Sur La Disparition De Pierre Urbain DANGNIVO: Le Nep Mixalodo dénonce les manoeuvres du pouvoir

Publié le par MJPAC-ABT

gnimangnon paul1Depuis le Mardi 17 août 2010, monsieur Pierre Urbain DANGNIVO, cadre supérieur du Ministère de l’Economie et des Finances, Président de la section communale du Parti Social - Démocrate (PSD) de Houéyogbé et président de la coordination communale de l’Union fait la Nation (UN), est porté disparu avec le véhicule qu’il conduisait.
Les semaines s’écoulent et cet administrateur des banques et institutions financières en service à la Direction Générale du Budget, coordonnateur du projet de construction des bureaux, casernes et postes des douanes au Ministère de l’Economie et des Finances, membre de l’équipe d’appui à la réforme budgétaire, ne donne aucun signe de vie. Aucune investigation n’a encore permis de le localiser ni de le retrouver, et les raisons de cette soudaine disparition sans trace et sans bruit sur le chemin de retour du boulot de ce quinquagénaire demeurent inconnues. L’évènement est d’une gravité incontestable et à y regarder de près, appelle quelques observations tout aussi objectivement incontestables.
1. Monsieur Pierre Urbain DANGNIVO n’a pas été victime d’un accident de circulation. Au cas contraire, une morgue de la place aurait accueilli sa dépouille mortelle, l’épave retrouvée dans un coin de rue, puis la voirie et les sapeurs pompiers déjà informés.
2. Monsieur Pierre Urbain DANGNIVO n’a pas été l’objet d’un braquage ordinaire organisé par une bande de malfrats en quête de véhicule haut de gamme. Son AUDI 80 immatriculé AC 2223 RB ne répond pas aux critères connus des braqueurs. En tout état de cause, un braquage ne se fait pas par négociation amiable, c’est au moyen de coups de feu nourris au vu et au su de tous, dans une débandade généralisée.

3. Selon sa famille d’une part et le Syndicat des Travailleurs de l’Administration Centrale des Finances (SYNTRACEF) dont il est membre, d’autre part, monsieur Pierre Urbain DANGNIVO « n’a aucun antécédent ni familial, ni professionnel ». Il n’était donc sous aucune menace de tracasserie policière ou administrative qui l’aurait contraint à une quelconque clandestinité.

4. Lorsque les pistes d’accident de la circulation, de braquage et de clandestinité sont épuisées, alors quelle voie reste-t-il à scruter si ce n’est celle du rapt ? quel est le contexte dans lequel est intervenu la disparition de monsieur Pierre Urbain DANGNIVO ? qui aurait intérêt à l’enlever ? et pour quelles raisons ?

5. Nous sommes dans un contexte socio-politique très préoccupant fait de violations permanentes des libertés démocratiques par le pouvoir du docteur BONI YAYI. Aujourd’hui, la rage de conserver le pouvoir d’Etat à tout prix amène les autorités de notre pays à piétiner allègrement les libertés individuelles et collectives, à pourchasser et réprimer les opposants. Les exemples sont légion allant de fréquentes interdictions des manifestations pacifiques, de détentions illégales et arbitraires aux tentatives répétées d’enlèvement ou d’assassinat plusieurs fois dénoncées (le cas de l’honorable Antoine DAYORI, celui du président Paul GNIMAGNON, du secrétaire général Pascal TODJINOU, de l’honorable Janvier YAHOUEDEHOU sans oublier le dernier en date, celui de l’ex ministre des finances Soulé MANA LAWANI). Le Bénin redevient-il un étouffoir pour l’opposition politique ? pour les démocrates sincères et pour tous ceux qui pensent que le pouvoir du docteur BONI YAYI conduit notre pays dans l’abîme et qu’il faille l’arrêter dans cet élan fasciste par amour de Dieu et le bonheur des générations présentes et futures ? la savak béninoise et les tontons macoutes ont donc repris encore de service. La société civile béninoise (dans sa composante non partisane) a dû crier haro sur le pouvoir du changement dans sa déclaration du 1er août 2010 : « le droit est isolé, piétiné, ou à tout le moins manipulé. Il est au service de l’iniquité. Il prive, conduit en prison si tel est le vœu du prince, et refuse la liberté si tel est également sa volonté. L’actualité sociale éloigne notre pays des horizons d’un Etat de droit. Nous sommes au plus près d’un Etat du vouloir du prince ». Dans ce contexte, qui a intérêt à faire taire Pierre Urbain DANGNIVO ? qui a intérêt à fragiliser le camp de l’opposition ?

