueux dans la majorité présidentielle est diabolique au sein de l’opposition. Tout le monde a compris son jeu. Le peuple sait aujourd’hui que l’acte posé par les présidents Houngbédji, Soglo, Amoussou, Fagbohoun et Sèhouéto est historique. C’est le chemin de l’alternance au sommet de l’Etat en 2011. Les déclarations du ministre Topanou démontrent à suffisance que la mise en synergie des actions de ces grosses cylindrées de la politique béninoise donne la trouille au pouvoir en place. Pour preuve, l’invité de Canal3 Bénin peinait à trouver les arguments valables pour attaquer l’opposition dans ce domaine.
Autres volets
Les micro-crédits aux plus pauvres et l’affaire Cen-Sad ont été également abordés par le ministre de la Justice. Là encore, il a déçu les attentes. Il a soutenu que le gouvernement n’a pas politisé l’octroi des micro-crédits aux femmes. Cette déclaration peut faire même réagir un aveugle. Pourquoi c’est en période électorale que l’on pense à la couche féminine. Parlant de l’affaire Cen-Sad, Victor Topanou a fait savoir que c’est seulement le volet Centre international de conférences et Palais des congrès de Cotonou qui a posé des problèmes majeurs. Pour lui, les scandales liés aux exonérations, à la construction des villas Cen-Sad et autres, n’existent pas. Ce faisant, ce qu’il a dit est grave dans la mesure où des voix s’étaient élevées pour affirmer que le volet Cic-palais des congrès n’était qu’une infime partie du scandale Cen-Sad. En effet, le gouvernement semble faire une politique de deux poids deux mesures. Sur toute la ligne, le ministre Topanou a apporté des réponses superficielles à des questions de grande portée. C’est la preuve que le Changement est en train de tirer lentement mais sûrement sa révérence. En 2011, les partisans du Changement auront le temps de le constater.
Cécile Agossa
Journal 24 HEURES AU BENIN 14/09/09
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