Non adhésion des G et F à la semaine de la Paix au Bénin : Seul Moukaram au front, des soupçons pèsent sur Gogan

Publié le par MJPAC-ABT

Le conseil municipal  de Porto-Novo a décidé le samedi 19 septembre de ne pas prendre part à la cérémonie officielle  de lancement de la semaine internationale de la paix sur l’esplanade de l’Assemblée nationale où le maire Moukaram Océni devrait prendre le flambeau symbolique. A la grande surprise c’est son homologue d’Adjarra qui a reçu la flamme avec le soutien des autres maires dont ceux des G et F.
En sa qualité du premier citoyen de la capitale du Bénin, le maire Moukaram Océni devrait recevoir le flambeau de la paix des mains du président de l’Assemblée Nationale. Mais le conseil municipal  qu’il dirige en a décidé autrement au cours d’une conférence de presse donnée le samedi 19 septembre 2009. Ce conseil considère cette initiative comme visant à camoufler à l’opinion nationale et internationale la situation de frustration générale, d’intolérance politique et d’injustice qui règne au Bénin sous le régime actuel du changement. La municipalité de Porto-Novo en veut pour preuve, l’interpellation du maire de Dangbo jeté en prison dans des conditions inhumaines et dégradantes à cause d’un problème simple habillé à dessein par le camp en face après avoir échoué dans le processus devant aboutir à sa destitution programmée. « J’ai visité le maire de Dangbo. Il avait passé sa première nuit  dans un conteneur à la gendarmerie. Il a fallu des négociations pour qu’il soit déplacé dans le bureau d’un commandant. Or c’est d’un élu communal  qu’il s’agit. Tout ceci n’est pas de nature à garantir la paix surtout lorsque cela se passe à quelques jours de la cérémonie officielle de lancement de la semaine de la paix», a déploré le maire Océni. C’est d’ailleurs ce dernier épisode de frustration politique que le maire de la ville de Porto-Novo considère comme la goute d’eau qui a fait déborder le vase.  « Dans cette même ville, vous retrouverez dans une même famille, dans la même concession, des musulmans, des chrétiens et des animistes se côtoyer sans aucune discrimination. Porto-Novo est une Cité de Paix et la demeurera pour toujours. C’est dans cette Ville de Porto-Novo que des groupes politiques différents se côtoient, se rencontrent, s’embrassent et s’échangent des tee-shirts sans animosité ni bagarre. Cette pacification qui caractérisait Porto-Novo est malheureusement du passé aujourd’hui. En 2007, lors des dernières élections législatives, des gros bras débarqués de Cotonou sous le contrôle d’un groupe politique avaient attaqué la caravane d’un autre parti en pleine activité politique à Porto-Novo dans l’impunité totale. Les images têtues sont toujours là pour l’attester. Mais à la grande surprise de tout le monde, ce sont les victimes qui sont jetés en prison pour sept (7) mois. C’est toujours dans ce même pays qu’après les élections municipales, on a décidé, au mépris des textes de n’installer les conseils communaux que là où le pouvoir Fcbe a la majorité. Les autorités de la Ville de Porto-Novo, soucieuses du développement de leur Cité avec à charge la résolution des équations de tous les événements programmés pour 2010, ne comptent pas se laisser divertir et se distraire par quelque événement que se soit qui n’apporte rien à son développement. La Ville de Porto-Novo à l’instar des autres villes du Bénin demeure et reste une Cité calme sereine ou cohabite une population qui aspire à la Paix chaque fois et toutes les fois » a dit le maire Moukaram Océni pour justifier sa non adhésion à cette initiative. Il a toutefois  manifesté l’hospitalité légendaire de sa commune aux organisateurs, laissant livre cours  à ceux qui veulent accompagner le flambeau de la paix pour lequel il souhaite une bonne continuation.
Gogan dans le rôle de Juda
Au nom de l’Association des maires de l’Ouémé-Plateau, le président Albert  Gogan a pris des mains du président de l’Assemblée le flambeau de la paix. Il était soutenu pour la circonstance par la quasi-totalité de ses pairs. Dans son discours d’engagement pour la promotion de la paix, il n’y a pas eu la moindre référence aux faits et les évènements dénoncés par le maire de Porto-Novo. La mobilisation de tous les  maires G et F de l’Ouémé-Plateau, sauf celui de Adja Ouèrè  contraste avec l’absence remarquable des députés G et F qui ont tout simplement boycotté la cérémonie. La présence de l’honorable Houndété et celle du député  Ismaël Tidjani Serpos pourrait créer la confusion dans la tête de ceux qui ne savent pas qu’ils sont membres du comité d’organisation. Et c’est ce que l’honorable Houndété a relevé dans son intervention. Mais on est à mille lieux de comprendre que les maires G et F, à défaut d’être solidaires vis-à-vis de leur collègue de Porto-Novo n’ont pas  développé  une démarche unitaire conformément à  l’attitude de leurs leaders de l’opposition, leurs députés et même leurs populations qui ont tous boycotté le lancement de cette caravane hebdomadaire de la paix qui va échouer dans les entrailles de la Présidence de la République. Déjà, le maire Gogan et certains maires G et F sont soupçonnés d’avoir pactisé avec les adversaires politiques de leurs partis d’origine dans cette affaire de flambeau de paix surtout qu’ils n’étaient pas désignés au début pour prendre le relai de la flamme de la paix organisé par le Haut commissariat à la gouvernance concertée en collaboration avec le Pnud.

