Confrontation hier à la gendarmerie entre les conseillers de Dangbo :Le maire Gnonlonfoun et son C/saf en garde à vue

Publié le par MJPAC-ABT

D’intrigues en intrigues, le conflit qui oppose les conseillers communaux de Dangbo et qui les a conduits à la gendarmerie a atteint hier lundi 14 septembre 2009 son point culminant. Le maire Clément Gnonlonfoun et son chef de service financier accusés de détournement de deniers publics sont gardés à vue et seront présentés au procureur dans les heures à venir.
Le maire Clément Gnonlonfoun et son chef du service administratif et financier le Sieur Hubert Dagninou ont passé la nuit d’hier à aujourd’hui en garde à vue à la compagnie de gendarmerie de Porto-Novo. C’est à l’issue de plusieurs jours d’audition et la confrontation de la journée d’hier que le Commandant adjoint de la compagnie, le lieutenant Dossou Yovo a pris la décision de les garder pour les présenter dans les heures à venir au procureur de la République près le tribunal de première instance de Porto-Novo pour toutes fins utiles. C’est déjà à 09 heures hier que tous les élus locaux de Dangbo et leur maire Clément Gnonlonfoun s’étaient présentés à la gendarmerie. Mais, c’est seulement à 13 heures 12 minutes qu’ils vont confronter leurs déclarations devant l’autorité. Quatre questions seulement leur ont été posées et c’est vers 19 heures qu’un premier point sera fait. Les gendarmes conviés à la tâche ont ensuite passé quarante cinq minutes en retrait pour apprécier et décider de la suite. C’est alors qu’ils ont invité les protagonistes à signer le procès verbal final. On était déjà autour de 21 heures. Le maire Clément Gnonlonfoun et son C/saf qui ont paraphé les documents en dernière position ont été gardés sans autres explications. Quand le premier adjoint Emmanuel Voglozin a voulu en savoir plus sur leur cas, on lui a plutôt demandé de revenir ce matin vers 09 heures. Et tous les autres conseillers de Dangbo ont été priés de vider les lieux. Selon certaines indiscrétions, c’est le flou autour des signatures du maire Clément Gnonlonfoun retrouvées sur des mandats et certaines factures qui l’auraient compromises. Et son chef de service administratif et financier a affirmé au cours des confrontations qu’il a opéré les décaissements sur instructions du maire. Et malgré les arguments de ce dernier pour prouver le contraire, il n’a pas pu se tirer d’affaire. Pendant l’interrogatoire, Clément Gnonlonfoun a nié d’avoir gérer le dossier de connivence avec le Sieur Hubert Dagninou. Pour le maire de Dangbo, ses signatures ont été falsifiées. Raison pour laquelle il a exhibé plusieurs demandes d’explication qu’il aurait adressés à son C/saf. Dans la même logique, Clément Gnonlonfoun a montré une note de service signée de lui qui oblige le Sieur Hubert Dagninou à reverser les fonds décaissés. Avec en plus une quittance qui justifie que les fonds décaissés sont bel et bien retournés. Autant de pièces qui n’ont pas suffit pour le laver de tous les soupçons. Parce qu’il n’avait pu trouver les moyens pour convaincre les officiers de police judiciaire que ses signatures ont été imitées.

De nouvelles charges contre le maire Gnonlonfoun
Alors que les gendarmes ne parvenaient pas à fixer les responsabilités pour ce qui concerne les signatures, le chef du service administratif et financier a fait d’autres révélations sur lui. C’est hier que tous les autres conseillers ont appris qu’il aurait perçu, en plus en double emploi, des primes et autres émoluments pour des indemnités de téléphone, d’électricité et d’eau. En exhibant les preuves de ces forfaits, le Sieur Hubert Dagninou a expliqué que son maire a d’abord émargé sans attendre la signature des documents fondamentaux. Quand ces derniers ont été finalement apprêtés, Clément Gnonlonfoun aurait émargé une seconde fois et se serait fait une nouvelle fois payer. Sans que son C/saf n’oppose une fin de non recevoir et a pris la décision de se taire sur le forfait jusqu’à hier. Il n’en a d’ailleurs pas fait cas lors des auditions individuelles.

