Déclarations de Mathieu Kérékou au Palais de la République: Les faux espoirs des Cauris (Boni Yayi en mauvaise posture)

Publié le par MJPAC-ABT

A la sortie de son entretien avec le président Boni Yayi, le général Mathieu Kérékou a fait une déclaration qui a fait croire certains Cauris, d’un soutien franc de l’ancien chef de l’Etat à son successeur Boni Yayi. C’est bien là une myopie politique pour ceux qui ne connaissent pas le "Caméléon", l’énigmatique animal politique de notre pays qui s’est toujours adapté à toutes les circonstances.
« Certains crapules parmi nous parlent… le président est là. Nous on est avec le président ». Ainsi parlait l’homme du 26 octobre à sa sortie de l’audience que lui a accordée son successeur Boni Yayi, il y a quelques semaines. Les propos du "Caméléon" n’engagent que ceux qui y font foi. D’ailleurs, il ne peut en être autrement car, comme ’’l’animal’’ lui-même, Mathieu Kérékou "prend’’ toujours la couleur du milieu dans lequel il se retrouve. Il s’adapte à toutes les situations qui se présentent à lui. De ce fait, ceux qui se réfèrent aux propos de Mathieu Kérékou tenus au Palais de la République afin de se doper le moral se trompent largement.
En 30 années de gestion du pouvoir d’Etat, peu de personnes peuvent prétendre connaitre la pensée de l’ancien grand camarade de lutte de la révolution populaire du Bénin. L’homme de Kuarfa est resté une énigme pour ses collaborateurs et pour la nation béninoise. Ses proverbes et autres paraboles continuent d’être un casse-tête car incompréhensifs et très difficiles à décoder ou à lire.

L’illusion
La récupération politique que tente de faire les Cauris de la rencontre entre Boni Yayi et Mathieu Kérékou comme un soutien de ce dernier à leur leader est une grave erreur qui risque de leur porter préjudice. Selon certaines personnes qui ont eu à travailler avec l’homme des filaos, ce dernier a toujours fait le contraire de ce qu’il dit. Plusieurs exemples existent à cet effet. On se rappelle encore des déboires de Mme Rosine Soglo sur le décret d’application de la loi sur le statut de l’opposition, du dossier du transfert du marché Dantokpa à la mairie de Cotonou ainsi que le dossier Amani Tidjani Assani dans lequel le grand camarde de lutte affirme n’être pas au courant, alors que tout le monde sait qu’il a les meilleurs services de renseignements de la sous-région. Il n’est pas question de rappeler le fameux débats sur la modification de la Constitution et bien d’autres exemples.

Le cas du Prd, Psd le Madep et autres
Ces trois formations politiques ont connu des aventures diverses avec le général Mathieu Kérékou qui peuvent se résumer en un seul point : le non respect de la parole donnée et des engagements pris. Il n’est plus utile de rappeler le cas du Prd depuis la formation du premier gouvernement de Kérékou 2 ainsi que la guerre pour un dauphin qu’il a su entretenir entre Pierre Osho, Bruno Amoussou et Adrien Houngbédji. On se rappelle encore de l’émiettement de l’électorat du Psd et du Prd à travers la création des partis politiques comme le Madep dans le Plateau et l’Upd-Gamèsu dans le Mono. Les déboires successifs de Séfou Fagbohoun malgré les assurances de son ami traduisent la réalité. C’est d’ailleurs ce qui justifie en partie l’unicité d’actions de ces trois formations politiques au sein du G4.

Yayi sur la pente
Si Mathieu Kérékou a pu dribler politiquement tout ceux envers qui il est redevable pour revenir au pouvoir, qu’en serait-il alors d’un Boni Yayi à qui il ne doit rien et qui menace ses intérêts dans certaines mesures ? Le La campagne de dénigrement organisée à son endroit au lendemain du 6 avril 2006, le dossier "Défi emploi jeunes escorte du Bénin", les campagnes de dénigrement des membres du gouvernement contre la gestion du Caméléon, la tentative de vouloir ressusciter l’affaire Aïkpé pour le discréditer aux yeux de l’opinion publique et les diverses maladresses politiques des thuriféraires du régime du Changement, constituent autant de griefs que l’ancien chef de l’Etat ne peut pardonner à son successeur. On avait pensé qu’avec la médiation du président libyen Moammar Kadhafi et de certains chefs d’Etat africains, le différend entre les deux hommes serait réglé. Bien au contraire la guéguerre entre les deux hommes ne fait que commencer. Selon certaines indiscrétions l’homme du 26 Octobre aurait déclaré aux médiateurs venus le rencontrer que : « avant que le linge sale soit lavé en famille, il faut savoir celui qui l’a sali ».

L’inévitable candidature de Bio Tchané
Compte tenu des circonstances actuelles, quelle pourrait être la réaction du général Mathieu Kérékou vis-à-vis de celui qu’il a aidé à accéder au pouvoir ? En bon stratège et fin politicien, il ne peut qu’œuvrer pour le départ de Boni Yayi. D’où son soutien pour la probable candidature du président de la Boad, Abdoulaye Bio Tchané. Il n’y a plus de doute à cet effet. En manœuvrant ainsi, le général vise peut être deux objectifs : se racheter auprès de Bruno Amoussou et Adrien Houngbédji d’une part et préparer un dauphin d’autre part.

Judicaël ZOHOUN
Journal 24 HEURES AU BENIN 17/09/09
Publicité

Publié dans Politique nationale

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article