Entretien avec le président du G13 : « Je ne serai jamais dans le même camp que Gbadamassi »
Depuis un moment, le débat reste focalisé sur le G13 et le remaniement ministériel qui s’annonce. Après la rumeur tendant a faire croire que ce groupe est à présent avec le docteur Boni Yayi, nous avons réussi à joindre son président l’honorable Issa Salifou actuellement en France. Selon les explications de ce dernier, jamais il ne sera dans le même camp que Rachidi Gbadamassi en 2011.Le G13 n’a jamais choisi de rejoindre le camp Yayi ! C’est du moins ce que nous a confié hier le président de ce groupe l’honorable Issa Salifou joint au téléphone. En effet, cette clarification est nécessaire dans la mesure où depuis un moment, ce groupe politique se trouve au cœur de l’actualité politique nationale et ceci, par rapport au remaniement ministériel qui s’annonce. Il était nécessaire que les populations sachent vraiment ce qu’il en est. Pour Issa Salifou, ceux qui depuis des mois annonçaient la mort de son groupe doivent avoir compris que rien n’en a été et que, au contraire, le G13 se porte bien. Il a fait allusion au cas Tokou Dari qui, depuis la dernière déclaration de l’intéressé a mis fin aux polémiques le concernant. Le président du G13 a tenu aussi à faire remarquer que effectivement, il sera à la Mecque dans les prochaines jours, mais que durant son absence du Bénin, il n’a en aucun cas négocié un rendez-vous avec Boni Yayi et qu’il n’a même pas l’intention de le rencontrer. Ceci, pour montrer jusqu’à quel point, le désaccord entre lui et le chef de l’Etat est profond. « Jamais, je ne serai dans le même camp que Gbadamassi. Cela veut dire que son candidat ne peut jamais être le mieux. Ma plus grosse erreur, c’est d’avoir aidé Rachidi Gbadamassi quand il était en difficulté au début de l’avènement du changement. A grand jamais et quoi qu’il arrive, je ne serai encore avec Gbadamassi. Ce qui se dit sur le G13 n’est qu’un montage de qui je sais. Mais la personne se trompe totalement. Je suis un homme complet et je sais où je vais et ce que je dois faire… » Dixit Issa Salifou. Une déclaration qui peut situer les uns et les autres par rapport à la position exacte du G13 aujourd’hui.
Athiémé, Demain, le climat
Le vendredi dernier, la terre a tremblé dans le sud Bénin. Cela n’a pas causé de dégâts matériels et humains. Les experts en géographie nous ont expliqué que le Bénin a seulement subi les effets secondaires d’un phénomène de glissement de couches concentriques.
Pendant que nous tentons de comprendre la situation géologique qui a effrayé nombre de nos compatriotes en éveil au moment de la secousse, voilà un autre phénomène fluvial qui a englouti Athiémé dans la furie de ses eaux. Les premiers secours sont enregistrés.
Si le phénomène de tremblement léger de la terre au Sud Bénin n’a pas causé de graves conséquences perceptibles, il n’en demeure pas moins qu’il éveille notre attention sur la corrélation » Changements géologiques et développement « . Autrement dit, le climat joue un grand rôle sur le développement durable.
Prenons le cas de la commune d’Athiémé. Au moment où le conseil communal élaborait son plan de développement communal, il n’avait pas intégré le facteur de l’inondation, du moins à grande échelle. Les précipitations fortes qui ont fait sortir le fleuve de son lit ont perturbé ainsi le développement harmonieux de la commune. Les producteurs sont ainsi réduits à l’impuissance. Les secours occasionnels ne pourront pas régler les pertes enregistrées. Les prévisions agricoles sont ainsi perturbées. Le schéma directeur des projets locaux de développement est appelé à être révisé. Le désespoir a élu domicile. L’espoir même s’il va renaître est déjà assujetti aux aléas climatiques.
Cette observation permet de tirer de grandes conclusions. Il n’est plus possible de concevoir un plan de développement au niveau local ou national sans intégrer le paramètre des changements climatiques. Ce qui suppose qu’au ministère du plan, il est important qu’il y ait un point focal dynamique et non démagogique des changements géologiques ou climatiques.
La remarque est aussi valable pour les conseils communaux ou municipaux. Les services environnementaux de ces institutions locales sont contraints de renforcer leur capacité en matière de prévision des catastrophes liées aux changements climatiques. Si la prospective a ses limités, il n’est pas une raison pour ne pas explorer tous les contours de la prospective positive. Les services en charge de l’environnement au niveau local doivent prendre conscience de leur nouveau rôle au moment de la conception des plans de développement. Elaborer des scénari pessimistes et se préparer à maîtriser ses effets, voilà entre autres le défi majeur de l’équipe d’experts qui se proposera d’appuyer l’équipe municipale ou communale.
L’intercommunalité est un outil de coprospérité. Elle constitue aussi un autre moyen d’assistance aux communes victimes des effets des cahotements climatiques. Dans le cas d’espèce, on est en droit de se demander avec quelles communes, Athiémé est en coopération pour obtenir une assistance de proximité. Quoi qu’il en soit, le climat devient de plus en plus un facteur déterminant de l’aboutissement des plans d’émergence locale. Le cas d’Athiémé est une illustration de la nécessité pour les concepteurs de développement de faire un effort pour distinguer l’essentiel du superflu, l’essence de la substance, l’esprit de la lettre afin que les effets du climat soient contenus pour le bonheur des populations.
Journal LA PRESSE DU JOUR 14/09/09
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