''Comme je le pense : Triste singularité d'un régime
A défaut de soumettre certains maires de l’opposition, le gouvernement du Changement veut recourir à la logique du déplacement de l’agressivité. Cette dernière intervient quand dans un contexte de défiance et de méfiance, on a échoué après avoir tout tenté.En effet, coupé des réalités et stratégies politiques, le gouvernement du Changement veut accorder plus d’importance aux relais de l’embastillement. Les délits à exhumer et les flics vont devenir des subtilités pour casser le moral des maires qui refusent de s’embarquer.
A ce rythme, une vingtaine de maire de l’opposition doivent s’attendre à la taille des faucilles. L’intérêt à l’acharnement contre les maires de l’opposition ne date pas de maintenant. Il est devenu depuis la première mandature de la décentralisation, un jouet pour le courant qui est au pouvoir.
En dépit des intérêts inavouables, le précédent régime de Mathieu Kérékou a su gérer les antagonismes avec maestria. Par contre, l’actuel qui n’a aucune expérience sur le damier politique et qui voit son pouvoir s’étioler et s’effriter préfère surfer sur un front pieux, celui de l’intimidation. Comme cette dernière ne marche pas, le déplacement de l’agressivité pour parvenir à ses fins, passe par le goulag. Le maire G 13 de Dangbo vient d’en faire les frais.
Le déplacement de l’agressivité dans le cas du régime du Changement qui veut mettre au pas les maires de l’opposition peut avoir deux explications. D’abord, les édiles proches du courant qui refuse d’être sous les rotules du Changement sont considérés par le pouvoir de Boni Yayi comme les cartographes politiques puisqu’ils ont un rôle capital à jouer dans l’organisation des élections.
Dans la mission d’indicateur, de quadrillage, d’empêcheur de tourner en rond et de démantèlement des bureaux électoraux mobiles de la mouvance (ce n’est pas un euphémisme disgracieux), les patrons de l’hôtel de ville proches des adversaires du gouvernement deviennent une cible de choix.
L’autre élément d’appréciation, c’est que le gouvernement de Boni Yayi dont la virginité n’est plus à démonter n’arrive pas à quadriller le territoire pour la simple raison qu’il est un mauvais négociateur ou un négociateur qui n’a ni de parole ni de signature. Dès lors, sa politique pour avoir les grands seigneurs et barons du landerneau béninois échappe à son ignominieux marché. On comprend dès lors pourquoi le gouvernement prend le fouet et la lanière pour tenter de rendre dociles les maires.
Titus Folly
Journal LE GRAND JOURNAL 16/09/09
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