Affaire livraison de vaccins au ministère de la Santé: La preuve que Pharmafrique est victime de magouille
La sortie du président directeur général de la société Pharmafrique, spécialisée dans l’importation d’équipements médicaux et de vaccins a permis aux Béninois de comprendre que cette entreprise est victime d’acharnement gratuit et de magouille en raison de la mafia installée dans le système d’attribution des marchés publics à l’ère du Changement.Le président directeur général de la société Pharmafrique, Coffi Toussaint Capo, preuves à l’appui, a cloué le bec à ses détracteurs hier dimanche sur l’émission "Questions d’actualité"en rediffusion sur la télévision Golfe Tv, dans la polémique liée à l’achat de vaccins au ministère de la santé où son entreprise a été injustement dépossédée du marché qu’elle a gagné en toute transparence. Par cette sortie médiatique, le public béninois peut encore comprendre que les appels d’offres au Bénin sont vraiment l’arbre qui cache la forêt à l’ère du Changement que l’on chante sur tous les toits. De quoi, s’agit-il en réalité ? Le ministère a lancé un appel d’offres international d’acquisition de vaccins. Les sociétés telles que Pharmafrique, Vaccipharma et autres ont soumissionné. Cinq d’entre elles ont été présélectionnées dont Pharmafrique de Coffi Toussaint Capo. Toute la procédure a été respectée jusqu’à l’attribution provisoire du marché à la société de l’invité de la télévision Golfe Tv. Pour éclairer les uns et les autres, à l’ouverture des offres, Pharmafrique a obtenu 74/75 au plan technique, ainsi que son rival Vaccipharma. Secondo, Pharmafrique a obtenu 25/25 contre 24/25 pour Vaccipharma, car elle a proposé une offre financière de plus de 155 millions de francs Cfa de moins que Vaccipharma. Au total, l’entreprise de M. Capo a été déclarée adjudicataire provisoire par la cellule de passation des marchés publics du ministère de la santé, car il a obtenu 99/100 contre 95/100 pour Vaccipharma. Selon la procédure, la transmission de ces résultats à la direction nationale des marchés publics (Dnmp) n’est qu’une simple formalité pour les valider, car l’essentiel du travail a été déjà fait, c’est-à-dire que plus rien ne peut encore empêcher la société de M. Capo de gagner définitivement ce marché. On en était là quand le directeur national de la protection sanitaire du ministère de la Santé, invité au siège de la Dnps, a émis des doutes sur les produits livrés par Pharmafrique par le passé. Se fondant sur ces réserves, la Dnmp a renversé les données et attribué le marché à Vaccipharma qui avait perdu. Consciemment ou inconsciemment, l’actuel ministre des Finances, Idrissou Daouda, a fait adopter la magouille en conseil des ministres. Ainsi, il y a des réactions qui commencent à s’enregistrer, un peu partout. La commission de régularité des marchés publics, saisie du dossier, a ordonné la reprise de la procédure et demandé au directeur national de la protection sanitaire d’apporter les preuves de ses allégations. Le Fonac, l’Ige et plusieurs structures d’investigations sont actuellement sur le dossier. Déçu des comportements des autorités du secteur de la santé, M.Coffi Toussaint Capo a affirmé avoir rencontré le ministre de la Santé qui lui aurait dit que cette affaire est politique. Tous les intervenants dans l’émission ont souligné qu’il y a manifestement là de la magouille. Après le passage à la télévisionde M. Capo, des questions se posent. Pourquoi l’Etat n’avait pas déclaré que les produits de Phramafrique étaient de qualité douteuse alors qu’elle a fourni les mêmes produits trois fois déjà au ministère de la santé ? La société que représente Pharmafrique au Bénin qui livre des équipements et des vaccins dans plusieurs pays du monde depuis sa création en 1893 peut-elle prendre des risques de fournir des produit de mauvaise qualité au Bénin alors que l’Organisation mondiale de la santé (Oms) est l’un de ses clients ? Pourquoi une société de fabrication de matériels électroniques a-t-elle été présélectionnée ? Dès lors, on n’a pas besoin de remuer les méninges pendant longtemps avant de conclure qu’on est dans un système mafieux qui alimente les proches du pouvoir. Tout le monde attend de voir comment le chef de l’Etat et son gouvernement vont trancher cette affaire.
Isabelle Ahounou
Journal 24 HEURES AU BENIN 05/10/09
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