Que valent les soutiens à Boni Yayi ?

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

Le landerneau politique national est marqué ces dernières semaines par des marches de soutien et autres meetings en faveur du président de la République. La dernière en date est celle des forces regroupées au sein d’une alliance dite d’envergure nationale mais dont la spontanéité et la composition soulèvent quelques interrogations quant à la dimension politique des acteurs qui la composent.
Autour du président de la République s’entrevoit une nouvelle classe politique dont l’expérience est tout aussi récente que l’arrivée au pouvoir de l’actuel locataire du palais de la Marina. Même si ces hommes et femmes qui rivalisent de déclarations et de meetings en faveur de Boni Yayi ont fait leurs armes dans les partis politiques aujourd’hui voués aux gémonies, leur emprise sur le jeu politique est récente. Cibles dans leurs formations politiques des critiques et autres déclarations qu’ils considèrent comme infondées, ces néo-soutiens à Boni Yayi ont découvert du jour au lendemain un terrain fertile à exploiter : l’apport au président de la République leur soutien afin de se faire une aura politique et en profiter pour en engranger les dividendes. Dans leur formation politique d’origine, ils sont victimes de frustrations et relégués au second plan et tiennent à prendre leur revanche en s’offrant au prix d’une déclaration de week-end à la majorité présidentielle. Ces cas sont légion autour du président de la République et bien malin qui pourrait prédire leur apport à Boni Yayi dans la course pour s’adjuger une seconde fois le mandat présidentiel.
De ces soutiens au président de la République, on retient les « has been », et ceux qui font leur première expérience dans l’arène politique. Mais tous autant qu’ils sont, leur emprise n’est pas capitale au point de rassurer Boni Yayi dans sa logique de reconquête du pouvoir. Il a d’abord et avant tout comme soutien, son bilan et la stratégie pouvant lui permettre de rempiler. 

Les « has been »
Dans la bataille pour la présidentielle de 2011, des hommes politiques qui sont comptables du bilan politique du régime défunt ont jeté leur dévolu sur Boni Yayi, espérant lui être utile pour sa réélection. C’est le cas de Amos Elègbè, affublé du titre de conseiller politique de Boni Yayi, Idrissou Ibrahima, Timothée Adanlin, Martin Dohou Azonhiho, Soumanou Moudjaïdou et bien d’autres qui sont tout aussi comptables du bilan du régime défunt sur les ruines duquel l’actuel président de la République essaie de reconstruire le Bénin. L’autre catégorie d’hommes politiques est constituée de courtisans, provenant des rangs des partis politiques comme la Renaissance du Bénin, le Parti social-démocrate, le Parti du renouveau démocratique et le Mouvement africain pour le développement et le progrès  et qui las d’avaler des couleuvres, ont décidé de jeter leur dévolu sur le président de la République en lui apportant leur soutien dans la course pour la présidentielle 2011.  Dans ce registre, on retient des transfuges à l’image de Bernard Lani Davo, François Abiola Adébayo, Maxime Houédjissin, Candide Azannaï, Mathias Gbèdan, Timothée Zannou, Barthélémy Kassa et sans doute d’autres personnalités qui nourrissent des ambitions sous l’ombre de Boni Yayi et tirent bénéfice de son aura, pour se repositionner sur l’échiquier politique national. Vu sous cet angle, qu’apportent-ils réellement au président de la République ?
Au vu de ces soutiens qui se manifestent au profit du président de la République, il convient que ce dernier sache dissocier le bon grain de l’ivraie. Le seul et actif soutien qui lui sera indispensable et lui permettra éventuellement de rempiler en 2011 reste avant tout son bilan sur tous les aspects de la vie nationale : renforcement des acquis démocratiques, l’amélioration des conditions de vie des Béninois, l’amélioration du cadre de vie et bien d’autres aspects pour lesquels Boni Yayi ne manque pas d’arguments qui pourront déterminer le choix des Béninois.
Les soutiens auxquels les Béninois assistent tous les week-ends à l’approche de l’échéance fatidique de 2011 entrent dans le registre du folklore politique. La présidentielle de 2006 en est bien la preuve. Boni Yayi, alors novice du jeu politique, a tenu en respect les habitués des coulisses de l’arène politique et s’est adjugé les rênes du Bénin. Seul son « know how » a convaincu les 75% de Béninois de lui accorder leur suffrage en 2006.

Valère D. MEDEGNONWA  
Journal NOUVELLE EXPRESSION   09/06/09
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Publié dans Politique nationale

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