Crise dans le secteur de la santé/Marche de protestation...
Crise dans le secteur de la santé/Marche de protestation des G et F: Boni Yayi doit négocier sur tous les frontsQue fera Yayi ? Comme un désaveu total de sa méthode de gestion du dossier des grèves perlées dans le secteur de la santé en particulier et des affaires de l’Etat en général, une foule de Béninois a répondu hier présent à l’appel à manifester des G et F. Normal. Le long silence du gouvernement Yayi dans ce dossier laisse derrière lui, de centaines de familles éplorées. Et en dépit de la décision du gouvernement, à la veille de cette manifestation, de payer enfin les primes des agents permanents et contractuels de la santé, histoire peut-être de démobiliser les marcheurs, le mouvement a été une réussite. Cela s’est donc traduit par un déferlement des populations venues de Cotonou, Porto-Novo, Adjara…et qui ont tenu, malgré le jour et l’heure où beaucoup de Béninois se rendent plutôt au travail, à soutenir cette marche. Des points donc aux ténors de la classe politique béninoise que sont Adrien Houngbédji du Prd, Bruno Amoussou du Psd, Léhady Soglo de la Rb, Séfou Fagbohoun et Idji Kolawolé du Madep, Issa Salifou et Arifari Bako du G13 et Lazare Sèhouéto de Force-Clé. Et comme pour démontrer que vraiment les données politiques sont en train de changer sur le terrain, l’un des manifestants qui justifiait sa présence sur les lieux a déclaré : ``Je soutiens ces leaders, ils disent la vérité’’. Tout comme lui, beaucoup de Béninois désavouent aujourd’hui le changement. La coalition anti Yayi a simplement le vent en poupe. D’ailleurs, ceux qui étaient sceptiques par rapport à la force de mobilisation des G et F et qui claironnaient que le gouvernement avait la situation en main ont pu se rendre compte du contraire. Le chef de l’Etat ne doit donc pas se fier aux adulateurs. Il gagnerait beaucoup plus à négocier avec le peuple et cette classe politique qui une fois encore vient de démontrer qu’elle est loin d’être morte.
Négocier ou accepter sa fin
Les deux prochaines années risquent d’être très courtes pour le Dr Boni Yayi. En effet, s’il n’y prend garde, la crise sociopolitique aura raison des nombreuses actions à l’actif de son gouvernement et dont se vantent ses partisans qui refusent de voir la réalité en face. La seule solution qui vaille aujourd’hui face à cette crise sociopolitique que traverse actuellement le Bénin est un dialogue franc et sincère entre les parties en présence. Le Dr Boni Yayi n’a donc véritablement plus d’autres portes de sortie que l’arme du dialogue et de la négociation. Une négociation franche avec d’une part, ceux que l’opinion publique considère aujourd’hui comme une alternative à son régime et d’autre part, avec les travailleurs. Car, quoiqu’on dise, il a besoin plus que tout, d’un climat de paix pour finir son mandat. Et ceci n’est point possible avec le dialogue de sourd entre les travailleurs et le gouvernement qui se traduit par les grèves perlées et le mécontentement des acteurs politiques. Car, c’est dans l’unité et non dans la division qu’on pourra bâtir le Bénin.
Motion de protestation
- Considérant que le régime dit du changement, navigue à vue depuis plus de trois ans et fait une gestion émotionnelle des affaires publiques ;
- Considérant que le secteur de la santé ne saurait être négligé ni faire l’objet de politique-spectacle, ou nos gouvernants ne s’intéressent qu’a ce qui est visible et autour duquel on peut faire du matraquage médiatique ;
- Considérant que les mesures prises depuis trois ans dans ce secteur, relèvent, au mieux, de la politique-spectacle et qu’il urge que les pouvoirs publics prennent conscience de la nécessite d’écouter les acteurs et d’établir des priorités convenables ;
- Considérant que les syndicats et le collectif des hospitaliers ont pose c1airement les problèmes les plus cruciaux du secteur de la sante et que les diagnostics existent ;
- Considérant enfin que le gouvernement ne saurait évoquer l’alibi du manque de ressources financières, puisqu’il est passe maitre dans les dépenses improvisées et le gaspillage des ressources publiques,
Nous, dirigeants et membres de L’Union fait la Nation, a travers la présente manifestation,
1. Exprimons notre sincère compassion avec le Peuple béninois des villes et des campagnes, pour tous les drames qu’i1s vivent du fait de la paralysie quasi généralisée du système de sante dans notre pays ;
2. Condamnons le gouvernement, pour avoir laisse mourir enfants, femmes enceintes et citoyens pauvres, pendant plusieurs mois, en adoptant une attitude de mépris et de désinvolture vis-à-vis des revendications des travailleurs de la sante. Par ce comportement, le gouvernement et surtout son Chef a viole, encore une fois, le serment qu’il a prêté en prenant la tête de l’Etat ;
3. Exigeons du gouvernement une attitude d’écoute plus sérieuse et qu’il cesse de
tout instrumentaliser a des fins de propagande ;
4. Exigeons que le gouvernement, engage sans délai, des discussions directes, franches et ouvertes avec les travailleurs sur les problèmes qu’ils ont poses et qu’avec diligence, il les traite au mieux, au lieu de s’enfoncer dans les fuites en avant et dans une campagne électorale illégale et moralement choquante ;
5. Exhortons les travailleurs, notamment les agents de sante de toutes catégories, a la patience, au discernement mais aussi a l’ouverture d’esprit, afin que les discussions avec le gouvernement aboutissent le plus t6t, a une reprise du travail, dans l’intérêt supérieur de la majorité écrasante des citoyens, dont se moque si arrogamment une minorité parvenue au pouvoir dans les conditions que vous savez, et qui tient a s’y maintenir a coup de tromperie, de diversion et de propagande.
Plus la nuit est profonde, plus proche est le jour !
Je vous remercie !
Cotonou, jeudi 28 Mai 2009
Angelo DOSSOUMOU
Journal FRATERNITE 29/05/09
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