Une initiative que ne reconnaissent pas les G et F

Les responsables des partis réunis au sein de l’Alliance «Union fait la Nation»  ne sont pas associés à cette initiative de la semaine de la paix. Ils l’ont fait savoir dans une correspondance en date du 18 septembre 2009 et signé de Antoine Kolawolé Idji, qu’ils ont adressée à la Représentante résidante du Pnud au Bénin. Ils voient derrière l’initiative, une manœuvre politique qui vise à crédibiliser le régime en place et son chef comme artisan de la paix.

Collectif des partis politiques            Cotonou, le 18 Septembre 2009
de l’Union fait la Nation (UN)
COTONOU

A
Madame le Représentant Résident du PNUD-BENIN
(Attention Organisateurs de la Journée Internationale de la Paix)
       COTONOU

Objet : Célébration au Bénin de la Journée Internationale de la Paix

Madame le Représentant Résident,

Nous avons été informés depuis quelques jours des préparatifs de la célébration de la Journée Internationale de la Paix. Ce faisant, le Bénin sacrifie à une tradition internationale et donne par ces festivités la preuve de son attachement à la paix que les Béninoises et les Béninois ont plutôt promu, cultivé et sauvegardé depuis les assises de l’historique Conférence  des Forces Vives de la Nation de Février 1990. Nous adhérons, par conséquent, à toutes initiatives visant à préserver à tout prix la paix et à prévenir les troubles sociaux et les conflits.

Les manifestations de cette année, auront, semble-t-il, un cachet spécial, avec des activités chargées de symboles forts qui tranchent avec la réalité du vécu quotidien de nos institutions et de nos populations.

En effet, si les manifestations sont organisées telles qu’elles sont annoncées, la célébration de cette fête à laquelle vous êtes invitée par le gouvernement à donner votre caution, donnerait l’impression que le Bénin vit dans un climat apaisé. La célébration que le gouvernement fait couvrir par l’aura et la crédibilité de votre institution, servira sans aucun doute à faire une campagne promotionnelle des intentions pacifiques qu’il n’a pas, enverrait dans l’opinion nationale et internationale l’image que le Bénin est dirigé par des personnalités pacifistes, ayant le sens du fair play, du consensus, recherchant la paix et travaillant pour la concorde nationale.

Or, comme vous le savez vous-même, la première source des situations de tension et de trouble restent le Président de la République et son gouvernement. C’est le Président YAYI qui, par sa conception particulière du pouvoir, sa préférence pour les passages en force plutôt que le dialogue et la négociation, a porté ces dernières années, de rudes coups aux libertés publiques, à la bonne gouvernance, à l’esprit de paix et à la démocratie. C’est le régime du Président YAYI qui a multiplié les actes de provocation à l’égard des associations, des organisations non gouvernementales, des syndicats et des partis politiques.

Qui est responsable des sorties belliqueuses et injurieuses des ministres et autres thuriféraires du régime diffusées à longueur de meetings et de marches de soutien ? Qui est responsable de la caporalisation des organes de presse de service public qui servent de support à l’intoxication et pour discréditer constamment les acteurs politiques ayant des avis contraires à ceux du gouvernement ?

La volonté manifeste  de contrôler à tout prix et de mettre sous coupe réglée les institutions de contre-pouvoir  a conduit le gouvernement à s’écarter de la morale politique et des vertus démocratiques. L’Assemblée Nationale que le Président de la République a voulu transformer en une banale caisse de résonnance a fait et continue de faire l’objet d’une tentative de caporalisation.

La Cour constitutionnelle a également été victime de l’unilatéralisme, de l’absolutisme et de l’absence de fair play de l’équipe au pouvoir. En témoignent le passage en force et la précipitation qui ont caractérisé la nomination de ses membres, recrutés en violation de la loi, exclusivement parmi les plus actifs partisans du Président de la République. Tous ces actes ne sont rien d’autre que l’expression de l’intention du Président YAYI de réduire les sages de la Cour au silence afin de les rendre complice des forfaitures savamment planifiées, mais contre lesquelles notre peuple et sa classe politique restent vigilants.

Comment peut-on envisager la célébration de la Journée Internationale de la Paix et mettre en grande vedette le Président de la République, sans avoir à l’esprit la gestion catastrophique des élections municipales, la prise en otage des communes et la manipulation par voie contentieuse des résultats sortis des urnes ?

Pourrait-on faire croire à notre peuple qu’est désormais homme de paix, un citoyen qui, bien qu’investi des plus hautes charges de la République, fait constamment obstruction et barrage à l’application de la loi ?

Madame le Représentant Résident, notre peuple n’a pas oublié quel fut le rôle prépondérant du Président de la République dans la non installation des conseils communaux et municipaux pourtant élus ?