6. Si nous convenons que la loi n° 90-32 du 11 décembre 1990 portant constitution de la République du Bénin a, dans ses articles 8, 15, 18 et suivants, fait de la sécurité et de la protection du citoyen une obligation sacrée, une obligation de résultat pour l’Etat, et que les instruments juridiques internationaux des droits de l’homme, telles que la charte des Nations-Unies, la charte africaine des droits de l’homme et des peuples et la déclaration universelle des droits de l’homme auxquels notre pays a souscrit, ont fait de la protection de l’être humain une valeur universelle inviolable, on explique difficilement les comportements et attitudes du pouvoir du docteur BONI YAYI face à la disparition du monsieur Pierre Urbain DANGNIVO ; lesquelles attitudes peuvent être décomposées en des actes ci-après :

1er Acte : Pendant plusieurs jours voire des semaines après la disparition de Pierre Urbain DANGNIVO, le chef de l’Etat et son gouvernement se sont imposés un silence inquiétant et coupable. Ce n’est que face à l’ampleur de la clameur publique et des interpellations directes et frontales de la population en général et surtout des syndicats en occurrence le SYNTRACEF, que le gouvernement a décidé, courant septembre 2010, de se secouer de son apathie en acceptant par pure convenance d’humeur, la mise en place d’une cellule de crise. Il y a là visiblement un manquement conscient ou inconscient à l’obligation constitutionnelle mise à la charge du chef de l’Etat et de son gouvernement de faire de la sécurité des citoyens un sujet de grande préoccupation. Mais qu’est-ce qui peut expliquer cela ?

2ème Acte : Toutes les fois que l’opposition décide de manifester contre l’insécurité grandissante et la disparition mystérieuse de Pierre Urbain DANGNIVO, le président BONI YAYI organise une contre-manifestation pour embrouiller l’opinion publique et distraire les masses. Il en a été ainsi à maintes reprises ; par exemple à Abomey le mercredi 1er septembre 2010 la conférence publique de la coalition ABT a été dispersée par les ‘’VOUVOUZELA’’ de FCBE qui ont envahi la salle avec des slogans « YAYI 10 ans », « ABT dehors… ». Monsieur Grégoire MOUGNI président de ladite coalition a dénoncé « les manœuvres politiques provocatrices et terroristes des partisans du président BONI YAYI » le jeudi 2 septembre 2010 à Cotonou.

De même, la marche pacifique de l’Union fait la Nation ‘’ contre l’insécurité et la mystérieuse disparition de Pierre Urbain DANGNIVO’’ organisée le mercredi 8 septembre 2010 à Cotonou, a été perturbée par une contre-manifestation du président BONI YAYI qui a convoqué pour le même jour, au même endroit et à la même heure les militants FCBE et les spoliés de ICC services pour une séance soi-disant de sensibilisation. C’était plutôt une contre-marche pour embrouiller l’opinion et favoriser l’affrontement. Pourquoi le pouvoir du docteur BONI YAYI étouffe tout ce qui peut dénoncer la disparition de Pierre Urbain DANGNIVO ? Pourquoi ne doit- on pas en parler ? « Plus vous vous taisez sur un scandale, vite vous l’oubliez ».

3ème Acte : Lorsqu’après l’indifférence affichée et les multiples tentatives d’oppression de l’autre son de cloche le pouvoir du docteur BONI YAYI décide de parler et d’expliquer la disparition de monsieur Pierre Urbain DANGNIVO, il a envoyé ses conseillers les plus fidèles et autres apologistes zélateurs qui, à charge de revanche à l’émotion générale, ont brillé par des déclarations incongrues et franchement provocatrices :

1. Souléman NAÏMI le mercredi 8 septembre 2010 lors de la marche contre l’opposition organisée par le pouvoir, déclare que : « la disparition de DANGNIVO est à mettre dans le compte des sacrifices humains propres à certains présidentiables à la veille de chaque élection ».