Dangbo en ébullition depuis hier
L’annonce de la nouvelle de l’arrestation du maire Clément Gnonlonfoun a créé une psychose générale au sein du groupe G 13 et alliés de la commune de Dangbo. Tout le monde est sur pied de guerre. Vers 22 heures, après des coups de fil incessants, certains grands militants du G 13, du G 4 et de Force Clé se sont retrouvés en réunion dans une maison non loin de la mairie. Même des personnes non concernées par la situation pouvaient prendre part aux discussions à l’issue desquelles elles se sont données rendez-vous ce matin à l’hôtel de ville de Dangbo pour marcher sur la région en guise de protestation. L’information a vite circulé et les éléments des services spéciaux sont entrés dans la danse. Ils sont un certain nombre d’agents dépêchés hier, sur place pour veiller au grain. Ils agissaient même à visage découvert et posaient des questions au premier venu. Ce qui n’inquiétaient guère les rebelles qui sont prêts, disait-on partout hier soir à Dangbo, pour en découdre avec le Changement. Parce qu’au-delà desdites affaires de malversations, on n’hésite pas à déclarer que le maire Clément Gnonlonfoun a été victime de ses prises de position contre le pouvoir Yayi Boni. Pendant que les hommes politiques étaient en conclave, les sages, notables et chefs religieux de l’arrondissement central de Dangbo se penchaient aussi de leur côté sur l’arrestation du maire Clément Gnonlonfoun. Il était impossible de savoir jusqu’au bouclage la position prise à cette rencontre secrète. Mais des indiscrétions font état de ce que ces leaders d’opinion soutiennent plutôt l’arrestation du maire Clément Gnonlonfoun. Joint, le pasteur Simplice Codjo, conseiller Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) de l’aile dur de l’opposition à Clément Gnonlonfoun affirme que ce sont les malversations dénoncées par son groupe qui ont eu raison de leur maire. ‘’ Comme on disait il y a quelques semaines, il ira en prison à cause du détournement de la somme de 2 640 000 f cfa’’ a-t-il déclaré. Après le mouvement, les deux camps antagonistes pourraient faire des déclarations à la presse.

Front uni des maires de l’Ouémé et du Plateau
Au moment où Clément Gnonlonfoun et le Sieur Hubert Dagninou passaient leur première nuit au violon, les autres maires des deux départements, toutes tendances confondues, s’inquiétaient sur leur sort. Selon des sources crédibles, un front des maires vient de naître pour soutenir Clément Gnonlonfoun dans ses épreuves actuelles. Joint, un maire Fcbe de l’Ouémé regrette l’issue de cette crise à Dangbo et affirme qu’aucun d’eux n’est à l’abri d’une situation pareille. ‘’C’est pourquoi je pense qu’il faut faire fi des intrigues politiques pour voir la réalité en face. Je crois que nous devons nous organiser pour éviter que le maire de Dangbo aille en prison’’ a-t-il indiqué. Pour un autre maire du G 4, c’est la façon dont son collègue G 13 a été humilié qui doit d’abord préoccuper. ‘’ Et nous avançons vers le blocage de toutes les mairies s’il n’est pas libéré dans la journée du mardi’’ a-t-il laissé entendre. Selon les mêmes indiscrétions, un groupe de maires a été désigné pour être ce matin au chevet de Clément Gnonlonfoun à la compagnie de la gendarmerie de Porto-Novo. Un autre devrait être chez le préfet des départements de l’Ouémé et du Plateau François Houessou que certains accusent déjà d’être à la base des déboires de Clément Gnonlonfoun. Parce qu’une fois la conciliation échouée, le préfet était absent à la rencontre du vote de défiance du maire et ne s’est pas fait représenter. Simplement parce que le camp des rebelles qu’on le soupçonne de soutenir avait déjà perdu la majorité requise pour passer à la destitution du maire Clément Gnonlonfoun.

Jean-Christophe Houngbo (Br.Ouémé-Plateau)
Journal LE MATINAL 15/09/09
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Publié dans Politique nationale

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