Nous nous permettons simplement de vous rappeler que dans l’imaginaire et la conscience de ce peuple, le Président de la République est directement responsable des déviances, des tensions et des actes de violence électorale qui ont émaillé les législatives de mars 2007 et les élections municipales, communales et locales d’avril 2008. Ces deux élections, comme par hasard, sont organisées sous sa présidence. Elles sont, toute proportion gardée, les consultations électorales les plus violentes et les plus éprouvantes non seulement pour la démocratie, mais surtout pour l’unité de notre peuple et la paix dans notre pays. Car, en effet, plusieurs militants de partis opposés au gouvernement ont subi des pressions et harcèlements de tout genre, d’autres ont été  injustement jetés en prison. Ailleurs, des élus ont été chassés à coup de bâtons par des pseudos contestataires montés, manipulés et alimentés en sous mains par les mêmes autorités chargées de veiller à l’application de la loi et au maintien de l’ordre publique.

C’est pour toutes ces raisons, que la dimension qu’on vous amène à donner à cette célébration paraît décalée et déconnectée par rapport à la réalité de notre pays.

De quoi notre pays a-t-il besoin aujourd’hui ? Notre pays a besoin d’un respect plus scrupuleux de la loi par tous les acteurs de la vie politique nationale, à commencer par le chef de l’Etat. Notre pays a besoin d’initiatives hardies pour prévenir les conflits dont les germes apparaissent déjà aujourd’hui par l’accumulation des frustrations, des injustices, de violations graves de la loi, de l’atmosphère d’intolérance et d’instrumentalisation des institutions du pays.

Madame le Représentant Résident, ce que notre peuple peut attendre de la Communauté internationale en général et du Système des Nations Unies en particulier, ne se situe pas dans des activités de pure forme, combinant accessoires et symboles spéculatifs qui seront vite récupérées par la propagande officielle afin de semer la confusion. Ce que les Béninois et l’écrasante majorité des acteurs politiques veulent, c’est un dialogue politique sincère, empreint de respect mutuel, dans une atmosphère de tolérance qui permette la restauration pleine et entière des acquis de la Conférence Nationale. Il s’agit, nous semble-t-il, des meilleures bases et des poutres les plus solides pour préserver la paix.

C’est pourquoi, nous nous démarquons de l’option folklorique et hypocrite de la célébration, cette année, de la Journée Internationale de la Paix au Bénin. Nous voulons construire une paix durable dans notre pays, fondée sur les valeurs de liberté, de tolérance, de justice et de non-exclusion.

Veuillez agréer, Madame le Représentant Résident, l’assurance de notre haute considération.

 Pour les Partis membres de l’Union et PO

Antoine Kolawolé IDJI

Des exemples de menaces sur la paix et la concorde nationale

1. Violations constantes des lois de la République. L’exemple qui reste en mémoire de plus d’un Béninois est l’installation tardive (plus d’un an) des conseils communaux contrairement à ce qu’a prévue la loi électorale

2. L’installation du DG de la Douane à l’aide de détachement militaire. Les douaniers contestaient la nomination de l’un des leurs qui a déjà fait valoir ses droits à la retraite. Tous les syndicats de la douane étaient opposés à la décision du Chef de l’Etat qui l’a néanmoins appliquée non pas par le dialogue, mais par la force armée.

3. Installation du DG ORTB contre la procédure et les lois.

4. L’installation du DG PADME sous haute surveillance policière et militaire, contre les employés et le conseil d’administration. Le PADME étant une association régie par la loi de 1901, l’intrusion du gouvernement devait être dénoncée car elle constituait une preuve du pouvoir absolu.

5. Les bras de fer constants avec les autres institutions de la République, notamment  avec l’Assemblée nationale et la HAAC.

6. PORTO-NOVO. Les violences sur les militants du PRD pendant la campagne des élections législatives de mars 2007. La caravane pacifique des militants du PRD avait été attaquée par des délinquants venus de Cotonou, manipulés par les responsables FCBE.
Au terme de cette violence électorale, plusieurs responsables et militants du PRD avaient été mis aux arrêts et jetés en prison. Aucun des agresseurs commis et armés par FCBE, n’a été appréhendé.

7. AVRANKOU. Violences post électorales avec à la clé des agressions opérées par des militants proches du parti au pouvoir.

8. SEME. On se rappelle encore les actes d’incivisme commandités par les responsables du parti politique. L’ordre public avait alors été troublé. La contestation des résultats fut suscitée et entretenue par le gouvernement qui en avait prétexté pour refuser d’installer le conseil communal.

9. La même situation a été créée à Calavi, à Malanville, Covè et ailleurs.

10. DANGBO. L’arrestation récente du Maire G13 de Dangbo vient se rajouter sur la liste. Cette arrestation pour des contradictions au sein du conseil municipal montre à suffisance l’esprit revanchard, Le harcèlement politique dont son victime les opposants du régime.

Journal LA PRESSE DU JOUR  22/09/09
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Publié dans Politique nationale

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