Gestion des sociétés d’Etat: La mauvaise gouvernance reprend ses droits

Publié le par MJPAC-ABT

La mauvaise gouvernance a atteint la porte du non retour au Bénin. Les populations continuent de subir les affres du délestage et autres comportements qui contrarient les efforts de développement.
Au moment où le chef de l’Etat parle de prospérité partagée, certaines localités du pays continuent de souffrir le martyre en matière d’énergie électrique. C’est le cas de la capitale économique qui est soumise au délestage depuis quelques jours. Pour vaquer à ses occupations en effet, c’est la croix et la bannière. Les populations d’Akpakpa et celles d’Agla, des localités de Cotonou pour ne citer que celles-là ont été assujetties à de longues heures de délestage en début de cette semaine. Et pourtant, le secteur de l’énergie est vital pour l’émergence prônée par le chef de l’Etat qui, apparemment est incompris. Ses collaborateurs n’accompagnent toujours pas les initiatives mises en place pour booster le développement du pays. Une situation qui est en parfaite harmonie avec les coupures intempestives d’énergie électrique que les populations observent depuis quelques jours. Or, tenant compte des expériences amères du délestage, un certain nombre de projets avaient été initiés pour contourner cette difficulté qui occasionne d’énormes manques à gagner aux opérateurs économiques. Il s’agit du projet du barrage d’Adjarrala et l’installation d’une centrale thermique à Allègléta. Deux projets d’envergure qui peinent à sortir de la terre.

Une conspiration préjudiciable à l’économie nationale
L’économie nationale perturbée depuis quelques années par la crise économique mondiale est en passe de connaître une chute libre. Si rien n’est fait pour arrêter la saignée le panier de la ménagère va davantage s’amenuiser. En témoignent les énormes préjudices causés aux opérateurs économiques par le délestage qui a repris de plus bel. De ce fait, nombre sont ceux qui ne vaquent plus à plein temps à leurs activités. Cette crise sans précédent du secteur de l’énergie est en passe de porter un sérieux coup à l’économie et au développement du pays. De ce fait, la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee) qui avait échappé à une liquidation dans les années 90 du fait de la mauvaise gestion qui l’a caractérisée semble retomber dans l’escarcelle de l’impérialisme économique après bien sûr que le gouvernement y ait englouti plus de 70 milliards de nos francs. Un investissement de taille dont les effets peinent à prendre. S’il est vrai que le peuple subit sans réagir les effets du délestage, il est aussi vrai que la société est défaillante en matière d’équipements devant couvrir l’entièreté des besoins des consommateurs au moment où elle a relevé sa grille tarifaire au grand dam de ses limites. Au-delà du relèvement tarifaire, il est indispensable que la Sbee complète le gap en renforçant ses capacités. Aussi, doit elle tout mettre en œuvre pour gérer non seulement la distribution de l’énergie électrique, mais surtout disposer des moyens pouvant lui permettre de produire l’électricité pour éviter une éventuelle liquidation. Sinon à l’allure où vont les choses, si le gouvernement enclenche le processus de liquidation de la société, il aura inéluctablement le soutien du peuple qui a trop souffert du fait du délestage.

Le cas du Port autonome de Cotonou
Tout comme la Société d’énergie électrique, les efforts du développement du Port autonome de Cotonou (Pac) sont contrariés par certaines pratiques qui augurent d’un lendemain incertain pour le poumon de l’économie nationale. Au Pac la réalisation de nombreux projets sont en souffrance du fait du manque d’initiatives de certains responsables tapis dans l’ombre au sommet de l’Etat. Le projet qui retient l’attention ici est la création d’un centre informatisé pour la gestion des camions poids lourds. Un projet don le coup global est estimé à 7 milliards de francs Cfa dont l’aboutissement devrait en réalité créer plus de 50 nouveaux emplois fixes au départ et environs 500 à long terme au Pac. Ce projet a été initié pour accompagner sans doute la modernisation de l’enceinte portuaire. Un projet de réforme qui aurait même déjà reçu l’accord du conseil des ministres. Il ne reste qu’une simple lettre de l’autorité de tutelle pour l’étude d’implantation et le démarrage des travaux. Comment peut-on réaliser le Bénin émergent si des autorités s’enferment dans des méthodes d’une autre époque en dépit des engagements pris vis-à-vis de la Haute Autorité et du peuple lors de leur prise de service ? Voilà qui dénote de l’incapacité de certains collaborateurs du chef de l’Etat à suivre la vision de la prospérité partagée prônée par le Premier Magistrat du pays.

Odi I. AÏTCHEDJI
Journal 24 HEURES AU BENIN 18/09/09
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Publié dans Politique nationale

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