Tension au conseil communal de Savè : Huit conseillers répliquent au maire Félix Adimi

Publié le par MJPAC-ABT

Au conseil communal de Savè, la tension est encore vive après la sortie médiatique effectuée il y a quelques semaines par le maire Félix Adimi. Hier, ce sont les huit conseillers opposés à sa manière de gérer la » cité des huit mamelles » qui sont montés au créneau pour alerter l’opinion publique.
« Notre combat, c’est-à-dire celui des conseillers communaux patriotes que nous sommes, c’est celui du développement intégré de la commune de Savè dans le respect des normes administratives et financières. C’est donc celui de la bonne gouvernance locale sans laquelle le développement national dont l’Etat central rêve ne serait jamais une réalité ». C’est par ces propos que Chabi Simon, Abdou Idrissou, N’Dah Jacques, Dossoumou Alexis, Adjé Bienvenu, Wadjèto Justin, Aballo Georges et Goubalé Saturnin ont planté le décor de leur conférence de presse donnée hier au Codiam de Cotonou. Pour M. Wadjèto et ses collègues, depuis son accession à la tête du conseil communal de Savè, loin de s’engager réellement dans une gestion transparente, orthodoxe au regard des textes de loi régissant la décentralisation, le maire Félix Chabi Adimi a opté pour la division, la manipulation, l’opacité, des détournements déguisés de fonds publics et le gaspillage des maigres ressources financières et économiques de la commune. Et ce ne sont pas les exemples qui ont manqué pour étayer ces allégations. Dans un document lu au cours de cette rencontre avec la presse, les huit conseillers communaux patriotes de Savè ont répertorié en six points les griefs qu’ils relèvent contre le maire Félix Adimi. Ils lui reprochent, entre autres, l’utilisation des fonds de la commune à des fins non autorisées par le conseil communal (cas des audits organisationnel, comptable et financier ; du prélèvement de 25 % sur les recettes de la patente annuelle de Sucobé), l’aliénation des biens domaniaux de la commune, le recrutement anarchique du personnel administratif, la modification du compte rendu de la session du conseil communal des 9 et 10 septembre 2008, la création de poste d’assistant au maire sans l’autorisation du conseil communal et en violation des lois sur la décentralisation…Le voyage effectué par le maire Félix Adimi en Chine n’a pas aussi manqué de soulever des vagues.
« Pour un montant d’environ 11 millions de F Cfa, le maire a commandité des travaux d’audits et a payé ces prestations sur le chapitres 60 article 6057 des budgets 2008 et 2009 de notre commune sans que cela ne relève de ses attributions », ont souligné les conseillers patriotes pour étayer leurs propos par rapport à la mauvaise gestion des ressources financières de la commune. Abordant le sujet relatif à l’aliénation des biens domaniaux, les conseillers patriotes ont indiqué que le maire Félix Adimi mérite que lui soit appliqué les articles 54 et 55 du Décret N°2001-414 du 15 octobre 2001 fixant le cadre général du règlement intérieur du conseil communal.

Des recrutements qui divisent
La lettre circulaire N°678/MDGLAAT/DC/DRH/SA du 16 octobre 2008 retrace clairement la procédure administrative en matière de recrutement aux emplois communaux. Bien plus, les articles 11 et 67 aliéna 11 de la loi 97-029 du 15 janvier 1999 portant organisation des communes en République du Bénin précisent respectivement que : «  le Conseil communal est l’organe délibérant » et « le maire est chargé, sous le contrôle du conseil communal, d’une manière générale d’exécuter les décisions du conseil communal ». Mais c’est en violation de ces dispositions légales que le maire Félix Adimi aurait procédé à des recrutements en cascade après modification unilatérale tant dans le fond que dans la forme du compte rendu de la session extraordinaire du conseil communal des 9 et 10 septembre 2008, avec à la clé l’augmentation des charges de fonctionnement du personnel qui passent désormais de 36.393.629 F Cfa à 48.679.474 F Cfa, ont révélé les conférenciers. « Malgré les actes de nullité de l’autorité de tutelle, les agents recrutés par le maire sont maintenus à leur poste. C’est par exemple le cas du poste d’assistant au maire créé par notre de service N°4L/021/CAB-M/SP/SVE du 30 janvier 2009. Cette situation a d’ailleurs créé un conflit d’attributions entre le secrétaire général et l’assistant recruté sans fondement juridique légal », ont-ils ajouté.
Ces différents faits joints l’un à l’autre montrent assez clairement qu’on est bien loin du retour à la paix au sein du conseil communal de Savè surtout que lors de sa sortie médiatique, le maire Félix Adimi a mis en cause l’autorité de tutelle qu’il accuse même d’être à l’origine de cette crise. C’est dire donc qu’il y a urgence à ramener la balle à terre si on ne veut pas voir la commune de Savè sombrer dans les abîmes du sous développement malgré les potentialités dont elle dispose.

Affissou Anonrin
Journal LA PRESSE DU JOUR  23/09/09
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Publié dans Politique nationale

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