Crise au sein du Cps: La fiabilité de la Lepi hypothéquée
Le torchon brûle entre les membres du Comité politique de supervision (Cps) qui est l’organe faitière de la réalisation de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi). Aujourd’hui cet organe sombre dans une crise qui amène à se demander si la crédibilité des élections de 2011 n’est pas en train d’être entachée.Les prochaines joutes électorales qui vont permettre de connaître le successeur de Boni Yayi seront-elles crédibles avec les réalités actuelles ? La Liste électorale permanente informatisée (Lépi) pourra-t-elle conduire effectivement à l’élection présidentielle transparente et crédible en 2011 ? Cet instrument électoral sera-t-il au grand rendez-vous de 2011 ? Ces différentes interrogations trottinent dans la tête des Béninoises et des Béninois depuis quelques jours. Et pour cause, le Comité politique de supervision (Cps) qui doit conduire le processus de réalisation de la Lépi est en train de traverser une crise sans précédent. En effet, tout a commencé par la suspension des travaux des députés Basile Ahossi, Timothée Gbèdiga, et Gabriel Tchocodo de l’opposition au sein du Cps. Selon ces derniers, le superviseur général du comité, Epiphane Quenum fait une gestion opaque, et n’exécute pas les décisions prises en plénière. Ceux-ci dénoncent la manière dont les dossiers à candidature ont été réceptionnés. Or, disent-ils, la Lépi est un instrument très sensible et donc sa réalisation ne doit en aucun cas souffrir d’une quelconque légèreté. Dans l’une de leurs correspondances, les députés mécontents, affirment que c’est pour ne pas cautionner la réalisation d’une Lépi truquée avec tous les risques de déstabilisation que cela comporte, qu’ils ont décidé de sursoir à toute activité du Cps. Comme pour clarifier la situation et donner sa part de vérité, le superviseur général, Epiphane Quenum a animé une conférence de presse le lundi 14 septembre 2009 dernier. Dans ses explications, il a rejeté en bloc les accusations des trois députés de l’opposition. En effet, il pouvait dire qu’il n’a jamais fait une gestion opaque ni manqué de respecter les décisions prises en plénière.
Des inquiétudes
A cause de la crise que traverse l’organe faitière de la réalisation de la Lépi, nombre de Béninois se posent plusieurs questions. Dans ces conditions la prochaine élection présidentielle de 2011 pourra-t-elle se dérouler dans de bonnes conditions ? Ce comité pourra-t-il doter le Bénin d’une Lépi objective et crédible ? Quel type de Lépi le superviseur général Epiphane Quenum et ses collaborateurs pourront-ils réaliser ? Et pour quelles élections ? La situation est tellement et les autorités à divers niveaux doivent se sentir interpellées car, ça n’arrive pas qu’aux autres.
Isabelle AHOUNOU
Journal 24 HEURES AU BENIN 16/09/09
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