"" Comme je le pense" Autant le dire
La bouche qui mange ne peut plus parler " dixit Rosine Soglo. C’était mardi dernier qu’elle a évoqué cet adage en pleine plénière à l’Assemblée nationale. Elle a eu recours à cette hyperbole pour aborder " les faveurs ou les droits de souveraineté " à l’avantage de son filleul Epiphane Quenum. Ce dernier devenu superviseur général de la fameuse Commission politique de supervision (CPS) en charge de la réalisation de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi), se serait émancipé en pleine mission républicaine sur ce dossier sensible.En effet, depuis quelques temps, ce lieutenant de la présidente de la Renaissance du Bénin, Epiphane Quenum serait entrain de flirter avec la mouvance au pouvoir. D’où le volet de bois verts à lui infligé récemment par les représentants de l’opposition à la CPS. Même s’il s’en défend en rejetant les accusations selon lesquelles, il ne respecterait pas les décisions de la plénière, Rosine Soglo s’est invitée au débat. C’était avant-hier où " maman " l’a attaqué de front. Ainsi, Quenum a été mis sous l’éteignoir pendant une vingtaine de minutes. Pendant, ce temps, la présidente de la Renaissance du Bénin n’a pas hésité à le stigmatiser à cause de certains de ses comportements.
Avec ce tacle contingent, Mme Soglo a marqué doublement les esprits. Premièrement, il y a lieu de dire qu’en tant que présidente de la Renaissance du Bénin, c’est tout un symbole à décharge pour Epiphane Quenum. En effet, l’intervention de Rosine Soglo est un cinglant désaveu pour le patron de la CPS. D’abord, il faut rappeler qu’il est à la CPS en tant que membre de la Renaissance du Bénin. En intervenant ainsi, à la suite des députés de la CPS, elle jette son protégé dans la grande rivière où il ne peut bénéficier de la présomption de sincérité à moins de changer le format de son corpus.
Ensuite, en tant que doyenne d’âge de l’Assemblée et démocrate éprise de paix dans un contexte de fragilisation où le régime du Changement est prêt à tous les coups fourrés pour conserver le pouvoir, en dénonçant les agissements de Quenum, elle ne veut donc se démarquer sur un étalage républicain à valeur idéale comme celui de la Lépi. Raison pour laquelle, elle n’a ni protégé son feudataire, ni fait de compromis avec le régime. Tout cela permettra au Bénin de poursuivre sa marche pour l’enracinement de sa démocratie.
Même si on découvre des infinis tourments pour le superviseur général de la Commission politique de supervision (CPS) qui ne peut plus continuer à titre de défiance personnelle à l’endroit de Rosine Soglo, la démarche de cette dernière est donc salutaire. On peut désormais envisager pour la CPS, une perspective de sérénité. C’est pourquoi, il est de la plus haute importance d’observer et de trouver les moyens d’encadrer avec une rigueur politique Epiphane Quenum. C’est la condition pour l’empêcher de tomber dans les travers des phénomènes déviants, aussi bien structurés qu’exceptionnels, qui pourraient affecter négativement la transparence des élections à venir.
Ecrit par Titus Folly
Journal LE GRAND JOURNAL 24/09/09
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