Course à la magistrature suprême : Pourquoi Yayi doit partir en 2011

Publié le par MJPAC-ABT

boni_souri.gifA exactement trois mois du rendez-vous de 2011, les choses commencent à se préciser en ce qui concerne les candidats sérieux capables de faire face au docteur Boni Yayi. Sauf surprise de taille, ce qui est très peu probable, les Béninois partagent de plus en plus l’idée que M. Adrien Houngbédji ou Abdoulaye Bio Tchané doit aider le peuple à faire partir l’actuel occupant du palais de la Marina dans trois mois.
Il faut que les Béninois aident Boni Yayi à partir dans trois mois ! Cela s’impose plus que jamais vu le grand bruit orchestré sur le terrain par ses partisans. A l’heure du bilan, ont-ils vraiment besoin de toutes ces explications pour amener les Béninois à adhérer à leur cause ? Cela pose un problème au regard des espoirs suscités par l’élection de Boni Yayi en avril 2006. A vrai dire, la page Yayi mérite d’être tranquillement et simplement tournée parce que l’expérience n’a pas été concluante. La preuve est que le niveau de vie du béninois moyen aujourd’hui a baissé par rapport à 2006. Cela ne se discute pas. Il suffit de descendre dans chacune de nos villes pour s’en convaincre. Pour Yayi, le changement et l’émergence se ramènent aux infrastructures. C’est pour cela que ses partisans ne connaissent que les passages à niveau supérieur, les salles de classe construites, les centres de santé rénovés. Ces infrastructures sont-elles fonctionnelles ? Ils ne veulent pas le savoir. L’exemple des logements sociaux de Lokossa construits à des milliards de francs est là et se passe de commentaire. Nos enfants vont rembourser ces prêts. La morosité qui a caractérisé la célébration de la nativité ne doit laisser personne indifférent. Il en sera de même pour le nouvel an. Boni Yayi en cinq ans n’a pas réussi à orienter l’argent dans le panier de la ménagère. Seul un groupement autour de lui s’est enrichi ; ce qui fait que lui-même ne cache plus que son entourage est pourri. Et, si, par rapport à l’économie, il a échoué, il n’y a plus de raison de lui faire confiance dans la mesure où sur les autres plans, on n’attendait pas grand-chose de lui. En décidant en 2006 de confier les destinées du pays à un économiste, les Béninois à coup sûr s’attendaient au moins à un changement dans la gestion du pays en vue de l’amélioration de leurs conditions de vie, ce qui n’est pas le cas.

Un vide entretenu exprès
Aujourd’hui, les Béninois s’inquiètent quant aux lois électorales pour les prochaines consultations. Un souci légitime dans la mesure où le vide total qui s’observe actuellement n’est pas de nature à faciliter les choses en 2011. Mais au même moment, aucun signe ne vient du côté du chef de l’Etat traduisant sa préoccupation par rapport à la question. Le corps électoral n’est pas convoqué, on attend que la cour constitutionnelle délibère par rapport aux règles générales ; la Cps et la Miréna ont organisé leur Lépi à leur manière sous la bénédiction du chef de l’Etat. Sur cent (100) Béninois en âge de voter, au moins quarante (40) n’ont pu se faire inscrire sans que personne ne trouve qu’il y a nécessité de revoir les choses. C’est à croire que cette liste électorale n’est destinée qu’à la réélection de Boni Yayi en 2011 et qu’après, elle peut être jetée à la poubelle. La réalité politique aujourd’hui est telle que ceux qui ont osé (Bio Tchané et Houngbédji) déclarer qu’ils peuvent gérer autrement le pays sont considérés comme des «hors la loi», des «indésirables». Il est plus que jamais temps pour les Béninois de comprendre que plus rien n’est à attendre du camp Yayi. La preuve est que l’annonce des grandes lignes du programme d’action du candidat de l’Union fait la Nation a semé la panique dans leurs rangs. Que d’ici à la, chaque ministre, chaque conseiller, chaque chargé de mission descende dans son village avec pour mission de détruire le programme d’action de l’Un, personne ne doit être surpris. C’est dire clairement que les partisans de Abt doivent savoir ce qui les attend quand viendra le moment de situer davantage les Béninois par rapport aux ambitions du président de la Boad pour son pays. Yayi et les siens ne pardonnent pas cela et sont prêts à tout. Aux Béninois d’aider ces politiciens à partir. Une nouvelle expérience s’impose.

Grégoire Amangbégnon
Journal LA PRESSE DU JOUR 30/12/10

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Publié dans Politique nationale

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