Crise au conseil communal de Comè :Le maire Bertin Tossou, la cible des conseillers Fcbe

Publié le par MJPAC-ABT

Le courant ne passe plus entre le maire de la commune de Comè, Bertin Tossou et ses collaborateurs. Dans une correspondance en date 12 septembre 2009 et adressée au préfet des départements du Mono et du Couffo, Corentin Kohoué, dix conseillers ont demandé à l’autorité la convocation d’une session extraordinaire au cours de laquelle ils procéderont à la destitution de leur maire.
Le torchon brûle entre le maire de Comè, Bertin Tossou et la majorité des conseillers. A voir l’allure où vont les choses, si rien n’est fait pour vite régler le conflit qui l’oppose à ces derniers, on risque d’assister dans les tout prochains jours à sa destitution. Car, sur les 15 conseillers que compte le conseil communal qu’il dirige, dix élus Fcbe appartenant à la même formation qui lui réclament sa tête. Ils lui reprochent la gestion solitaire de la chose publique, l’attribution des marchés à ses proches et la politisation de l’administration communale. Par ailleurs, parmi les quinze conseillers, douze (12) sont Fcbe, deux (02) de la Force clé et un (01) Add-Psd.

Les griefs des conseillers
Dans une longue diatribe, il est d’abord reproché au maire d’avoir choisi un nouveau site pour construire les bureaux de l’arrondissement de Ouèdèmè-Pédah pour un coût dépassant l’enveloppe autorisée par le conseil communal qui est de 9 millions de Fcfa pour le démarrage des travaux. Dans le même élan, les conseillers dénoncent le maire qui sans crier gare, et contre toute attente a fait démolir la salle de réunion pour en faire un lieu de conférence. Et selon les conseillers, le coût de cette réfection dépasse les prévisions du conseil communal arrêtées à 3.000 000 Fcfa. De même, sa tête est réclamée pour avoir ignoré la procédure d’appel à candidature dans le cadre du recrutement du personnel. Faisant la sourde oreille aux sollicitations d’un conseiller qui a offert ses services pour réaliser gratuitement un audit des ressources humaines de la commune, le maire aurait procédé au relèvement des agents de leurs fonctions sans un plan de redéploiement et sans souci de la qualité des services. Dans la correspondance adressée au préfet, les conseillers reprochent également au mise en cause le fait qu’il ne leur rend jamais compte des missions qu’il effectues aussi bien à l’intérieur qu’à l’étranger. Les cas les plus frappants sont des voyages qu’il a successivement effectués sur Ouagadougou et Guyancourt. Le conseil martèle et signe qu’il n’a reçu aucun rapport écrit sur les nombreuses missions effectuées au nom de la commune. En enfonçant le clou, il précise que le maire en sa qualité de premier responsable de l’administration communale, ne joue pas son rôle et laisse l’administration sans délégation de pouvoir au préalable. Lassés par les attitudes du maire, les conseillers, conformément à l’article 53 de la loi numéro 97-029 du 15 janvier 1999 portant organisation des communes en République du Bénin, ont demandé au préfet de bien vouloir convoquer une session extraordinaire du conseil en vue d’un vote de défiance contre Bertin Tossou.

La réplique
Après s’être résigné à répondre à ses adversaires, le maire de Comè a finalement décidé de sortir de son mutisme. D’entrée il balaie d’un revers de main, toutes les accusations. Il qualifie la situation de conflit d’intérêts sordides ou de leadership « Les conseillers agissent parce qu’ils ont d’autres intentions », a-t-il clamé. En dehors du voyage qu’il a effectué à Ouagadougou à leur insu, il avoue n’a plus rien à se reprocher. « Il n’y a pas de quoi paniquer », a-t-il dit, avant d’affirmer qu’il croit n’avoir pas encore commis une faute qui empiète sur les lois de la décentralisation. « Je crois qu’étant administrateur aujourd’hui, une fois le budget voté, il faut que les gens s’asseyent. Je suis chargé de l’exécution de ce budget, qu’on me laisse l’exécuter et je ferai un compte rendu dans le compte administratif qui leur sera remis. Ils vont le voter, l’amender et renvoyer à la tutelle », a expliqué le maire. Il s’interroge sur le comportement des conseillers. « C’est de l’agitation » affirme t-il. « C’est un démon qui a troublé notre conseil. Avec mon âge je domine cette crise. En tout cas, je n’ai pas peur, qu’on me destitue devant tout le monde, on saura que c’est une convoitise, une question d’intérêts personnels et sordides qui a poussé les uns et les autres à cela », a précisé le maire.

L’honorable Thomas Ahinnou, tel un sapeur pompier
Selon certaines sources, la crise est en voie d’être désamorcée car, grâce au dynamisme de l’honorable Thomas Ahinnou (député fcbe de la localité), plusieurs rencontres ont été initiées dans le but de ramener la balle à terre. Sur ce, on apprend qu’au moment où nous mettions sous presse, deux des conseillers signataires de la lettre de défiance ont désisté après avoir émi leur regret. Il s’agit de Symphorien Hounza, chef d’arrondissement de Comè-centre et de Clément Djovi, chef d’arrondissement d’Akodéha. Sur dix conseillers au départ, huit n’ont pas changé de position. A l’aller où vont les choses, l’on se demande si le projet va aboutir ? Les prochains jours nous édifieront.

Journal LE MATINAL 29/09/09
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Publié dans Politique nationale

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