Marche de l’opposition : Des militaires en mission s’en sont...
Marche de l’opposition : Des militaires en mission s’en sont pris violemment aux marcheursMalgré toutes les intimidations, les partis politiques réunis au sein du groupe «Union fait la Nation» (UN) ont marché hier pour défendre la cause des nombreuses femmes et des pauvres enfants abandonnés à leur triste sort dans nos hôpitaux du fait de l’entêtement du gouvernement à ne pas satisfaire les revendications du personnel de la santé. La marche qui a démarré à la Place Lénine à Akpakpa a failli connaître un coup d’arrêt à cause du zèle affiché par les militaires et policiers en faction à la guérite du ministère de la santé. Pour ces militaires en mal de courtoisie, il n’était pas question que les marcheurs franchissent le portail du ministère de la santé. Les supplications de certains militants ne les ont pas fait fléchir. Comme de bons robots, ils étaient aussi restés sourds aux explications qu’apportaient les députés Issa Salifou et Sacca Fikara. Il a fallu l’intervention du Directeur adjoint du cabinet du ministre de la santé qui certainement a ainsi répercuté l’ordre reçu de son patron pour que les militaires se décident à laisser passer les marcheurs. Comme on pouvait s’y attendre, ce n’est pas en douceur que les marcheurs ont franchi le portail du ministère. Ils ont été accompagnés par des coups de ceinturon. L’altercation entre militaires provocateurs et les marcheurs a failli dégénérer. Mais Lazare Sèhouéto, Issa Salifou, Sacca Fikara, Bruno Amoussou, Léhadi Soglo, Séfou Fagbohoun, Adrien Houngbédji, Idji Kolawolé et leurs innombrables militants mus par le sens de l’honneur et des valeurs démocratiques ont pu déjouer le piège ainsi tendu par les militaires en mission pour faire échouer cette marche organisée pour sauver les populations qui souffrent dans nos hôpitaux face à la cruelle indifférence dont le pouvoir fait montre.
Une fois encore, la preuve que la démocratie sous le régime du changement est en danger a été donnée avec ces coups de matraques et de ceinturon donnés aux marcheurs dont un député Force Clé.
Affissou Anonrin
Journal LA PRESSE DU JOUR 29/05/09
Déclaration du Président Adrien Houngbédji
1. Après la politique spectacle, c’est la politique de la fuite en avant, tout aussi caractérisée par la précipitation, l’amateurisme et l’incohérence.
Nos compatriotes souffrent et meurent depuis des semaines et des mois, faute de personnel, faute de soins, faute de médicaments.
Pendant toutes ces semaines et tous ces mois, le Gouvernement est resté indifférent, a joué au pourrissement, en laissant souffrir et mourir nos concitoyens.
Je vous laisse le soin de qualifier vous-mêmes ce comportement: la vie humaine n’a pas de prix.
La veille de cette marche et à cause de l’impact de cette marche, ce gouvernement qui n’en voyait pas l’utilité, trouve les moyens de payer les primes réclamées par le personnel.
Notre marche est déjà en soi un succès, puisqu’elle a été le déclencheur de la prise de conscience de la gravité du problème et de l’urgence de lui trouver un début de solution. Je remercie donc le peuple béninois tout entier pour sa mobilisation, et les participants à cette marche.
2. La décision de verser enfin les primes n’est qu’un début de solution, qui permet d’amorcer le dégel.
En effet, la paralysie du système est due à l’incohérence dans l’octroi des primes. Les médecins les perçoivent; les infirmiers, les sages-femmes, les aide-soignants et autres ne les percevaient pas. C’était injuste. La politique des primes doit être repensée. A cela s’ajoute la promesse faite par le Gouvernement de reverser les contractuels dans la fonction publique et qu’il n’a pas tenue.
3. La décision du Gouvernement laisse intact le problème des effectifs:
- un seul chirurgien entre Avrankou et Sakété et ce chirurgien est en même temps Chef du centre de santé.
- Deux gynécologues seulement entre Avrankou et Sakété
- Pas un seul spécialiste entre Dassa et Natitingou
- Un seul gynécologue dans la Donga et l’Atacora.
- Savalou n’a ni gynécologue, ni chirurgien.
Il y a donc un problème d’insuffisance des effectifs, qu’il faut résoudre par des recrutements attractifs, et non pas uniquement par des assistants techniques.
4. La décision du Gouvernement laisse également intact le problème du sous-équipement des centres de santé et des hôpitaux.
- Ce problème n’est pas nouveau, mais le Gouvernement Yayi Boni a promis d’équiper d’urgence les centres en leur consacrant 5 milliards Cfa.
- A ce jour, les hôpitaux attendent toujours les investissements promis. Résultat: le Cnhu, les Chd sont de plus en plus délabrés, et certains centres de santé en milieu rural sont en quasi fermeture.
C’est dire que la marche de ce jour est plus que jamais justifiée. Nous invitons nos compatriotes à rester mobilisés, pour un meilleur fonctionnement des services de santé.
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