Dialogue social : Boni Yayi entre engagements et actes
Tout juste par conscience à des occasions d’une certaine envergure, le chef de l’Etat, Boni Yayi a toujours donné des gages par rapport à la décrispation politique. Malheureusement, les répugnances tenaces qu’on croyait à jamais révolues sont toujours là.A l’occasion du dialogue social qui devait avoir lieu le 26 novembre 2008, durant les nombreuses rencontres avec les syndicalistes au Palais de la Marina avant leur marche du 30 juillet 2009 qui a fini au ministère des Finances et sans oublier l’interview spéciale du 1er août 2009. Voilà des occasions au cours desquelles, le président de la République, Boni Yayi a fait part de sa volonté de respecter le principe angulaire de la gouvernance politique concertée.
Paradoxalement, à chaque fois qu’il martèle avec insistance que le dialogue social le préoccupe à plus d’un titre, on perçoit dans sa coupe politiquement réglée, beaucoup de déviances et d’entorses en ce qui concerne les lois de notre pays. Ce qui est de nature à fragiliser le tissu politique à travers les nombreux acquis de la conférence nationale.
En effet, depuis novembre dernier où la question du dialogue social a été agitée en passant par les audiences avec les syndicalistes jusqu’au fameux entretien du 1er août dernier, on n’a pas besoin d’évaluer le parcours du dialogue pour constater avec certitude le potentiel de provocations du régime.
Malgré les assurances de Boni Yayi, la crise politique à laquelle notre pays est confronté perdure, crise qui fait suite aux législatives de mars 2007. Si avant, entre les partisans du chef de l’Etat et le reste de la classe politique, les sujets qui fâchent portaient sur la violation des libertés fondamentales et la caporalisation des institutions de la République, il faut maintenant y ajouter le début de l’arrestation des maires de l’opposition sur la base des peccadilles. C’est le cas du maire de Dangbo, Clément Gnonlonfoun.
Au regard de la situation, la résurgence des défauts a pris le pas sur le dialogue social. Alors qu’on voulait voir une réaction aux fanfares pour une décrispation réelle, on assiste à regret au besoin de conduire la tension à son paroxysme. Conséquence, la tension politique prend le pas sur la gouvernance politique concertée. Et c’est pour cette raison que les ténors des « G » et « F » ont une responsabilité historique afin de pouvoir permettre au peuple, en dépit du contexte délétère, d’endiguer les dérives dictatoriales du régime du Changement.
Pour obliger le pouvoir en place à passer des effets balbutiants d’un pouvoir impopulaire (qui pourrait passer au sabre) à l’optique du respect des acquis de la conférence nationale, les leaders de l’opposition sont contraints à la veille politique. Cette dernière consistera à recourir aux différents textes de la République pour y puiser les voies et moyens pouvant leur permettre de riposter. C’est à ce prix que Boni Yayi qui ne connaît pas le langage de la survie de l’Etat pourra reculer.
Ecrit par Titus Folly
Journal LE GRAND JOURNAL 25/09/09
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