Indifférence du gouvernement face aux morts dans les hôpitaux...
Indifférence du gouvernement face aux morts dans les hôpitaux : La marche de l’opposition met le pouvoir de Yayi à nuUne gigantesque marche des leaders de l’opposition a parcouru les rues de Cotonou pour échouer au Ministère de la santé hier jeudi 28 mai 2009. C’était une grande occasion pour mettre à nu du gouvernement et surtout son mutisme face aux morts dans les hôpitaux. Takpara a reçu, malgré lui, la motion.
De la place Lénine à Akpakpa le cortège a battu les pavés et le goudron pour se retrouver au Ministère de la santé. Des pancartes étaient brandies pour dénoncer les morts dans les hôpitaux et centres de santé et le silence observé par le gouvernement depuis plusieurs mois. La plupart des leaders politiques étaient présents. Séfou Fagbohoun, Adrien Houngbédji, Bruno Amoussou, Léady Soglo, Issa Salifou, Lazare Séhouéto, et la plupart des députés dont Eric Houndété, Ybatou Sanni Glèlè, Louis Vlavonou, Jude Lodjou, Gbèdiga Jocelyn Dégbey, Arifari Bako, Joachim Dahissiho,et d’autres barrons des partis politiques étaient sur le terrain. La mobilisation était totale. Les militants par milliers venus de l’Ouémé, du Plateau, du Couffo de l’Atlantique et du Littoral ont accompagné leurs leaders pendant ladite marche. Ils scandaient des slogans hostiles au gouvernement pour montrer le tort qu’il causait au peuple qui meurt par son indifférence à satisfaire les revendications du personnel de la santé.
Lorsque les marcheurs sont arrivés au Ministère, la police a barricadé l’entrée et refusé tout accès. Elle a même voulu brutaliser des leaders. L’altercation a duré près de vingt minutes. Un émissaire du ministre est ensuite venu dire que le ministre demande de faire venir les leaders.
Takpara refuse de descendre
Le Ministre Takpara qui a voulu entre temps recevoir les leaders au portail s’est ensuite ravisé pour leur demander de venir. Mais une fois sur le terrain, il a refusé de descendre de l’escalier de l’entrée principale du bâtiment à étages où il travaille. Toutes les explications pour l’inviter à descendre les marches pour recevoir la motion ont été vaines. Il est resté collé au mur de l’entrée. Il a demandé de vernir lui remettre leur papier et il transmettra. La tension a monté, Issa Salifou de l’Upr, Saka Fikara du Mds, et Moukaram Badarou du Prd, sont allés lui dire qu’ils resteront aussi longtemps qu’il refusera de descendre, ou, au mieux, ils marcheront sur la Présidence. Tout cela n’a rien donné. Le porte- parole des jeunes de la coalition des différents partis, M. Mathias Agon a dû lire la Motion. Il est ensuite allé la remettre au Ministre et les leaders ont fait demi tour laissant le Ministre à sa place. Après leur départ, le ministre s’est adressé aux journalistes pour déclarer que « le gouvernement n’a pas attendu la marche avant de régler le problème des paramédicaux. Depuis hier, les primes sont déjà mises à la disposition des régies pour être payées aux ayants droit ». Les ledears très fâchés ont dénoncé l’attitude du Ministre qui n’aurait pas eu d’égard à toutes les autorités et personnalités qui ont marché et à qui il devait le respect d’écouter et de prendre la motion dans les formes requises.
Tout compte fait la marche a réussi, ont dit les organisateur et le gouvernement a été mis à nu. Le peuple vient ainsi de désavouer, selon eux, le comportement du gouvernement vis-à- vis des travailleurs dans les centres de santé.
Guy Constant Ehoumi
Journal LA PRESSE DU JOUR 29/05/09
Quelques déclarations après la marche
Arifari Bako : Je pense que nous avons mené une action citoyenne de défense du ministère public, dont celui de la santé. Nous sommes arrivés au ministère pour soutenir la lutte que mènent les travailleurs du domaine de la santé et nous avons essuyé une fin de non recevoir du ministre de la santé qui a tout simplement refusé de recevoir tout ce parterre de personnalités venues défendre le service public de la santé. C’est l’expression d’un mépris, c’est malheureusement aussi l’expression d’un déshonneur pour eux.
Joachim Dahissiho : Vous savez que depuis un certain temps, la gestion des ressources humaines est très mauvaise. Le gouvernement ne considère pas la valeur humaine. C’est le gouvernement lui-même qui a créé des indemnités et qui a promis de payer les gens. Mais après, il est incapable de satisfaire ce qu’il a promis. C’est bien dommage. On constate que les gouvernants sont pris à leur propre piège. Ils n’ont pas prévu tout cela dans le budget. Ils sont désormais incapables et ils gèrent le pays au coup par coup.
Jocelyn Dégbey : La marche, je pense est un acte positif. Il n’y a pas que les actes politiques qu’il faudrait soutenir. On peut soutenir des actes sociaux. Nous demandons à ce gouvernement de faire de la bonne gouvernance. Il pouvait recevoir les gens et dire ce qui existe. Nous avons toujours vu des gouvernements et il y a toujours eu de revendications. On n’a pas commencé par eux. Il y a beaucoup de gens qui sont morts. J’ai des parents dans le cas. Ce n’est pas bon. La marche est positive et s’il y a des actions du genre à l’avenir, il faut qu’on les fasse. Par rapport au comportement du ministre, je crois qu’il a choisi. Il est un homme de la santé. Nous sommes venus les soutenir pour régler un problème et il agit ainsi. Il ne restera pas là de façon immuable. Demain, il ne sera plus là et nous verrons ce qu’il dira.
Eric Houndété : Nous sommes venus pour exiger l’arrêt de la mort des malades dans nos hôpitaux. La marche a été une réussite. Malgré qu’ils aient organisé une rencontre pour les jeunes au stade de l’amitié pour les démobiliser, il y a eu du monde. Ils n’ont pas voulu nous laisser entrer dans le ministère ; c’est de la dictature. S’ils veulent nous frapper qu’ils le fassent et on va voir.
Publicité