En faisant une telle déclaration le sieur Souléman NAÏMI doit être entendu par la justice pour témoignage.

2. Alexandre HOUNTONDJI, conseiller politique du chef de l’Etat, le dimanche 12 septembre 2010, s’en prend vertement à la famille du disparu sur un fond de banalisation de l’évènement en déclarant sur Golf TV que « la famille DANGNIVO est coutumière de la disparition de ses membres, puisqu’il y a 15 ans un des frères de l’actuel disparu, Joachim a ainsi disparu et jamais retrouvé. »

3. Maxime HOUEDJISSIN a repris cette même argumentation le même jour sur la chaîne nationale de l’ORTB avec verve et conviction. Faux ! Monsieur Joachim DANGNIVO, petit frère du disparu, est bien vivant et descendu de la côte d’Ivoire où il travaillait pour venir faire la preuve du mensonge grossier des sbires du pouvoir, le mardi 21 septembre 2010 lors de la manifestation du FESYNTRA – Finances à Cotonou. Lorsqu’une vie humaine est en péril et que des citoyens se permettent de débiter de telles inepties aussi cyniques que démentielles, juste pour la protection de leur sinécure, alors la perte des valeurs est à un niveau si bas qu’elle appelle une thérapie de choc.

Les autres propos loufoques du guignol de la république dont la simple évocation du nom nous fait revivre amèrement tous les crimes odieux depuis le cruel assassinat du juge COOVI, n’ont pas besoin d’être relayés ici ; l’histoire s’en occupera. De même les ‘’Klébés’’ du président BONI YAYI dont les ardeurs en matière d’effronteries audacieuses poussent au comble du sacrilège, n’ont point besoin d’être cités ici par respect à l’intégrité morale des lecteurs.

Nous, au NEP – MIXALODO, nous constatons douloureusement que dans cette affaire d’enlèvement de Pierre Urbain DANGNIVO, le gouvernement du docteur BONI YAYI est allé d’abord avec indifférence et dilettantisme, ensuite avec tentative de répression et d’étouffement des dénonciateurs puis enfin avecbanalisation et mensonge. Il n’en faut pas davantage pour conclure que le président BONI YAYI et son gouvernent sont incapables de protéger et d’assurer la sécurité des citoyens.

Au total, le président BONI YAYI, son gouvernement et ses conseillers se sont tous embourbés complètement dans cette scabreuse affaire de disparition de Pierre Urbain DANGNIVO, ils ne s’en sortiront qu’après avoir présenté au peuple béninois Pierre Urbain DANGNIVO vivant, viable et moralement sain.

Le parti Nouvel Elan pour la Patrie – MIXALODO :

1. Exige que le pouvoir du docteur BONI YAYI nous retrouve Pierre Urbain DANGNIVO sain et sauf quoi qu’il en coûte car cette mystérieuse disparition n’est pas un fait isolé ; elle est l’une des multiples et fâcheuses conséquences de la psychose collective d’insécurité créée et entretenue par la gouvernance du président BONI YAYI ;

2. Apporte son soutien franc à la famille de Pierre DANGNIVO qui vit aujourd’hui un moment douloureux partagé par tout le peuple béninois ;

3. Adresse ses remarquables félicitations et ses encouragements militants à tous les travailleurs en général, et à ceux du FESYNTRA - Finances en particulier dont le dynamisme, la détermination et la clairvoyance forcent l’admiration et convainquent les flemmards et autres opportunistes que seule la lutte paie.

4. Lance un pressant appel à tous les partis politiques, à tous les mouvements et associations de défense des droits de l’Homme et à tous les patriotes et démocrates sincères pour l’intensification des luttes jusqu’au retour effectif de Pierre Urbain DANGNIVO parmi nous ; lutter pour la liberté aujourd’hui c’est lutter pour le retour de Pierre Urbain DANGNIVO.

5. Appelle tout le peuple béninois à se mobiliser pour dire non au fascisme naissant.

Vive la démocratie !

Vive les luttes émancipatrices !

Non au fascisme !

Cotonou, le 26 septembre 2010

Le Président

Paul GNIMAGNON

Journal 24 HEURES AU BENIN 27/09/10

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Publié dans Politique nationale

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