Pour cause de découpage territorial:Le maire Bah Guerra de N’Dali menacé par les populations
Les maires de la deuxième génération sont actuellement en proie à des difficultés de gouvernance. Après les vagues de destitution qui ont emporté bon nombre de maires au cours de la moitié de la première mandature, c’est maintenant le tour des nouveaux dirigeants des conseils communaux de faire face aux réactions de leurs administrés qui n’approuvent pas toujours certaines de leurs décisions. Le maire de N’Dali, Bah Guerra Chabi risque d’en apprendra à ses dépens s’il ne fait pas l’effort de pratiquer le terrain en corrigeant le tir, selon ses administrés.Le maire de la commune de N’Dali, Bah Guerra Chabi, peut se frotter les mains de ne pas, être pour l’instant accusé de mauvaise gestion financière. Mais, il n’est pas loin d’être destitué s’il n’y prend garde. En effet, le maire est, sans le savoir, sur la sellette. Car il va bientôt affronter la colère d’une couche importante de ses administrés. Quatre griefs constituent en ce moment, leurs points de discorde avec le maire Bah Guerra Chabi. Ces griefs sont relatifs au problème de manque de terres, de microcrédits aux plus pauvres, de recrutement sur mesure et des mécontentements nés du nouveau découpage territorial. Sur ce dernier point, les populations de la commune de N’Dali reprochent au maire sa faible implication dans les mouvements de protestation contre le nouveau découpage. Car les populations de cette commune martèlent avec force se retrouver en disgrâce avec le chef de l’Etat sur ce réaménagement territorial. Elles ne baissent pas la garde et multiplient les actions pour la remise en cause de la nouvelle carte administrative qui les met ensemble avec la commune de Sinendé et sous la l’administration de la commune de Bembèrèkè dans le nouveau département appelé Yérimarou.
Indisponibilité de terres
Les populations de la commune de N’Dali ne comprennent pas pourquoi, le maire n’a pas saisi l’occasion de la cérémonie de lancement du programme de l’insertion des jeunes dans l’Agriculture par le chef de l’Etat. Selon elles, seule la commune de N’Dali n’a pas bénéficié de ce programme. Et pour cause ? Le maire aurait affirmé que la commune ne dispose pas de terres. C’est quand même étonnant pour qui connait, la grande superficie de cette commune suffisamment arborée et deuxième derrière la commune de Tchaourou en termes d’étendue. Pour les populations de N’Dali, leur maire a fait économie de vérité, en affirmant que la commune ne dispose pas de terres cultivables pour bénéficier du programme d’insertion des jeunes dans l’agriculture, contrairement aux autres maires qui ont pris part à ce lancement. Pour les populations « C’est un grave manquement de la part du maire, de ne pas avoir des connaissances claires sur le territoire qu’il administre. Ceci est un mépris vis-à-vis du Seigneur qui a gratifié N’Dali de bonnes terres sur lesquelles les ancêtres, les aïeux, les parents et même la génération présente continuent de cultiver. Aujourd’hui toutes les communes ont bénéficié de l’appui du gouvernement Boni Yayi dans l’acquisition des différentes machines agricoles, sauf N’Dali. », regrettent les populations.
Microcrédits et recrutement sur mesure
Les populations dénoncent le désintéressement du conseil communal vis-à-vis du programme de microcrédits aux plus pauvres. Or selon des informations officielles, ce programme a bien pris dans la quasi-totalité des communes du Bénin et beaucoup de femmes ont déjà bénéficié plusieurs fois de ces crédits grâce à la vigilance et à la détermination de leur maire. A N’Dali, ce n’est pas tout à fait le cas. D’abord le programme de microcrédits aux plus pauvres a commencé dans la commune seulement au début du 2ème semestre de l’année 2009. Ensuite le nombre de femmes et le taux de couverture de ces crédits sont très faibles comparativement aux autres communes. Le recrutement que la mairie a organisé depuis bientôt un trimestre et dont les résultats ne sont pas encore connus est un autre point d’achoppement. Car le besoin s’est exprimé avec acuité et l’on continue de trainer à pourvoir à ses postes. Et ceci à dessein. Tout serait en train de s’organiser pour favoriser une certaine candidature. Or, selon certaines indiscrétions, les protégés des autorités communales de N’Dali ne remplissent pas les critères définis par les termes de référence de l’avis de recrutement. Conséquence N’Dali continue d’être bloqué pour son développement, en raison de l’insuffisance de personnel pour la masse de travail à abattre.
Jean-Claude Kouagou (Br. Borgou/Alibori)
Journal LE MATINAL 29/09/09
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