La paix en 2011 ?
Le Bénin parviendra-t-il à sauver la paix en 2011 ? Rien n’autorise l’optimisme. La paix est un comportement. Il est le chef d’œuvre des animateurs de la vie publique. Lorsque ceux-ci sont campés sur leur position, il y a comme un tremblement de terre qui pointe dans le ciel de la sérénité. Il y a des signes qui ne trompent pas. La semaine internationale de la paix n’a pas connu la participation du front pour l’alternance.L’opposition a adressé une lettre au représentant Résident du Pnub au Bénin. Elle porte la signature du très modéré Idji Kolawolé. Et ce, en délégation de signature au nom de tous les partis membres de la coalition » Union fait la nation « . Que dit la lettre ? Elle porte des accusations étayées de faits historiques contre le Président de la République. Extraits : » La première source des situations de tension et de trouble restent le Président de la République et son gouvernement « . L’ironie se transforme en interrogations qui laissent stupéfait et inquiet, le citoyen lambda : » Qui est responsable des sorties belliqueuses et injurieuses des ministres et autres thuriféraires du régime diffusées à longueur de meetings et de marches de soutien ? Qui est responsable de la caporalisation des organes de presse de service public qui servent de support à l’intoxication et pour discréditer constamment les acteurs politiques ayant des avis contraires à ceux du gouvernement ? ». Le très pacifiste Idji Kolawolé sort de ses réserves et se fait menaçant. Jamais on a vu un homme aussi amer dans la violence de l’encre. Cela rappelle pour coller à l’actualité internationale, un certain Villepin exacerbé par l’acharnement d’un Nicolas Srakozy. Et voilà la sentence prononcée en une phrase : » …C’est le Président de la République qui est directement responsable des déviances , des tensions et des actes de violence électorale qui ont émaillé les législatives de mars 2007 et les élections municipales, communales et locales d’Avril 2OO8 « .
L’Union fait la Nation, UN, a rejeté l’option folklorique et hypocrite de la célébration de la journée internationale de la Paix. Les dés sont jetés. L’opposition est en ordre de bataille. Face à cette mobilisation, Boni Yayi et ses plus proches collaborateurs, les radicaux, n’entendent pas se laisser faire. Pour certains, l’exploit réédité en 2007 et 2008 est la source du dernier espoir : le terrorisme au motif de risque de trouble à l’ordre public. Ce qui contraste avec toutes les règles démocratiques. Le passage en force serait suicidaire pour la paix. Apparemment l’opposition s’est préparée psychologiquement. La paix et la tranquillité publiques dépendront des principaux acteurs. Le premier à sensibiliser sur les valeurs de la conférence nationale, c’est d’abord le ministre en charge de l’intérieur, le très impulsif Armand Zinzindohoué qui a bien l’air de quelqu’un par qui le pire pourrait arriver.
Au lieu de se faire peur, les Béninois devront faire confiance aux hommes et femmes qui font la fierté de la force publique.
Herbert Hpungnibo
Journal LA PRESSE DU JOUR 23/09/09
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